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L’UE veut rester leader, mais n’entend plus être seule
date 14 mars 2005
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Climat-Kyoto : l’UE veut rester leader, mais n’entend plus être seule

BRUXELLES (AFP) - En pointe contre le réchauffement climatique, les ministres européens de l’Environnement ont proposé jeudi de nouveaux objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, après la fin de la première phase du protocole de Kyoto en 2012, mais n’entendent plus faire cavalier seul.
Dans leurs conclusions qui seront soumises à l’approbation des chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet des 22 et 23 mars, les ministres proposent que les pays développés "envisagent des corridors de réductions d’émissions de l’ordre de 15 à 30% d’ici 2020 et de 60 à 80% d’ici 2050" par rapport au niveau de 1990 pour limiter le réchauffement à 2 degrés à la fin du siècle.

Les ministres ajoutent que cela ne "préjuge pas de nouvelles approches (...) dans un cadre à l’avenir flexible et équitable", pour ne pas fermer la porte aux Etats-Unis qui rejettent les contraintes chiffrées de Kyoto et misent sur l’innovation technologique pour réduire les émissions.

"Il est au moins aussi important dans les semaines à venir de convaincre les Etats-Unis de monter à bord et nous savons très bien qu’il faut une position flexible pour discuter avec eux", a expliqué le ministre luxembourgeois Lucien Lux, dont le pays préside l’UE.

Entré en vigueur le 16 février, le protocole de Kyoto, qui fixe une réduction de 5,2% des émissions d’ici 2012 par rapport à 1990, prévoit l’ouverture de négociations fin 2005 aux Nations Unies pour l’après-2012.

Le commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, soutenu par une dizaine de pays dont l’Italie et l’Espagne, était opposé à la fixation de chiffres dès à présent, pour ne pas effrayer les Etats-Unis.

"La discussion a été vive mais si nous voulons avoir d’autres parties dans le bateau, il faut dire quelle direction le bateau doit prendre. C’est le message de ceux qui jugent qu’il est urgent d’agir qui a été retenu", a ajouté M. Lux.

Le ministre luxembourgeois a appelé les dirigeants européens à valider cette position fin mars, sans opposer compétitivité et environnement, car "le développement d’éco-technologies n’est pas un frein mais un moteur de la croissance".

L’absence de chiffres "aurait été un mauvais signe à l’ensemble du monde", s’est félicité de son côté le ministre français Serge Lepeltier (Bien Lepeltier), initialement réticent à accepter un objectif dès 2020.

Champion de Kyoto, l’UE se heurte en effet au rejet du protocole par les Etats-Unis, premier pollueur planétaire, derrière lequel s’abritent des pays émergents comme l’Inde ou la Chine, non concernés par les objectifs chiffrés de Kyoto et qui ne veulent pas de frein à leur croissance économique.

La dernière conférence des Nations Unies à Buenos Aires en décembre n’avait abouti qu’à un laborieux compromis, prévoyant l’organisation d’un "séminaire" au niveau d’experts à Bonn (Allemagne) en mai, sans aucun engagement.

Si les propositions européennes ne s’appliquent qu’aux pays industrialisés, les ministres rappellent cependant que "les efforts de réduction devront concerner tous les pays économiquement avancés", une allusion à l’Asie du sud qui devrait représenter 40% des émissions en 2050 contre 8% pour l’UE et 12% pour l’Amérique du Nord.

M. Lux et le commissaire Dimas vont d’ailleurs faire "un tour du monde des autres parties" dans les prochaines semaines et comptent beaucoup sur la présidence britannique du G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, France, Italie, Russie), qui a fait du changement climatique une priorité.

Les ministres de l’Energie et de l’Environnement du G8 et de 11 autres pays du Sud (Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud, Afrique du Sud, Mexique, Indonésie, Nigeria) se réuniront ainsi les 15 et 16 mars à Londres.