logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
L’après-Kyoto glace l’ambiance à Buenos Aires
date 8 décembre 2004
texte+ texte- google twitter facebook

L’après-Kyoto glace l’ambiance à Buenos Aires

En matière de climat, les études scientifiques se suivent et se ressemblent. Toutes prévoient, dans des proportions et des échelles de temps variables, un réchauffement climatique, accéléré par l’activité humaine. Les conséquences s’en font déjà sentir par petites touches dans certains endroits du globe. Il n’empêche, les grandes puissances industrielles peinent encore à s’accorder sur les actions à mener. La dixième conférence de l’ONU sur les changements climatiques, qui se déroule à Buenos Aires, en Argentine, jusqu’au 17 décembre, ne fera pas exception à la règle. Une inertie qui trouve ses fondements dans des logiques industrielles et financières.

Les États-Unis ne ratifient pas Kyoto

La ratification récente du protocole de Kyoto par la Russie, permettant au dispositif d’entrer en vigueur le 16 février 2005, confère tout de même à cette réunion diplomatique une dimension particulière. Cela « va vraiment donner beaucoup plus de force à ce débat », assurait, lundi, Joke Walter-Hunter, responsable de la convention-cadre de l’ONU. Toutefois, cette nouvelle donne reste à contrebalancer avec le refus persistant des États-Unis, premiers émetteurs de gaz à effets de serre, de ratifier le protocole.

Dans la capitale argentine, l’heure est donc au bilan pour les 189 parties de la convention sur les changements climatiques. Entrée en vigueur en 1994, cette convention avait ensuite été durcie par le protocole de Kyoto de 1997. Celui-ci prévoit, pour 2012, une réduction des émissions de gaz à effets de serre de 5 % par rapport au niveau de 1990. Une bagatelle si l’on en croit les dernières études publiées à ce sujet. De plus, seuls les pays industriels sont concernés. Les pays en développement, eux, n’ont que des obligations d’inventaire.

En fond, c’est surtout l’« après-2012 » qui se joue à Buenos Aires. Les pays riches aimeraient que les plus pauvres mettent à la main à la pâte et s’engagent, eux aussi, à respecter certaines restrictions. Une demande difficile à accepter pour certains, comme la Chine et l’Inde, où la croissance actuelle s’appuie sur une dépense énergétique importante. C’est d’autant plus inenvisageable pour eux que les États-Unis, champions de la pollution atmosphérique, refusent de s’impliquer davantage au nom de la santé de leur économie. Harlan Watson, haut fonctionnaire états-unien, a déclaré lundi, devant des journalistes européens, que « la lutte contre le changement climatique ne pourra être efficace que si elle contribue aussi au développement de la prospérité [économique] et au bien-être des pays du monde entier ». Et d’ajouter : « Le développement économique conditionne l’adoption de mesures pour combattre le changement climatique. »

Constat alarmant et réponses rapides

Fin novembre, la première puissance économique mondiale avait adopté la même attitude, à Reykjavik, en Islande, lors du Conseil de l’Arctique. Trois cents scientifiques venaient pourtant de livrer l’étude la plus complète à ce jour sur les changements climatiques du pôle Nord, témoin du devenir du globe. Leurs constats étaient pour le moins alarmants et appelaient à des réponses rapides.

La posture états-unienne a de quoi agacer certains représentants de pays en développement. Lundi, ceux-ci mettaient en garde contre une stigmatisation de leur responsabilité dans le réchauffement climatique. Bref, chacun se renvoie la balle. Ce qui, pour Juan Carlos Villalonga, de Greenpeace Argentine, n’est pas de bon augure. Lucide, il estime que « c’est rêver que de chercher à lutter contre le réchauffement climatique sans les États-Unis ».

Vincent Defait