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La France est choquée par la politique environnementale du Canada
date 17 novembre 2006
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16 novembre 2006

La France est choquée par la politique environnementale du Canada

La ministre canadienne de l’Environnement, Rona Ambrose, s’est de nouveau retrouvée sur la sellette, jeudi, à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, quand son holomogue française, Nelly Olin, s’est dite choquée et déçue de constater que le Canada a abandonné sa poursuite des objectifs en vertu du Protocole de Kyoto.

Mme OIin est la première déléguée officielle étrangère à exprimer publiquement son mécontentement, même si le Canada a vraisemblablement été sermonné derrière des portes closes par d’autres participants à la conférence.

La ministre française a déclaré que la position canadienne est d’autant plus troublante que le Canada semblait en voie de développer une politique environnementale cohérente sous l’ancien gouvernement libéral.

"Je suis très déçue, très déçue, parce que nous avons travaillé pendant des années avec, entre autres, (l’ancien ministre de l’Environnement) Stéphane Dion sur une politique qui semblait cohérente, a-t-elle déclaré jeudi.

"Je suis très déçue du repli canadien et j’espère qu’il ne sera que temporaire. C’est choquant pour nous, pour tous ceux qui appuient Kyoto. Et par-dessus tout, c’est choquant, je pense, pour les Canadiens qui, selon moi, appuient en général Kyoto."

Mme Olin a ensuite dit croire que les Canadiens forceront le gouvernement à repenser sa position, en rappelant qu’il est impossible d’imposer à une population "ce dont elle ne veut pas".

A ce sujet, la ministre a souligné l’opposition exprimée par le Québec à la politique du gouvernement fédéral. "Je suis quand même heureuse de savoir qu’au Canada, tout le monde ne suit pas et que nous avons le Québec qui, notamment, engage une politique extrêmement forte, et je salue leur politique et leur courage", a-t-elle dit.

Mme Ambrose a balayé ces commentaires du revers de la main peu de temps après, lors d’une entrevue avec les réseaux de télévision CTV et CBC.

"Je ne me mêlerai pas des politiques nationales françaises, ce n’est pas mon genre de m’en mêler comme (Mme Olin) s’est mêlée des nôtres", a dit la ministre canadienne.

Le Canada est le seul pays à avoir publiquement renoncé à ses objectifs en vertu du Protocole de Kyoto. L’entente exige du Canada qu’il réduise, d’ici 2012, ses émissions de gaz à effet de serre à un niveau inférieur de 6 pour cent à leur niveau de 1990. Les émissions canadiennes sont toutefois aujourd’hui 35 pour cent plus élevées qu’en 1990.

La ministre Ambrose blâme le précédent gouvernement libéral pour cet état de choses et répète que ces objectifs sont maintenant impossibles à atteindre.

La plupart des experts s’entendent pour dire que le Canada ne pourra atteindre ses objectifs seulement en réduisant ses émissions nationales, et qu’il devrait acheter des "crédits" en finançant des projets non polluants dans les pays en voie de développement. Le gouvernement Harper a toutefois déjà rejeté cette éventualité.

Le porte-parole du Bloc québécois en matière d’environnement, Bernard Bigras, a émis jeudi un communiqué dans lequel il estime que la réprimande servie à la ministre Ambrose était bien méritée.

"C’est clair que la ministre Ambrose et son gouvernement ne remplissent pas les attentes face à leurs engagements du Protocole de Kyoto, autant à l’égard des Québécois et des Canadiens qu’au regard de la communauté internationale.

"Ce recul considérable, alors que le Canada devrait figurer parmi les leaders, irrite énormément. Dans ces conditions, la ministre Ambrose ne devrait pas se montrer surprise d’être rappelée à l’ordre", a-t-il dit.

Pour sa part, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a avoué ressentir "une grande inquiétude pour l’avenir de la planète quand on fait ce débat sur la réduction des gaz à effets de serre".

"On a chez nous un très grand territoire. On a un patrimoine naturel. Le Canada a 10 pour cent de la forêt mondiale, c’est une ressource, mais c’est aussi et d’abord une responsabilité, une responsabilité que nous avons envers les autres habitants de la planète de préserver cette forêt et de la maintenir", a déclaré le premier ministre, en visite à Montréal.

PAR DENNIS BUECKERT
Presse Canadienne
NAIROBI