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Accueil > Changements climatiques > Comprendre et réagir > Impacts et conséquences > Biodiversité > Impact du changement climatique sur la biodiversité (Résumé)
Impact du changement climatique sur la biodiversité (Résumé)
date 21 novembre 2005
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Impact du changement climatique sur la biodiversité

LE COURRIER DE LA NATURE, N°223, Novembre-décembre 2005
Bimestriel édité par la Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN)
(p.20 à 26)

Par Isabelle CHUINE * et Wilfried THUILLER**

* Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CNRS - UMR 5175), 1919 route de Mende, 34293 Montpellier Cedex
** Laboratoire d’Ecologie Alpine (CNRS - UMR 5553), 2233, rue de la Piscine Bât D Biologie, Domaine Universitaire de Saint Martin d’Hères, BP53, 38041 Grenoble Cedex 9

RESUME DE L’ARTICLE (réalisé par Cecile Querleu - RAC-F) :

Le climat en évolution
La migration des espèces est amorcée

- Une récente étude anglaise a montré que sur 36 espèces de poissons d’Atlantique Nord (péchés ou non) 2 tiers ont migré vers le nord de 50 à 400 km ou s’étaient déplacés vers des eaux plus profondes en une vingtaine d’années. Par exemple la morue et la lotte se sont déplacées vers le nord alors que le carrelet et la raie fleurie ont migré vers des eaux plus profondes. C’est également le cas du Saint-Pierre maculé et du Saint-Pierre rose, ainsi que d’autres espèces de la famille des zéidés qui, selon une étude de l’Ifremer, sont maintenant péchées 6° de latitude (660 km) plus au nord en moyenne qu’il y a 20 ans. Les déplacements d’espèces de poissons s’expliquent en partie par les déplacements du plancton sous l’effet du réchauffement.

- Parmi toutes les espèces d’insectes qui ont fortement migré vers le nord ou en altitude au cours des dernières décennies, certaines sont inoffensives pour l’homme et ses activités, telles de nombreuses espèces de lépidoptères (le monarque africain, le nacré de la ronce, le sphinx du caille-lait, le vulcain) et de coléoptères (le bupestre du thuya), ou encore la mante religieuse ou les libellules. En revanche d’autres espèces sont de véritables pestes. En France, c’est la chenille processionnaire du pin dont l’expansion géographique vers le nord inquiète les forestiers. D’autres insectes touchent directement à la santé de l’homme et des animaux d’élevage car ils véhiculent des parasites ou des virus. C’est le cas par exemple de la fievre catarrhale qui n’était pas présente en Europe mais qui a fait son apparition en France (Corse) en 2000. C’est également le cas du virus West Nile (Camargue) et ce sera probablement le cas de la malaria dont les insectes vecteurs devraient augmenter en densité en Europe méridionale.

- Une étude britannique a montré que sur les 435 espèces d’oiseaux nicheuses recensées en Europe, 196 avaient progressé vers le nord depuis la fin du 19ème siècle. La cigogne blanche par exemple ne retourne plus hiverner en Afrique mais reste dans le sud de l’Europe. Le guêpier d’Europe, espèce méridionale, niche maintenant sur tout le territoire.

La modélisation de la biodiversité :

- La plupart des espèces dites continentales comme le noisetier ou le châtaignier pourraient coloniser de nouvelles régions vers le nord mais en contre partie disparaître localement de la marge sud de leur aire de répartition.

- Le cas des espèces méditerranéennes est plus compliqué. Ces espèces comme celles des milieux tropicaux secs devraient profiter du changement climatique. Les modèles montrent une extension de l’aire de répartition de ces espèces vers le nord, comme par exemple le chêne vert. On peut néanmoins noter que la région méditerranéenne sera probablement confrontée à des changements importants de paysage avec la prolifération d’espèces typiquement méditerranéennes au détriment d’espèces plus tempérées.

- Les espèces de montagne vont remonter en altitude ou disparaître des massifs de moyenne altitude (comme le Massif central), comme c’est le cas du trolle d’Europe. Une analyse récente a montré que les Alpes pourraient subir des taux moyens de perte d’espèces végétales pouvant aller jusqu’à 50% dans certaines régions. Certaines espèces sont en effet inféodées à de micro-habitats, souvent en conditions extrêmes. Ces espèces alpines sont souvent peu capables de s’adapter ou de se disperser, et sont donc spécialement menacées de disparition. Elles seront remplacées par des espèces vivant actuellement en plaine et parfois envahissantes et dangereuses pour l’homme ou les animaux d’élevage tels le séneçon du Cap (toxique), le laurier-cerise (toxique) ou l’ambroisie (plante à pollen fortement allergène).

- Nos travaux montrent que le taux de renouvellement de la flore européenne atteindrait 42 à 62% selon le scénario socio-économique qui se réalisera.

Cinq figures :

- 4 représentant l’évolution des aires de répartition des espèces : noisetier (Corylus avellana), châtaignier (Castanea sativa), chêne vert (Quercus ilex), trolle d’Europe (Trollius europaeus) : carte de répartition actuelle, cartes de l’évolution de l’aire de répartition en 2080 d’après le modèle de biogéographie BIOMOD selon le scénario climatique A1 et modèle climatique HadCM3, et d’après le scénario climatique B1 et modèle climatique HadCM3 ;
- 1 représentant la situation de la biodiversité en 2080 en Europe d’après le modèle de biogéographie BIOMOD selon le scénario climatique A2 et modèle climatique HadCM3.

Les espèces vont-elles pouvoir s’adapter au changement climatique ?

Les recherches scientifiques dans ce domaine ne font que débuter.