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L’avion encore une fois dans les choux
date 5 septembre 2013
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L’OACI est en train de repousser à nouveau la baisse des émissions du secteur aérien et l’UE fait un gigantesque pas en arrière. Dans le secteur aérien, rien de nouveau sous le soleil ! Le secteur peut continuer de polluer sans se soucier du changement climatique.

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Ah, la rentrée ! Le retour au boulot, nos vacances sur des plages paradisiaques déjà loin dernière nous ! C’et que pendant l’été, nombreux sont les vacanciers qui ont profité d’un tarif low-cost vers la côte espagnole, ou de ces lignes qui desservent de nouvelles destinations toujours plus exotiques et tendances. L’avion continue d’être attractif pour les usagers de transports.

Au risque de jouer les rabas-joie, la réalité, c’est que notre climat change. Et l’aviation est l’une des principales causes de ce changement. C’est la source d’émissions de gaz à effet de serre qui augmente le plus vite en Europe. Le transport aérien est responsable de 5% du réchauffement climatique à ce jour, et cette part va continuer d’augmenter. 5%, cela peut sembler dérisoire, pourtant c’est autant que le 7e plus gros émetteur mondial. Si l’aviation était un pays, elle serait classée entre le Royaume-Uni et le Japon dans la liste des plus gros pollueurs. C’est d’autant plus alarmant qu’aujourd’hui, tout est fait pour soutenir, encourager, protéger, subventionner le développement et l’utilisation du transport aérien dans la plupart des pays de la planète. La France n’est pas une exception à la règle.

Plusieurs solutions peuvent être utiles pour réduire l’impact de l’aviation sur notre climat. La plus évidente est de moins prendre l’avion. De prendre des transports alternatifs quand c’est possible, ou de découvrir notre beau pays et notre merveilleux continent. D’ailleurs, la moitié des vols domestiques français sont réalisés pour raisons professionnelles. Pour ceux-là, changer pour le train est à portée de main. Autre solution : mettre un terme au traitement de faveur de l’avion, qui en France est allègrement subventionné via des aides aux infrastructures et une exonération de taxe sur le kérosène ou les billets. Enfin, améliorer sensiblement l’efficacité des avions pour limiter l’impact d’une demande en croissance rapide de la part des pays émergents. Car en Chine et en Inde, les classes moyennes émergentes découvrent elles aussi l’avion.
C’est pourquoi il est nécessaire - et possible - d’aller au-delà des solutions individuelles, techniques ou nationales. Des solutions internationales existent pour que les compagnies aériennes cessent enfin de polluer gratuitement. Un "mécanisme économique mondial", négocié entre les pays de la planète, peut permettre de réduire sensiblement et rapidement l’impact du secteur aérien sur le climat.

L’Union européenne l’a bien compris, en décidant en 2008 de taxer les vols atterrissant et décollant sur son territoire. Certains pays et l’industrie aérienne ont râlé, prétextant que seul un accord au niveau international était valable. C’est un argument facile, quand l’accord en question est en négociation depuis quasiment deux décennies et semble, encore aujourd’hui, hors de portée. Les pays et l’industrie s’opposent dans un bras de fer interminable. Ces discussions ont lieu au sein de l’agence des Nations unies dédiée à l’aérien, l’OACI (organisation de l’aviation civile internationale).

Une réunion du conseil de l’OACI a eu lieu le 4 septembre 2013, afin de préparer la réunion plénière de la fin du mois. Et une fois encore, les négociations semblent sur le point d’échouer.

A huit clos, l’Union européenne - ou plutôt la Commission européenne - a décidé de faire d’énormes concessions. Elle renonce à taxer la totalité de pollution émise par les vols au départ et à l’arrivée de l’Europe, tel que c’était le cas à travers son marché du carbone. Si cette décision est confirmée, seul les émissions rejetées à l’intérieur de l’espace aérien de l’Europe seraient pris en compte, permettant à une grande partie de la pollution d’échapper à toute règlementation. En effet, les avions survolent souvent la haute mer ou d’autres territoires qui n’appartiennent ni à l’Europe, ni à aucun autre pays. En réalité, seulement un quart de la pollution est rejetée au-dessus d’un territoire national.

Plus inquiétant encore, l’espace aérien national pourrait devenir la base d’un éventuel accord international, laissant de côté les trois quarts des émissions mondiales. Quelle absurdité, pour un accord censé couvrir toute la planète !

Pire : dans cette décision de l’UE, la voix du Parlement européen (qui doit être co-décisionnaire avec les Etats membres et la Commission européenne) a été complètement ignorée.

Et qu’est-ce que l’Europe a obtenu en échange de telles concessions ? PAs grand chose. Une vague promesse que les autres pays se prononcent éventuellement en 2016 en faveur d’un accord international, qui n’entrerait en vigueur qu’en 2020.


Signez l’appel du Réseau Action Climat pour réduire la pollution de l’aviation : http://lesdessousdelaviation.org/

Contact :
Celia Gautier, chargée de mission Politiques européennes
Réseau Action Climat
celia@rac-f.org / +33 1 48 58 89 76