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L’hiver 2009-2010 a battu des records de froid
date 8 septembre 2010
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Réponse : La vague de froid est dûe à une phase fortement négative de l’Oscillation Arctique qui provoque des températures relativement froides aux latitudes moyennes (par ex. l’Eurasie et l’Amérique du Nord) et un réchauffement dans les régions polaires (Groenland et Océan Arctique).

L’argument des sceptiques

« La vague de froid qu’a subi cet hiver le Royaume Uni marque le début d’un refroidissement général qui contredit les théories du réchauffement climatique, ont affirmé hier d’éminents scientifiques. La planète est entrée dans une "période froide " qui va vraisemblablement provoquer une chute globale des températures durant les 20 à 30 prochaines années » (Daily Mail)

Ce que dit la science

La vague de froid est dûe à une phase fortement négative de l’Oscillation Arctique qui provoque des températures relativement froides aux latitudes moyennes (par ex. l’Eurasie et l’Amérique du Nord) et un réchauffement dans les régions polaires (Groenland et Océan Arctique). Ce réchauffement et ce refroidissement s’équilibrent à peu près et n’impactent donc que faiblement la température globale.

De décembre 2009 à janvier 2010, une forte vague de froid a balayé l’Eurasie, l’Angleterre et certaines régions d’Amérique du Nord. L’illustration la plus spectaculaire de cet événement est une photo satellite montrant toute l’Angleterre sous la neige. Cela signifie-t-il que le réchauffement global s’est arrêté ? Pour répondre à cette question, il est indispensable de prendre du recul et regarder ce qui se passe à plus grande échelle. Voici tout d’abord une carte des anomalies de température de décembre 2009, c’est-à-dire des différences entre la température observée et la température moyenne d’un mois de décembre, pour la région située au Nord du cercle arctique.

Figure 1 : carte des anomalies de température de décembre 2009 à environ 1000 mètres d’altitude pour les régions au nord du 30e parallèle (NSIDC). Les zones en orange et rouge correspondent à de fortes anomalies chaudes, celles en bleu et violet à de fortes anomalies froides.

On constate que l’Eurasie et l’Amérique du Nord subissent effectivement des températures inhabituellement froides. Le Groenland, l’est de la Sibérie et l’océan arctique connaissent à l’inverse une chaleur inhabituelle. Les régions les plus chaudes (plus de 7° au-dessus de la moyenne) sont localisées sur la façade atlantique de l’Arctique et incluent la baie de Baffin et le détroit de Davis. De façon cohérente, il a aussi été observé durant cette période que l’étendue de la banquise était inférieure à la moyenne habituelle dans cette région.

Ces grands contrastes de température sont la conséquence d’une phase fortement négative de l’Oscillation Arctique qui est liée à l’existence de centres de pression atmosphérique de signes opposés sur les régions polaires et aux latitudes moyennes. En phase négative, les pressions sont supérieures à la moyenne sur l’Arctique et inférieures à la moyenne aux moyennes latitudes. La figure 2 montre la valeur de l’indice de l’Oscillation Arctique (représentatif de la différence de pression entre les régions polaires et les latitudes moyennes vers 45oN) de 1950 à 2009. On constate qu’en décembre 2009, l’indice de l’Oscillation Arctique valait -3,41, la valeur la plus négative depuis 1950(cf. le point bleu dans le coin en bas à droite représentant 2009).


Figure 2 : Les points bleus donnent la valeur moyenne mensuelle de l’indice de l’Oscillation Arctique. La ligne rouge représente la moyenne glissante sur un an de cet indice (sources : Andrew Revkin, graphique par Ignatius Rigor).


La carte globale des anomalies de température de la dernière semaine de 2009 offre une vue encore plus générale. Cette carte montre que la majorité du globe a alors connu des températures plus élevées que la moyenne, y compris au nord-est de l’Amérique, au Canada, en Afrique du Nord, en Méditerranée et en Asie du sud-ouest.


Figure 3 : Carte des anomalies de température de surface mondiales, du 26 décembre au 1er janvier

Conclure que le réchauffement global s’est arrêté en se basant sur une vague de froid en particulier est un autre exemple de la pratique fallacieuse qui consiste à se concentrer sur de petite pièces du puzzle tout en occultant la vision globale de la situation.
Il est intéressant de noter que Roger Pielke Sr analyse aussi la situation de façon plus globale en évaluant la température moyenne globale de décembre 2009 à partir de données satellitaires et montre que malgré les minima locaux, la température globale n’a pas chuté fortement en décembre. Et, Pielke de conclure avec emphase que :

« Ces données montrent qu’une moyenne globale n’a pas beaucoup d’utilité pour décrire le temps que chacun d’entre nous subit et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’échelle régionale pour cela. »

Même si ce raisonnement est littéralement exact, Pielke oublie quand même de souligner que la plus importante conclusion à tirer de son analyse en termes de réchauffement climatique est que des événements locaux ne sont pas significatifs quand il s’agit d’évaluer une tendance globale. Cet « oubli » n’est pas franchement surprenant vu que cette conclusion est contraire au résultat qu’il voudrait trouver !