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Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Archives > Politiques climatiques par pays > Chine > La Chine, ogre énergétique et épouvantail écologique
La Chine, ogre énergétique et épouvantail écologique
date 13 octobre 2005
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La Chine, ogre énergétique et épouvantail écologique

Les besoins énergétiques du pays le plus peuplé au monde ont un impact global sur l’environnement. Les perspectives de développement économique de la Chine renforcent les craintes liées au réchauffement climatique de la planète. L’après-Kyoto ne se fera pas sans Pékin.

"La Chine est en pleine expansion, et son appétit d’énergie est insatiable. Pour les Chinois, l’air vicié qui surplombe la plus grande partie du pays rappelle de façon permanente leur dépendance à l’égard du charbon et d’autres combustibles polluants", commente Nature. Dans le cadre d’une longue enquête sur la politique énergétique chinoise, l’hebdomadaire scientifique britannique a pu vérifier sur place la préoccupante qualité de l’air de Pékin. C’est que la Chine est, derrière les Etats-Unis, le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, ceux-là mêmes dont le protocole de Kyoto veut réduire les émissions à l’échelle mondiale d’ici à 2012.

Avec des taux de croissance éloquents, le développement du géant asiatique laisse son empreinte sur l’ensemble du globe, notamment sur les cours mondiaux des matières premières que la Chine engloutit chaque année. Mais les conséquences environnementales sont tout sauf négligeables, d’autant plus que "les autorités chinoises vont continuer à baser leur politique énergétique sur le charbon", rapporte Nature. L’approvisionnement en houille se fait à "un terrible coût humain" dans des mines locales qui sont "les plus dangereuses au monde".

La facture ne se limite pas aux accidents miniers, et le problème de la pollution est devenu une donnée majeure dans la politique de développement chinoise. Néanmoins, Nature souligne que "les dirigeants du pays tablent sur le quadruplement du volume de leur économie d’ici à 2020, ce qui nécessitera au moins le doublement des approvisionnements énergétiques", donc de charbon... "La Chine peut-elle subvenir à ses besoins énergétiques sans polluer son environnement et remplir les poumons de millions de personnes de particules, d’oxydes de soufre et d’azote ?", s’interroge le magazine.

La question énergétique chinoise fait aussi l’objet d’un article de la Far Eastern Economic Review. La revue mensuelle de Hong Kong note que "le gouvernement chinois doit soit trouver un moyen de réduire fortement la dépendance au charbon, soit adopter les meilleures technologies disponibles pour améliorer l’efficacité et la protection de l’environnement dans l’extraction et la transformation de ce combustible en énergie. Etant donné les grandes ressources minières du pays, il est plus que probable que le gouvernement choisira la deuxième option", estime la FEER.

Pékin a bien conscience du problème. Nature fait d’ailleurs état des efforts de la Chine en matière de contrôle de la pollution issue de l’exploitation charbonnière. Cela passe par le développement de nouvelles technologies, comme la liquéfaction du charbon ou encore sa conversion en électricité, gaz ou liquides combustibles suivant une méthode innovante de "polygénération". Reste que tous ces chantiers ouverts ne sont pas à même de freiner à court terme les rejets massifs de gaz à effet de serre. De son côté, la FEER insiste sur le caractère politique de la question énergétique chinoise. "Si les dirigeants chinois veulent vraiment changer leur façon de produire et d’utiliser l’énergie, ils doivent s’y engager politiquement pendant plusieurs années."

Le paradoxe est que la Chine jouit de ce fait d’une position de force sur la scène diplomatique car une ligne de fracture divise la communauté internationale : celle tracée par le protocole de Kyoto entré en vigueur en février dernier, mais auquel n’adhère pas le plus gros pollueur de la planète, les Etats-Unis. Ainsi, lors du sommet du G8, du 6 au 9 juillet en Ecosse, regroupant les sept pays industrialisés les plus riches, plus la Russie, et dont la Chine ne fait pas partie, "la présidence britannique veut traiter des changements climatiques en nouant des relations avec la Chine plutôt qu’en marquant les désaccords avec les Etats-Unis", note le Financial Time.

Selon le quotidien des affaires londonien, la manière dont la Chine va négocier ses faveurs dans le dossier du climat sera déterminante. "Si l’UE obtient le soutien de Pékin, elle reprendra l’initiative sur les politiques de lutte contre les changements climatiques et les Etats-Unis auront beaucoup de mal à bloquer les négociations sur la politique à suivre après 2012. En revanche, si les Etats-Unis convainquent la Chine de ne pas tenir compte du processus de Kyoto, alors celui-ci sera définitivement perdu."

Philippe Randrianarimanana
http://www.courrierinternational.co...