logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Il n’y a aucune corrélation entre température et CO2
date 15 juillet 2010
texte+ texte- google twitter facebook

Le CO2 est-il toujours lié à la température (et si non, pourquoi ?)

L’argument des sceptiques...

Le réchauffement climatique du 20ème siècle n’a pas débuté avant 1910. Pourtant, à cette date, les émissions de CO2 avaient déjà augmenté du fait de l’utilisation du charbon qui fournissait l’énergie à la révolution industrielle... C’est l’industrialisation d’après-guerre qui a conduit à la croissance rapide des émissions de CO2 mais, en 1945, quand elle a commencé, la Terre était dans une phase de refroidissement. Alors que la Terre a connu 32 ans de réchauffement rapide coïncidant avec une faible hausse des émissions de CO2, suivies de 33 ans de rafraîchissement lent des températures globales malgré une hausse rapide des émissions globales de CO2, il était trompeur de la part de l’IPCC d’affirmer que les émissions de CO2 étaient l’élément principal responsable du réchauffement du 20ème siècle. Aujourd’hui, la Terre se rafraîchit depuis 2002 en dépit d’une hausse continue et rapide des émissions globales de CO2 (Norm Kalmanovitch).

Ce que dit la science...

Les températures moyennes annuelles de la Terre ont toujours montré une certaine variabilité d’une année sur l’autre, liée à des évènements climatiques particuliers (volcans, El Niño, La Niña, soleil...) et à la variabilité statistique. Même si le réchauffement à long terme est incontestable, il est parfaitement normal et attendu que l’augmentation des températures ne soit pas continue.

Le CO2 est incontestablement un des quelques paramètres principaux qui pilotent la température de la Terre. Cela est établi non par une corrélation observée entre température et concentration, mais par une compréhension de la physique basée sur des mesures répétées en laboratoire, et appuyée par les observations de l’atmosphère au sol ou par satellite. On peut mesurer l’augmentation de l’effet de serre lié à l’augmentation des concentrations en dioxyde de Carbone et quelques autres gaz.
Puisque la science dit que l’augmentation du CO2 atmosphérique doit conduire à une augmentation des températures, comment expliquer les périodes pendant lesquelles leurs tendances ne sont pas en phase ? L’exemple le plus communément cité est celui des années récentes, depuis 2002. Sur cette période de 7 années, la température globale a montré peu voire aucune tendance tandis que le CO2 augmentait. Si le CO2 cause le réchauffement, la température ne devrait-elle pas croître régulièrement de même ?


Graphique 1 : Dioxyde de carbone atmosphérique annuel (NOAA) et anomalie de température globale annuelle (GISS) de 2002 à 2008.


Les années de 2002 à 2008 correspondent à une courte période en regard des tendances climatiques. Afin de comprendre ces années récentes dans un contexte plus large de tendances climatiques à long terme, il est nécessaire d’analyser les mesures de température sur plusieurs décennies. En comparant les niveaux de dioxyde de carbone aux températures de 1964 à 2008, il apparaît clairement que même sur une tendance de réchauffement à long terme, il y a des périodes de rafraîchissement.

Graphique 2 : Dioxyde de carbone atmosphérique annuel (NOAA) et anomalie de température globale annuelle (GISS) de 1964 à 2008.

La variabilité naturelle génère des années légèrement plus froides ou plus chaudes que la moyenne sur la décade. En conséquence, il est toujours possible de choisir de courtes périodes au sein d’une longue période de réchauffement au cours desquelles le réchauffement ralentit ou s’inverse. Par exemple, les périodes de 1977 à 1985 et 1981 à 1989 ont toutes deux montré peu voire aucun réchauffement tandis que le CO2 continuait d’augmenter. Pris hors de contexte, cela a pu amener certains à conclure en 1985 ou en 1989 que le réchauffement climatique s’était interrompu, sur la base des quelques années précédentes.

Graphique 3 : Dioxyde de carbone atmosphérique annuel (NOAA) et anomalie de température globale annuelle (GISS) de 1977 à 1985 et de 1981 à 1989

Qu’est-ce qui cause cette variabilité du climat ? Les cycles et courants océaniques échangent de la chaleur entre l’océan et l’atmosphère, et ces échanges peuvent un fort effet à court terme sur la température globale. Pour le climat de la Terre, le cycle majeur est l’Oscillation El Niño / La Niña. En 2008, l’Océan Pacifique était dans une forte phase de La Niña, générant des températures inhabituellement fraîches dans l’Océan Pacifique tropical. De plus, l’activité solaire était plutôt faible, probablement la plus faible depuis un siècle ce qui a conduit à diminuer les températures de la Terre d’environ 0.1 °C. La combinaison de minima solaires et des conditions de type La Niña explique la stabilité des températures pendant le début du 21ème siècle. Il faut noter que la température de la Terre est repartie à la hausse en 2009, et que le début de 2010 bat les records de température.

Il est donc manifeste qu’il ne faut pas tirer de conclusions à partir d’un petit élément du puzzle, sans analyser l’ensemble des observations. Il y a manifestement une tendance nette au réchauffement, mais avec une variabilité qui peut être interprétée comme un refroidissement ou une pause sur de courtes périodes.
Qu’en est-il sur le plus long terme ? Au cours du siècle passé, y a-t-il des périodes de rafraîchissement à long terme, et si tel est le cas, quel en est le sens ?

Graphique 4 : La ligne verte correspond aux niveaux de dioxyde de carbone relevés à partir de carottes de glace extraites à Law Dome, Antartique Est (CDIAC). La ligne bleue représente les niveaux de dioxyde de carbone mesurés à Mauna Loa, Hawaii (NOAA). La ligne rouge indique l’anomalie de température globale annuelle (GISS). Les échelles ont été ajustées pour que les deux courbes (températures et CO2) soient superposées bien que leur unités soient différentes.

Le Graphique 3 compare le CO2 aux températures globales au cours du siècle passé.
Tandis que le CO2 augmente de 1940 à 1970, les températures globales connaissent une tendance au rafraîchissement. Il s’agit d’une période de 30 ans, période plus longue qui ne pourrait s’expliquer par la variabilité interne liée aux phénomènes El Nino/La Nina et aux cycles solaires. Si le CO2 est responsable du réchauffement climatique, pourquoi la température globale n’augmente-t-elle pas au cours de cette période ?
Pour répondre à ceci, il convient de prendre en compte le fait que le CO2 n’est pas le seul agent contrôlant le climat. Une multitude de facteurs affectent le flux net d’énergie sur la Terre. Les aérosols (par ex. ceux des éruptions volcaniques) réfléchissent une partie des rayons solaires vers l’espace, ce qui génère un rafraîchissement. De même, les variations de l’activité solaire ont une influence sur la Température. Le Graphique 4 montre une estimation de ces différents facteurs qui ont eu une influence sur la Température de la Terre au cours du 20ème siècle. On constate que les aérosols, qui sont émis par les activités humaines, ont eu un effet refroidissant qui est allé en augmentant et qui a donc compensé en partie l’impact des gaz à effet de serre. Par ailleurs, plusieurs éruptions solaires ont eu un effet refroidissant pendant les années 60.

Graphique 5 : Estimations des différents facteurs, ou forçages, qui influent sur la température de la Terre et de leur variation au cours du vingtième siècle.

Lorsque on prend en compte l’ensemble de ces effets, aussi appelés forçages, (Graphique 6), on trouve une excellente correspondance avec la température globale.
Une certaine variabilité des températures reste présente, sans correspondance dans les forçages, du fait de cycles à court terme tels que le cycle (El Niño/La Niña). On constate aussi que les plus fortes éruptions volcaniques, qui conduisent à des forçages négatifs courts mais intense, conduisent à un refroidissement limité.
Le principal écart apparaît sur une décennie autour de 1940. On pense que cette anomalie est dûe à un biais de mesure par les navires américains qui utilisaient une méthode différente des autres.

Graphique 6 : La ligne bleue représente les forces radiatives nettes (GISS). La ligne rouge représente l’anomalie de température globale (GISS).

On peut donc conclure que la température de la Terre est contrôlée par une multitude de facteurs, incluant une variabilité interne, mais que l’impact du CO2 devient clairement dominant depuis environ 35 ans.