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Accueil > Secteurs d’activités > Energie > Nucléaire > L’électricité pollue plus en hiver
L’électricité pollue plus en hiver
date 18 octobre 2005
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L’électricité pollue plus en hiver
Comme il nécessite des centrales d’appoint, le chauffage électrique génère du CO2

Contrairement à une idée reçue, l’électricité rejette du gaz carbonique. Même en France, où le nucléaire et les barrages, réputés sans gaz à effet de serre, fournissent 90 % de l’électricité. Alors qu’Areva fait campagne pour vanter les mérites de l’atome, expliquant qu’il émet moins de gaz carbonique que les éoliennes, une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) remet les pendules à l’heure. L’Ademe tente de démontrer que toutes les applications de l’électricité ne sont pas égales quand on tente de maîtriser l’effet de serre pour freiner le réchauffement climatique. Avec un paramètre en ligne de mire, le caractère saisonnier des usages.

- Rejets.
Pour produire son électricité, EDF s’appuie sur un parc disponible toute l’année : le nucléaire, les barrages, et un zeste d’éolien. Autant d’énergies peu émettrices de CO2. Mais pour répondre à la demande aux périodes de pointe, principalement l’hiver ­ même si l’essor de la climatisation dope la consommation l’été ­, EDF dispose aussi d’un parc de centrales au charbon, au fuel et au gaz, qui, elles, émettent du gaz carbonique. Pour cette raison, l’électricité consommée l’hiver génère plus de carbone que celle utilisée aux périodes creuses. Un peu comme les fraises dont la « pollution » en CO2 dépend de la période de consommation : celles importées l’hiver poussent en serre chauffée, et voyagent beaucoup plus que les gariguettes du printemps.

« La difficulté avec l’électricité, c’est que, quand on utilise un appareil électrique, on ne sait pas si le kWh est produit par une centrale nucléaire, une éolienne ou une centrale thermique », explique Claude Nahon, responsable développement durable d’EDF qui a travaillé sur la méthodologie avec l’Ademe. Et, si le nucléaire est proche du zéro rejet de gaz carbonique, les centrales à charbon en émettent 900 grammes par kilowattheure d’électricité produite ; celles au gaz naturel en rejettent 400 grammes par kWh. Ces centrales sont principalement sollicitées en hiver, pour amortir la forte demande, liée principalement au chauffage, et, dans une moindre mesure, à l’éclairage. Ce qui logiquement fait du chauffage électrique le champion des usages de l’électricité quand on mesure le carbone rejeté. « On utilise le chauffage l’hiver, donc on sollicite plus de centrales (thermique ou nucléaire) à cette période », confirme Claude Nahon. Ainsi, un radiateur d’un kilowatt génère chaque heure 180 grammes de gaz carbonique dans l’atmosphère (180 g/kWh), l’équivalent de ce que crache une grosse berline pendant un kilomètre. C’est bien évidemment moins que le chauffage au gaz (230 g de CO2/kWh), au fioul (300 g/kWh) ou au charbon (395 g/kWh), qui concerne encore 100 000 foyers en France. Mais c’est beaucoup plus qu’une chaudière à bois (1) ou un réseau de chaleur urbaine alimenté par géothermie, dont les rejets sont nuls.

- Second au classement des usages de l’électricité, l’éclairage.
Qu’il soit domestique, urbain, industriel ou tertiaire, il génère 100 grammes de CO2 par kWh consommé. Les usages résidentiels (cuisson, lavage et produits bruns) induisent 60 g/kWh, et les autres usages de base, dont les variations ne suivent pas le rythme des saisons, à peine 40 g/kWh.

- Economies.
Le tableau de l’Ademe peut-il aider à mieux choisir ses équipements ? Pour le particulier, pas sûr. « A peine 1 % des consommateurs choisissent leur chauffage en fonction des gaz à effet de serre qu’il émet, prévient Jean-Pierre Tabet, de l’Ademe. Quand on a mis des étiquettes énergétiques sur les frigos, cela permettait de faire des économies d’énergie, et donc d’argent, mais ce n’est pas pour autant devenu le critère de choix numéro 1 pour les gens. Pour le CO2, c’est encore pire. » En revanche, les collectivités locales, ou les organismes publics soucieux de rester dans les clous fixés par le « plan climat », peuvent s’en inspirer dans leurs décisions pour ajouter aux économies d’énergie le paramètre des rejets de carbone.

(1) Le CO2 dû à la combustion du bois a été pompé dans l’atmosphère lors de la croissance de l’arbre. Il est donc neutre pour l’effet de serre.

Liberation. Par Laure NOUALHAT, samedi 07 mai 2005
http://www.liberation.fr/page.php?A...