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« Il faut que l’Europe fasse plus » (D. Demailly -WWF)
date 3 décembre 2007
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« Il faut que l’Europe fasse plus »

Damien Demailly, chargé de programme climat au WWF-France, explique les enjeux de la XIIIe Conférence de l’ONU sur le climat qui se tient à Bali du 3 au 14 décembre

En France, on sort du Grenelle de l’environnement et Nicolas Sarkozy n’engage pas la France à réduire ses émissions de 30% d’ici 2020 ! Damien Demailly

- Quels sont les principales questions à l’ordre du jour de la conférence de Bali ?
Le protocole de Kyoto arrive à son terme en 2012, c’est pourquoi l’objectif le plus important de la conférence de Bali est d’élaborer un plan de travail pour arriver à un accord en 2009, en vue de la conférence de Copenhague. Il a en effet fallu 3 ans pour négocier le protocole de Kyoto, du mandat de Berlin en 1995 (établi par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) à la conférence de Kyoto en 1997. Pour arriver à un accord en 2009, il faut organiser plus de réunions de celles qui sont officiellement prévues (une réunion tous les 6 mois à Bonn et une conférence annuelle - Potsdam en 2008, Copenhague en 2009). Il faudrait avoir une base de travail permanente et pour que cela soit possible, les pays riches doivent mettre l’argent pour assurer la logistique : il faut penser que les réunions comptent des centaines, voire des milliers de participants.

- Au niveau de la lutte contre le réchauffement climatique, quelles thématiques sont à l’ordre du jour ?
D’abord la déforestation : elle est aujourd’hui responsable de 20-25% des émissions de gaz à effet de serre. L’Indonésie, fortement touchée par la déforestation avec notamment le Brésil et le bassin du Congo, accueille cette Conférence-climat et espère voir avancer le débat. A la conférence climat de Montréal en 2005, un certain nombre de pays proposaient un système de MDP (Mécanismes de développement propres) spécifique pour rémunérer leurs réductions d’émissions par des crédits d’émission échangeables sur le marché. Le Brésil propose de son côté la création d’un fonds qui rémunérait directement les pays concernés.
Une autre question clé est celle de l’adaptation. Les pays pauvres du sud sont les premières victimes du réchauffement climatique. Les Nations unies estiment les besoins à couvrir d’ici à 2030 à plusieurs dizaines de milliards d’euros alors qu’aujourd’hui, seules quelques centaines de millions d’euros sont disponibles. Aujourd’hui, le fonds de la Convention climat repose sur les contributions volontaires des pays et le fonds pour l’adaptation du protocole de Kyoto (financé par un prélèvement de 2% sur les crédits issus des MDP) n’est toujours pas opérationnel faut d’accord sur qui devrait l’administrer. Il faut trouver des nouveaux mécanismes pour récupérer de l’argent, par exemple une taxation des billets d’avion. Il faut que les pays riches assument le fait qu’ils sont responsables du changement climatique.

- Qu’attend le WWF avec le Réseau action-climat France de la conférence de Bali ?
Il est important que les pays affirment leurs orientations en matière de réduction des gaz à effet de serre. Les émissions totales devraient être divisés par 2 d’ici à 2050 si nous souhaitons limiter le réchauffement climatique à 2°. Cela implique que les pays riches réduisent de 30% leurs émissions d’ici à 2020 et de 80% d’ici à 2050 pour compenser l’augmentation des émissions des pays en voie de développement. Ces derniers ne peuvent pas prendre des engagements équivalents à ceux des pays riches. Ils ont des besoins croissants en énergie pour se déplacer, se chauffer, s’éclairer...
Pour que leur développement s’inscrive dans une trajectoire durable, ils nécessitent de l’aide des pays riches, beaucoup d’entre eux ne peuvent pas y arriver seuls.

- Est-ce qu’on peut attendre 2012 pour mettre en œuvre ces politiques ?
Non. Il faut renforcer les Mécanismes de développement propres (MDP). Ils ne sont pas à la hauteur des attentes ni en termes de volume (763 projets enregistrés au 24 août 2007, ndlr) ni en termes d’efficacité dans la lutte contre le réchauffement climatique. Selon un rapport du WWF, 40% de ces projets auraient été mis en place même sans les MDP. Par ailleurs, la qualité des projets d’un point de vue environnemental et social est discutable : seulement un peu plus de 1% des projets concernent l’efficacité énergétique.
Deuxièmement, il faut que les pays riches, notamment l’Europe, fassent plus. En France, on sort du Grenelle de l’environnement et Nicolas Sarkozy n’engage pas la France à réduire ses émissions de 30% d’ici 2020 !

- Les objectifs de Kyoto seront-ils atteints ?
Les engagements de Kyoto étaient faibles même si le fait même d’avoir chiffré des engagements était en soi très positif. Toutefois, certains pays n’atteindront pas les objectifs, comme le Canada, faute d’acheter des quotas d’émission. L’Europe elle-même n’atteindra pas son objectif de -8% d’émissions d’ici à 2012 si elle ne met pas en place dès maintenant de nouvelles politiques.

Nadia Loddo
Métro-France
03 décembre 2007