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Accueil > Changements climatiques > Le 5ème rapport du GIEC > GIEC : Nous devons sortir de l’ère des combustibles fossiles
GIEC : Nous devons sortir de l’ère des combustibles fossiles
date 3 novembre 2014
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La synthèse des trois groupes de travail du GIEC, publiée le 2 novembre 2014, met en lumière les impacts des changements climatiques ces dernières années et appelle à changement urgent de trajectoire, via des décisions politiques courageuses et immédiates. Le GIEC est formel : il faut mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles, principales responsables des changements climatiques.


QUE NOUS DIT LA SCIENCE ?


• Les températures sont au plus haut depuis 1400 ans, et les indicateurs sont déjà dans le rouge (niveau des mers en hausse, fonte des glace en cours, etc.).

• Le lien entre les activités humaines et la hausse des températures est plus certain que jamais.

• D’après les scientifiques du GIEC, il est encore possible de maintenir la hausse des températures en dessous de 2°C, seuil au-delà duquel les gouvernements du monde entier estiment que le réchauffement planétaire sera trop dangereux. Pour cela, nos économies doivent sortir de leur addiction aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

• Si tous les pays ne réduisent pas rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, à commencer par les plus grands pollueurs, alors le monde s’expose à des risques de changements dramatiques et irréversibles :
- La température moyenne globale pourrait augmenter d’environ 5°C d’ici 2100
- Le niveau des mers pourrait augmenter d’environ un mètre d’ici à 2100
- Les glaces, notamment la banquise en Arctique, pourrait fondre quasi-totalement en été.

• La fréquence et l’intensité des événements pluvieux vont augmenter d’ici à 2100. Cela veut dire plus de fortes pluies, notamment dans les hautes latitudes, donc en Europe.


QUELS SONT LES IMPACTS CONCRETS ?


• Les impacts des changements climatiques seront très importants, et pourront toucher l’ensemble de nos modes de vie : notre santé, notre production agricole, nos zones côtières qui souffrent d’érosion, nos économies, etc.

• Concrètement, cela signifie :
- De plus en plus d’évènements extrêmes, comme la canicule de 2003 ou la tempête de 1999.
- Des déplacements de populations et un nombre croissant de réfugiés climatiques.
- L’extinction d’espèces incapables de s’adapter à un changement aussi brutal.
- Une baisse des rendements agricoles : on voit déjà des impacts en France où les vendanges interviennent de plus en plus tôt dans l’année. A l’échelle mondiale, la production de blé, mais, ou de riz risque de baisser alors même que la population et les besoins en nourriture augmentent.
- Le développement de moustiques : sur toute la côté méditerranéenne, on constate l’arrivée du moustique tigre, qui peut transmettre des maladies comme le chikungunya.

COMMENT ÉVITER CES CHANGEMENTS ?


• Pour réduire les risques liés aux changements climatiques, il faut que tous les pays réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, et en premier lieu les grands pollueurs que sont Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne. Sans mesure supplémentaire de la part de tous les pays, nous n’y arriverons pas.

• Sans efforts supplémentaires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la croissance de ces émissions devrait continuer et nous mener à une hausse des températures entre 3,7 et 4,8°C.

• La première étape pour réduire nos émissions est de changer nos modèles énergétiques, notamment en développant massivement les énergies renouvelables.

• Nos émissions de gaz à effet de serre doivent baisser fortement : au niveau mondial, nous devons les diminuer de -40% à -70% d’ici à 2050 (par rapport aux niveaux de 2010). Elles devront atteindre des niveaux proches de zéro en 2100. Autrement dit, à la fin du XXI siècle, il ne faudra plus émettre de gaz à effet de serre.

• Pour cela, il faut mettre un terme aux subventions aux énergies sales et fossiles (comme le charbon, le pétrole et le gaz) et mettre un prix sur le carbone. Or aujourd’hui, les énergies fossiles reçoivent 6 fois plus de subventions que les énergies renouvelables. Entre 750 milliards et 1000 milliards de subventions aux énergies fossiles. Ces flux d’investissement doivent impérativement être réorientés vers la transition énergétique.

• Les secteurs majeurs dans lesquels il nous faut réduire les émissions sont la production d’énergie, et la consommation d’énergie dans les transports, les bâtiments et l’industrie.



POUR ALLER PLUS LOIN : LES SOLUTIONS AU CHANGEMENT CLIMATIQUE



• DONNER UN PRIX AU CO2 ET A L’ÉNERGIE

Pourquoi donner un signal prix au carbone ? Dans son 5ème rapport, le GIEC met en avant le signal prix carbone – une taxe sur les émissions de CO2 - comme l’un des principaux leviers pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la manière la plus efficace possible.
Donner un prix au carbone revient à appliquer le principe pollueur-payeur.
Explications : les émissions de gaz à effet de serre comme le carbone ont un impact et un coût qui, sans taxe carbone, repose sur toute la société. C’est pourquoi il faut taxer la pollution à la source en l’intégrant dans les prix des produits. En fait, donner un prix au CO2 revient à dire la vérité sur les coûts : au-delà des impacts climatiques, l’utilisation des énergies fossiles engendre d’autres nuisances - sanitaires avec la pollution atmosphérique et environnementaux. Si le coût de toutes ces externalités était directement intégré dans le prix de l’énergie, les énergies renouvelables seraient bien moins onéreuses que les énergies polluantes.

Le signal prix doit être fixé en fonction des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre visant à maintenir la hausse des températures à moins de 2°C. Le signal prix renchérit le prix des énergies fossiles responsables des changements climatiques. Il doit être fixé à un niveau suffisant pour orienter et rentabiliser les investissements dans les énergies renouvelables et les économies d’énergies.

En France, la Commission "Quinet" a défini la valeur tutélaire du carbone à 100 euros la tonne de CO2 en 2030. L’Agence Internationale de l’Énergie mais aussi de nombreuses entreprises misent sur des prix similaires dans leurs scénarios de prospective pour orienter leurs investissements.


• AU NIVEAU FRANÇAIS

La France continue à plus subventionner les énergies fossiles que les énergies renouvelables. Cumulées, les niches fiscales dommageables à l’environnement et les aides directes aux transports les plus polluants représentent une dépense de plus de 15 milliards d’euros chaque année par l’Etat en faveur des énergies fossiles. La France stagne en queue de peloton des pays membres de l’Union Européenne en matière de fiscalité écologique (26 sur 27). L’Etat ne peut plus continuer à prétendre lutter contre le changement climatique, mener la transition énergétique en France et défendre la sauvegarde de la biodiversité, tout en subventionnant les activités qui s’y opposent.

La « composante carbone » instaurée en France en 2014 comme partie intégrante des taxes sur la consommation de produits énergétiques est l’une des taxes carbone les moins ambitieuses au monde. Il faut bâtir une véritable contribution climat énergie qui rejoigne la valeur tutélaire du carbone en affichant dès aujourd’hui la trajectoire à 2020 (56€/tCO2) et 2030 (100€/tCO2). Avec ses recettes, il faut en priorité protéger et améliorer la situation des personnes qui souffrent de précarité énergétique.

À ce stade, le projet de loi de transition énergétique se limite à l’élargissement de la composante carbone dans les taxes existantes mais ne prévoit pas de progressivité du signal prix.


• QUE DOIT FAIRE LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS A PARTIR DU RAPPORT DU GIEC ?


- Les autorités françaises doivent cesser de subventionner et d’encourager la consommation d’énergies fossiles, les transports les plus polluants. En outre, elles ne doivent plus céder devant les lobbies comme nous l’avons constaté avec l’abandon de l’écotaxe. Au contraire, les autorités françaises doivent favoriser les solutions de la transition énergétique comme les transports en commun qui manquent cruellement de financement.
- Sans véritable contribution climat énergie qui rejoigne la "valeur tutélaire" du carbone et fixe une trajectoire à 2020 (56€/tCO2) et 2030 (100€/tCO2), la transition énergétique restera un vœu pieu.
- Ces mesures peuvent être mises en œuvre dès aujourd’hui. Le projet de loi de finance 2015 actuellement en débat au Parlement est l’occasion pour la France de faire preuve d’exemplarité et de cohérence.
En tant que présidente de la conférence climat, la France ne peut continuer à subventionner davantage les pollutions que les solutions et avoir la taxe carbone la moins ambitieuse au monde. Il faut repenser notre système fiscal pour le mettre au service de la transition énergétique et le rendre cohérent avec les objectifs fixés en matière de développement des énergies renouvelables et de diminution de la consommation d’énergie.