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Accueil > Politiques et mesures > Politiques européennes > Trajectoire et objectifs de réduction d’émissions de GES de (...) > Transition énergétique : L’Allemagne avance, la France hésite encore
Transition énergétique : L’Allemagne avance, la France hésite encore
date 3 décembre 2014
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Le gouvernement allemand vient d’annoncer un nouveau Plan national visant à atteindre son objectif unilatéral pour 2020 : une réduction de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Ce plan, bien qu’imparfait, est un pas en avant significatif. Il plafonne la consommation de charbon en Allemagne et permettra de fermer l’équivalent de 8 centrales thermiques. Une leçon pour le gouvernement français qui hésite toujours à lancer notre pays dans la transition énergétique.

L’objectif national allemand sur la baisse des gaz à effet de serre pour 2020 est supérieur aux obligations du pays au sein de l’Union européenne et à l’Onu. Le gouvernement a proposé ce nouveau plan car l’atteinte de son objectif national paraissait de plus en plus compromise compte tenu du retard pris à cause de la recrudescence du charbon à bas prix, de l’absence de prix des émissions de CO2 sur le marché carbone européen, des efforts limités sur les économies d’énergie et sur la pollution des transports.

Bien que ce Plan ne soit pas parfait, c’est une annonce importante pour l’Europe et pour la négociation d’un accord mondial d’ici à la conférence climat de Paris.

Ce Plan montre qu’un grand pays industriel comme l’Allemagne peut fixer un plafond à sa consommation de charbon, la source d’énergie la plus polluante. Ce, même en l’absence de prix du CO2 (comme actuellement sur le marché européen des quotas d’émissions) et malgré la baisse du prix du charbon ces dernières années. Le message envoyé au secteur charbonnier est important. La prochaine étape pour l’Allemagne doit être une feuille de route de sortie du charbon.

Le Plan démontre aussi qu’il est possible pour tous les pays, et en premier lieu les pays développés, d’améliorer leurs politiques climat-énergie dès aujourd’hui, sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord mondial de Paris (2020). Les autres pays dépendants du charbon, notamment développés (Australie, Pologne, etc.), devraient se lancer dans des réformes similaires.

Le plan allemand prévoit une réduction d’au moins 22 millions de tonnes de CO2 supplémentaires à réaliser exclusivement par le secteur de la production d’électricité. Cela équivaut à fermer 8 centrales au charbon.

Une part encore plus importante viendra d’une amélioration de l’efficacité énergétique. La banque publique d’investissement allemande, la KFW, sera chargée de relancer un grand programme de rénovation et recevra des financements supplémentaires pour cela. Les ménages bénéficieront également de crédits d’impôt supplémentaire pour mieux isoler leur logement.

Le Plan prévoit également un système de gouvernance qui doit permettre d’adopter des mesures supplémentaires si la trajectoire n’est toujours pas cohérente avec le -40% en 2020.

Le plan renvoie la France face à ses propres limitations sur son retard accumulé sur le développement des renouvelables et sur ses hésitations à financer et mettre en œuvre les actions découlant de la Loi de transition énergétique qui passera bientôt au Sénat.

De même, il répond de manière claire aux nombreux commentateurs qui, en France, critiquent le "Tournant énergétique" en Allemagne (l’Energiewende) et affirment que notre voisin outre Rhin a "abandonné ses objectifs climatiques".


Pour aller plus loin, notre Brochure "EN FINIR AVEC LES IDÉES REÇUES SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EN ALLEMAGNE"