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La France « parle mais n’agit pas »
date 24 décembre 2005
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La France « parle mais n’agit pas »
"Sud Ouest"Thierry Magnol
29 novembre 2005


RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Alors que vient de s’ouvrir le sommet de Montréal, un rapport de plusieurs ONG estime que notre pays ne tient pas ses engagements.

Hier s’est ouverte à Montréal la conférence des parties à la Convention climat de l’ONU. 10 000 participants venus de 180 pays doivent y discuter des modalités d’application du protocole de Kyoto, qui est entré en vigueur en février dernier et court jusqu’en 2012. Il est également prévu d’aborder à cette occasion le plan à mettre en œuvre par la communauté internationale après 2012.
A l’échelle planétaire, la France s’est toujours située en pointe dans ses engagements contre le réchauffement climatique. Il y a un an et demi, elle est même allée plus loin que Kyoto en lançant un plan climat dont l’objectif affiché est de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Mais les bonnes intentions affichées par notre pays ne se traduiraient pas dans les faits. C’est du moins ce qui ressort d’un récent rapport réalisé par treize ONG (Agir pour l’environnement, France Nature Environnement, WWF...) regroupées au sein du Réseau action climat-France, organisme agréé par l’ONU et dont plusieurs représentants participent au sommet de Montréal.

« Ni cohérence ni ambition ».

Ce rapport dresse un bilan des actions menées sur le territoire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, secteur par secteur (transport, agriculture, industrie, bâtiments...), et parvient à cette conclusion : « En se contentant de "mesurettes", au lieu d’impulser les changements structurels nécessaires, le plan d’action gouvernemental n’a toujours ni cohérence ni ambition ; la France risque de ne même pas tenir son engagement au titre du protocole de Kyoto. »
Ce jugement paraît sévère, dans la mesure où le bilan mondial fait apparaître que la France se situe plutôt parmi les bons élèves, mais les auteurs du rapport ont cependant quelques arguments à faire valoir.

« Nous dénonçons d’abord le décalage qui existe entre les intentions et la réalité, dit Olivier Louchard, coordinateur du Réseau action climat. Depuis sa déclaration de Johannesburg (1), Jacques Chirac passe pour un écologiste aux yeux du monde, et tous les acteurs politiques, à droite comme à gauche, tiennent des discours forts sur l’environnement. Mais les actions ne suivent pas. Prenons un chiffre simple : le ministère de l’Écologie bénéficie de 0,3 % du budget national. Dans le même temps, on ne cesse de rogner les crédits de l’Ademe (Agence pour la maîtrise de l’énergie), qui est normalement le maître d’œuvre du plan climat. Quant à l’Onerc (Office national sur les effets du réchauffement climatique), on ne sait même pas s’il sera financé en 2006. »
Deux secteurs préoccupants. Outre ces coupes budgétaires, le rapport dénonce surtout l’absence de véritables mesures significatives pour réduire les émissions de gaz, alors que les chiffres de l’ONU indiquent pourtant que la France répond aux exigences imposées par Kyoto. « C’est vrai, pour l’instant nous sommes dans les clous », concède Olivier Louchard. Mais il ajoute : « Le problème, c’est que nous avons deux secteurs préoccupants sur lesquels nous agissons très peu, à savoir les transports et les bâtiments. Or, c’est sur ceux-là qu’il faudrait intervenir rapidement, car ailleurs, notamment dans l’industrie et l’agriculture, nous sommes pratiquement arrivés au maximum de l’efficacité possible. On risque donc de ne plus pouvoir répondre aux exigences du protocole dans les années à venir. »
Concernant les transports, les membres de Réseau action climat regrettent que des mesures réellement incitatives avancées par des ministres telles que le bonus-malus sur les véhicules neufs ou la réduction de la vitesse maximale autorisée sur autoroute aient été abandonnées en cours de route. « Le gouvernement s’interdit de remettre en cause le tout-routier, estime le rapport. Les offres alternatives comme les transports en commun, le ferroutage, les voies d’eau ou l’intermodalité, manquent toujours de soutien. »

Dans la moyenne européenne. Cependant, tout n’est pas négatif, et les treize ONG reconnaissent l’efficacité de la campagne de sensibilisation et d’éducation « Faisons vite, ça chauffe », téléguidée par l’Ademe, ainsi que celle lancée par Nicolas Hulot sous l’appellation Un défi pour la Terre.
Au bilan, la France serait donc meilleure pour communiquer que pour agir. Il convient toutefois de remettre ce jugement dans son contexte. D’un point de vue strictement formel, face à l’urgence de la situation, Réseau action climat considère que les décisions sont trop lentes. Mais d’un point de vue statistique, on remarque qu’en Europe, continent le plus actif contre les émissions de gaz à effet de serre, la France se situe dans la moyenne. Elle est nettement moins bonne que l’Allemagne mais bien meilleure que l’Espagne. Mais ce qui irrite, peut-être, le plus les ONG, c’est qu’en étant seulement moyens on se pose en donneurs de leçons.

(1) A l’occasion du Sommet de la Terre de 2002, le président de la République s’était prononcé clairement en faveur du développement en prononçant cette phrase : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »