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L’Europe reportera-t-elle la dette climatique sur les pays en développement ?
date 28 janvier 2009
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Communiqué de presse envoyé par le Réseau Action Climat et ses associations membres, ainsi que Oxfam France - Agir Ici.

L’Europe reportera-t-elle la dette climatique sur les pays en développement ?

Aujourd’hui, la Commission européenne a publié une communication qui dévoile ses
propositions en vue de la conférence décisive sur le climat qui doit avoir lieu en
décembre à Copenhague, et nous mener à l’adoption d’un nouvel accord mondial sur le
climat.

Le RACF et Oxfam France - Agir ici craignent que l’Europe ne fasse payer le coût de la
lutte contre le changement climatique aux pays les plus pauvres. La question du soutien
financier aux pays en développement est cruciale pour qu’ils puissent réduire leurs
émissions et s’adapter aux conséquences du changement climatique. Elle sera par
ailleurs la clé de succès du nouvel accord qui doit voir le jour. Lors de la récente
conférence de Poznan de décembre 2008 et au sein de son paquet énergieclimat,
l’Union Européenne (UE) n’a pas su donner de garanties aux pays en développement
sur ce sujet. L’heure est venue pour elle d’avancer des chiffres concrets et de s’engager
à soutenir financièrement les pays en développement. En outre, ces financements
doivent être prévisibles et additionnels à l’aide publique au développement. Depuis la
conférence de Bali, fin 2007, les pays en développement ont témoigné de leur volonté
de contribuer davantage à la lutte contre le changement climatique, à condition toutefois
de recevoir un soutien approprié des pays industrialisés, à la fois technologique et
financier.

Malheureusement, aucun chiffre concret n’est spécifié dans la communication. Une
version préliminaire prévoyait une contribution annuelle des pays industrialisés de 30
milliards d’euros d’ici 2020. Mais même ce chiffre, pourtant insuffisant par rapport aux
besoins, a été éliminé de la version finale de la communication.

Pour le RACF et Oxfam France - Agir ici cette suppression de dernière minute est
inacceptable. L’Europe doit démontrer qu’elle est capable de mener des combats sur
plusieurs fronts. La crise économique ne doit pas servir d’excuse aux pays industrialisés
pour se dédouaner de leurs obligations de soutien des pays en développement, touchés
de plein fouet par les impacts du réchauffement global.

Pour aider à la réduction des émissions et l’adaptation des pays en développement, au
minimum 100 milliards d’euros doivent être mobilisés annuellement par les pays
industrialisés d’ici 2020 (20-30 milliards pour la lutte contre la déforestation, 40 milliards
pour la transition vers des systèmes énergétiques plus efficaces et 40 milliards pour le soutien à l’adaptation). Le RAC et Oxfam France - Agir ici demandent à l’UE de
supporter une part équitable et juste de cette dette climatique. Il s’agit d’un impératif
pour reconquérir la confiance des pays en développement, mise à mal lors de la
dernière conférence de Poznan.

L’Europe devra aussi adopter et inciter les autres pays industrialisés à s’engager sur des
objectifs beaucoup plus ambitieux de réduction de leurs émissions. La Commission
rappelle que l’Europe s’est engagée, si un accord est conclu à Copenhague, à réduire
ses émissions de 30% pour 2020 par rapport au niveau de celles-ci
en 1990.

Cependant, pour éviter le pire et limiter le réchauffement global en deçà de 2°C d’ici la
fin du siècle, les études scientifiques recommandent des réductions de 25% à 40% des
émissions des pays industrialisés pour 2020. Même cette fourchette ne nous offre
qu’une chance sur deux d’éviter un réchauffement supérieur à 2°C !
Les ONG rappellent que le socle du futur accord de Copenhague doit rester la science.
Seules des réductions ambitieuses des émissions des pays industrialisés sur leur propre
territoire, associées à un soutien supplémentaire à la réduction des émissions dans les
pays en développement nous permettront de contrer un changement climatique
dangereux. Enfin, au nom de l’équité et de la dette que les pays industrialisés ont
contractée vis-à-vis des pays en développement, une aide à l’adaptation des pays les
plus vulnérables aux impacts du changement climatique est malheureusement
aujourd’hui un impératif.

Cette communication sera discutée par les ministres européens de l’environnement et
des finances avant d’être entérinée au plus haut niveau par les chefs d’Etat lors du
Conseil européen des 19 et 20 mars. Il reste donc très peu de temps à l’Europe pour
relever le niveau d’ambition de ce plan d’action.

Contacts :
Morgane Créach, RACFrance : 06.89.78.44.93
Sébastien Godinot, Amis de la Terre France : 06.68.98.83.41
Karine Gavand, Greenpeace France : 06.77.04.61.90
Romain Benicchio, Oxfam France - Agir ici : +41.22.321.23.72
Damien Demailly, WWFFrance : 06.11.42.15.51