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Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2005-2006 > La France s’adapte au protocole de Kyoto
"Le Figaro" Marielle Court
09 mai 2005
La France s’adapte au protocole de Kyoto
"Le Figaro" Marielle Court
09 mai 2005
date 5 novembre 2005
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La France s’adapte au protocole de Kyoto
"Le Figaro" Marielle Court
09 mai 2005
http://www.lefigaro.fr/france/20050...

Depuis février dernier, le texte international visant à réduire les
émissions de gaz à effet de serre s’applique à l’Hexagone

La France, comme cent quarante autres Etats dont une trentaine de pays
industrialisés, a signé en février dernier le protocole de Kyoto qui vise à
réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L’objectif consiste à
enrayer le réchauffement climatique. « Les conséquences d’un abandon aux
tendances actuelles seraient désastreuses pour l’humanité », explique Serge
Lepeltier, le ministre de l’Écologie.

En matière de lutte contre l’effet de serre, le gouvernement français s’est
toujours voulu bon élève. Jacques Chirac n’avait-il pas fait sensation en
déclarant au Sommet de la terre de Johannesbourg de 2002 : « La maison brûle
et nous regardons ailleurs ? » Il y a un peu moins d’un an, un plan climat
voyait le jour. Avant son adoption, on avait certes « nettoyé » les mesures
les plus contraignantes - exit notamment le système de bonus-malus pour
sanctionner ou encourager les achats de voitures « propres » - mais il
témoignait d’un engagement.

Aujourd’hui, des « M. Kyoto » fleurissent dans les ministères, les
collectivités territoriales, les grands organismes institutionnels voire les
entreprises : partout le dossier est pris à bras-le-corps. Avec efficacité
 ? Certaines grandes associations écologiques font déjà état de leur
scepticisme.

Dans la première phase qui court jusqu’en 2012, l’enjeu pour la France ne
paraît pas insurmontable. En raison de la prépondérance du nucléaire -
source d’énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre - les engagements
sont beaucoup moins contraignants que pour certains de nos voisins.
Globalement, les trente pays industrialisés qui ont signé à Kyoto doivent
réduire leur émission de gaz de 5,2% d’ici à 2012, l’année 1990 servant de
référence. C’est une moyenne. Pour l’Allemagne, par exemple, cela doit se
traduire par une réduction de 21% alors qu’il suffit à la France de rester
au niveau actuel. Ce qui ne veut pas dire ne rien faire : la dérive
naturelle d’ici à 2012 accroîtrait de 10% les émissions de gaz.

Tous les secteurs n’ont pas la même responsabilité. Surtout, certains ne
cessent de réduire leurs émanations quand d’autres sont loin du compte. Le
bonnet d’âne revient aux transports et au bâtiment (voir ci-contre).

Dans l’industrie, la réduction des gaz à effet de serre rejoint une des
priorités de tous les chefs d’entreprise : diminuer la facture énergétique.
Du côté des transports, premier responsable français des émanations de CO2,
la situation est grave. On ne manque pourtant pas de bonne volonté. Au
ministère, on rappelle les engagements pris pour développer les
infrastructures non routières - le rail mais également le fluvial et le
maritime. « Un appel à projet est en cours pour développer une « autoroute »
de la mer sur l’Atlantique. La Méditerranée suivra », explique-t-on dans
l’entourage de Gilles de Robien. Le gouvernement entend relancer le
ferroutage. « La route augmente de 3% par an alors que le ferroviaire baisse
de 1,2% et le fluvial de 2%. Pour les vingt prochaines années, on souhaite
endiguer la hausse du routier à 1,5% et augmenter le ferroviaire et le
fluvial chacun de 1,2% », dit-on au ministère.

Les constructeurs automobiles européens se sont engagés à ce que les
dégagements de CO2 des voitures ne dépasseraient pas en moyenne 140 grammes
au kilomètre d’ici à 2008. Or depuis quatre ans, « on est passé à 154 g soit
un gain de deux grammes contre 20 g entre 1995 et 2001 », rappelaient
récemment les responsables de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise
de l’énergie (Ademe).

André Douhault, directeur technique du Comité des constructeurs français
d’automobiles (CCFA), se veut plus optimiste. « Les constructeurs français
seuls sont à 148,5 g », souligne-t-il. Un résultat qui est à mettre sur le
compte du très gros marché des petites voitures diesel : une source
d’énergie polluante pour l’atmosphère que l’on respire, mais faible en CO2.

« Le problème de la maîtrise du CO2 est lié au marché », rappelle André
Douhault. Pour l’heure, il se vend extrêmement peu de véhicules propres. A
cela plusieurs raisons : ces voitures en sont encore à leurs balbutiements
et sont plus chères. Quant au biocarburant, le gouvernement a bien fixé des
objectifs mais la filière agricole n’est pas prête. Et Bercy, qui
subventionne, ne voit pas nécessairement cette croissance d’un bon oeil. Le
ministère de l’Écologie prépare également un label CO2 pour les voitures
qui guidera les automobilistes dans leurs achats.

Les associations écologistes sont pessimistes : Réseau Action Climat ou
Greenpeace assurent qu’au train où vont les choses, la France n’est pas
certaine de respecter sa signature d’ici à 2012. Et ce n’est qu’une
première étape. En mai 2003, Jean-Pierre Raffarin, lors du débat sur les
énergies, a dit qu’il voulait diviser par quatre les émissions de gaz d’ici
2050. Soit 3% de moins par an : un projet extrêmement ambitieux. « Pour
Kyoto, on est plutôt optimiste », assure-t-on dans l’entourage du premier
ministre. Pour l’après, « c’est un défi autrement plus important ».