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Accueil > Changements climatiques > Comprendre et réagir > Adaptation > La France est peu préparée au réchauffement climatique
La France est peu préparée au réchauffement climatique
date 28 juin 2005
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La France est peu préparée au réchauffement climatique

L’épisode de chaleur actuel ainsi que le très gros orage qui a frappé, jeudi 23 juin au soir, la région parisienne, rappellent, si cela était nécessaire, l’importance du climat dans la vie quotidienne.
Coïncidence, c’est juste le vendredi 24 juin que l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), qui dépend de la Mission interministérielle à l’effet de serre, a présenté à la presse son rapport "Un climat à la dérive : comment s’adapter ?" qui doit être remis au premier ministre et au Parlement.
Invitées à cette réunion et associées à la réflexion de l’Onerc, plusieurs associations de lutte pour l’environnement, dont le WWF, Greenpeace et France Nature Environnement, ont présenté également un document collectif intitulé "Changement climatique : la nature menacée en France ?".

Le réchauffement climatique est désormais une réalité. La température moyenne en France a augmenté de 1ºC depuis le début du XXe siècle, contre 0,6ºC pour l’ensemble du globe. Et "si cette tendance devait se poursuivre, insiste, Paul Vergès, sénateur (PCR) de la Réunion et président de l’Onerc, cela impliquerait qu’un réchauffement de 2ºC du globe se traduirait en France par une augmentation des températures de 3ºC. Dans le cas le plus pessimiste, un réchauffement global de 6ºC "produirait" chez nous une élévation des températures de 9 ºC."

Cela signifie que des épisodes caniculaires similaires ou pires que celui de 2003 se représenteront de plus en plus souvent. Sans compter les événements météorologiques extrêmes, tels que tempêtes ou inondations catastrophiques. Or, ajoute Paul Vergès, " je tiens à le dire, en matière d’adaptation, si on excepte les mesures prises après la catastrophe de la canicule de l’été 2003, force est de constater que rien de significatif n’existe aujourd’hui ."

LA SONNETTE D’ALARME

En revanche, le Royaume-Uni, par exemple, a, dès avril 1997, mis en place une structure dédiée à l’adaptation au réchauffement, le UK Climate Impacts Program (UKCIP), qui dépend du ministère chargé de l’environnement (Defra). Son rôle est d’aider les organisations à évaluer la manière dont elles seront affectées par le changement climatique afin qu’elles puissent s’y préparer. (www.ukcip.org.uk).

Pourtant, les scientifiques tirent depuis des années la sonnette d’alarme sur les impacts du réchauffement climatique. Il faut constater qu’en France, les pouvoirs publics se hâtent lentement et que la société présente une forte inertie. "Je vois encore beaucoup d’immeubles dotés d’une climatisation et possédant une façade en verre exposée au sud", regrette ainsi Marc Gillet, directeur de l’Onerc.

Il ne devrait pas être très difficile, pourtant, de sensibiliser les Français. Selon plusieurs études, le climat deviendrait leur première préoccupation environnementale. Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie vient aussi d’établir que les Français redoutent l’instabilité des climats (81 %), les tempêtes (70 %), les vagues de chaleur (70 %) et les risques d’inondation (55 %).

Aussi, l’Onerc profite de son rapport pour alerter le gouvernement, car "l’attentisme d’aujourd’hui risque d’avoir un coût demain autrement plus onéreux, tant sur le plan humain que sur le plan économique ". "En l’absence de mesures réelles d’adaptation, la France n’est pas à l’abri de nouvelles catastrophes ", précise encore Paul Vergès.

Ce dernier explique qu’à la Réunion, il avait impulsé des mesures pour que l’île soit autosuffisante en 2025 d’un point de vue énergétique. Ainsi, toute l’énergie nécessaire aux lycées sera dorénavant fournie par des cellules photovoltaïques éclairées par le soleil. Il est aussi prévu d’équiper toutes les maison de chauffe-eau solaires et d’installer une centrale géothermique utilisant l’énergie que contient le sous-sol du piton de la Fournaise.

Néanmoins l’Onerc persiste et, outre son rapport, compte présenter au début du mois de juillet sur Internet plusieurs stratégies d’adaptation au réchauffement (www.onerc.gouv.fr). Elles sont actuellement en cours d’élaboration par différents ministères. Cela devrait concerner les problèmes liés à l’agriculture, le bâtiment et l’habitat, la santé, la nature et les ressources en eau.

Avec l’objectif de mobiliser les pouvoirs publics et les personnes. Les organismes d’agriculture, le ministère de l’équipement et le Centre scientifique et technique du bâtiment, la protection civile (incendies de forêts), la santé et les assurances travaillent déjà beaucoup sur les perspectives du réchauffement.

Enfin, d’ici un an, l’Onerc proposera une cartographie régionale des impacts climatiques. Chaque département et région devrait ainsi disposer d’une information complète sur les risques climatiques qui le concernent précisément, par exemple sur la viticulture, que le réchauffement pourrait complètement bouleverser. Les cépages sont adaptés à une plage de température précise et, pour certains d’entre eux, une transplantation vers le nord de 180 km pourrait se révéler nécessaire. Mais alors, les sols conviendront-ils ?

Christiane Galus
LE MONDE | 25.06.05