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Gros nuages sur le plan climat
date 14 février 2006
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Gros nuages sur le plan climat
"L’Est Républicain" Patrice COSTA, 10 aout 2004

Le plan climat est menacé d’inefficacité avec le gel d’une part des crédits de l’Agence de maîtrise de l’énergie.

Après plusieurs reports successifs, le plan climat annoncé fin juillet par le ministre de l’Ecologie, Serge Lepeltier, serait condamné à rester en plan
 : la soixantaine de dispositions antipollution inscrites dans ce programme de 80 pages risquent de pâtir d’un élément essentiel, leur financement. Tour de vis budgétaire oblige, l’Ademe est sous le coup d’une amputation de 30 % de ses crédits d’investissements pour 2004, soit la coquette somme de 74 millions d’euros sur sa dotation globale qui gravite autour des 260 millions d’euros.

Avec une telle saignée, on ne voit pas comment le bras armé du ministère pourra se mettre correctement en marche contre l’offensive des gaz à effet de serre. L’idée phare d’un bonus-malus pollution pour les voitures renvoyée aux calendes grecques, l’absence d’audace politique contre l’essor du transport routier, le saupoudrage de mesurettes en faveur des énergies renouvelables... tout concourait déjà à ranger ce plan au catalogue des bonnes intentions. Mais personne ne s’attendait toutefois à ce que son principal maître d’œuvre soit ainsi privé d’une large partie de ses moyens d’action.

« Mis à part les ministères, l’Ademe est la seule structure pilote engagée sur le terrain », souligne Olivier Louchard, coordinateur du Réseau Action Climat-France, « sans elle, le plan est une coquille vide, et on a des raisons de croire que l’amputation de crédits pour 2004 se répercute en 2005 ».

Gel ou annulation pure et simple d’une telle enveloppe, rien n’est encore tranché par les services de Nicolas Sarkozy mais le ministre des Finances, obnubilé par le clignotant rouge vif du déficit de l’Etat, n’hésite plus à étrangler l’appétit budgétaire de ses collègues. Celui de l’Ecologie n’y échappe pas.

L’étiquetage énergie

Par ricochet, ce gel remet donc en question la campagne de communication sensée orienter les consommateurs vers des produits moins énergivores grâce à un système d’étiquetage échelonné de A (consommation minimale d’énergie) à G (consommation maxi), similaire à celui qui figure déjà sur les appareils électroménagers.

A défaut de bonus-malus automobile, cette idée est devenue le concept phare du plan climat. Position qu’elle partage avec le crédit d’impôt à 40 % accordé aux propriétaires ou aux promoteurs attentifs aux énergies propres, en particulier l’équipement en chauffe-eau ou en plancher solaires. « Sans moyen humains et financiers, on ne voit pas comment l’étiquetage énergie pourra être mis en œuvre », ajoute le militant du RAC-F. « On l’a vu avec l’électroménager, il a fallu beaucoup de temps avant de sensibiliser et mobiliser les différentes composantes de ce secteur d’activité ».

Même problème avec la climatisation « préservée », ou « durable », dont le principe repose sur « l’encouragement à une utilisation rationnelle » de ce confort pourtant très vorace en énergie mais dont la filière surfe sur un marché en plein essor.

Pas touche à une affaire qui marche, d’autant que sur ce point précis, le plan avait confié la campagne d’information destinée aux acheteurs potentiels à l’Ademe, mais sans la budgétiser.

Le deal de Kyoto

Un signe prémonitoire sans doute des difficultés qu’il faudra surmonter pour atteindre l’objectif annoncé d’une économie de 54 millions de tonnes équivalent CO2 par an d’ici 2010, afin que la France respecte son deal du Protocole de Kyoto.

L’Ademe affaiblie, les 90 millions d’euros alloués au plan climat seront vite épongés pour une telle ambition. Pourtant solide et crédible sur ses dossiers, Serge Lepeltier devra s’en contenter. Mince consolation pour lui : tous ses prédécesseurs se sont heurtés au syndrome de la palinodie politique qui freine désespérément la lutte contre le réchauffement climatique.

http://www.estrepublicain.fr/societ...