logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Secteurs d’activités > Transports > Transport aérien > Transport aérien - Rapports de référence > L’augmentation des vols risque d’anéantir les efforts de réduction d’émissions de CO2
L’augmentation des vols risque d’anéantir les efforts de réduction d’émissions de CO2
date 11 octobre 2005
texte+ texte- google twitter facebook

L’augmentation des vols risque d’anéantir les efforts de réduction d’émissions de CO2.
Le trafic aérien asphyxie l’Angleterre

C’est l’histoire du tonneau des Danaïdes, version gaz à effet de serre. Si l’augmentation du trafic aérien prévue en Grande-Bretagne dans les décennies à venir se réalise, elle anéantira les efforts du pays, et même de l’Europe tout entière, pour réduire ses émissions de CO2. Telle est la conclusion d’un rapport, publié aujourd’hui à la demande de l’association écologiste les Amis de la Terre. Réalisé par Tyndall, un centre de recherche indépendant sur le changement climatique, il relève que rien ne sert de limiter ses émissions de CO2 dans des secteurs aussi divers que le transport routier, l’industrie ou l’habitat, si on continue à prendre l’avion.

« En 2020, les émissions liées à l’aviation civile auront doublé, précise Kevin Anderson, du centre Tyndall. Nous avons bien pris en compte les améliorations techniques des avions, notamment sur leur consommation, mais elles ne suffiront pas à compenser l’augmentation du trafic. » Les chercheurs ont travaillé sur un scénario de stabilisation du CO2 dans l’atmosphère britannique en 2050 à un niveau de 450 ppm (parties par million). Ils ont croisé cet objectif avec les prévisions d’émissions propres à l’aviation civile en prenant en compte l’augmentation du trafic et les performances des nouveaux avions. « L’aviation va utiliser l’ensemble du quota de carbone du pays en 2037 et du quota de carbone de l’Europe en 2040. S’ils veulent respecter leurs objectifs, les Britanniques ne pourront plus rien faire : ni chauffer leurs maisons, ni rouler en voiture, ni produire quoi que ce soit » explique Richard Dyer, responsable de l’aviation chez les Amis de la Terre.

Taxes. Pour les écologistes britanniques, la question du trafic aérien fait l’objet de nombreuses campagnes. « Notre gouvernement dépense beaucoup d’argent dans les infrastructures aéroportuaires » note Kevin Anderson. Sur les sites existants, de nouvelles pistes et terminaux de passagers sont prévus dans les mois qui viennent. D’après le gouvernement, les émissions dues à l’activité des aéroports régionaux vont grimper de 350 % d’ici à 2030. « L’étude montre que si rien n’est fait pour ralentir le trafic aérien, nous aurons de sérieux problèmes », explique Richard Dyer. Sans attendre que le prix du pétrole ralentisse naturellement le marché aérien, les Amis de la Terre préconisent d’autres solutions. « La technologie n’y changera pas grand-chose. Nous devons immédiatement prendre des mesures économiques, c’est-à-dire taxer le kérosène, ou intégrer l’aviation dans les bourses d’échange de CO2... »

Grâce à l’étude de Tyndall, les écologistes veulent relever la schizophrénie de Tony Blair qui, en juillet 2004, prétendait que le changement climatique était le défi de l’humanité. « La seule chose qui nous menace à long terme est le changement climatique », avait-il déclaré devant la Chambre des lords. Parallèlement, il donnait son feu vert à l’ouverture d’un nouvel aéroport (Robin Hood, près de Doncaster) et refusait catégoriquement l’éventualité d’une taxation du kérosène.

Permis à polluer. Cette idée, reprise par 40 pays européens à l’assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale en octobre, ambitionnait de freiner la croissance du trafic aérien de quelques pour cent par an. Mais c’est la mise en place d’un marché de permis à polluer qui a été retenue.

Dans son livre blanc sur l’énergie, rédigé en 2003, le gouvernement britannique s’est fixé des objectifs ambitieux : en 2050, le pays devra émettre 60 % de CO2 de moins qu’en 1990. « Une gageure au vu des choix de développement économique du gouvernement », selon les Amis de la Terre, qui visent particulièrement l’industrie aérienne : les 60 % en question ne prennent pas en compte les émissions des avions alors que celles-ci augmentent de 5 à 7 % par an. L’aviation représente 3,5 % des émissions des activités humaines. Pour les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), ce sera 13 % d’ici à cinquante ans.

Laure NOUALHAT
mercredi 01 juin 2005 - Liberation