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Feuille de route énergie 2050 - une analyse
date 29 février 2012 documents joints 1 document joint
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Le 15 décembre 2011 la Commission européenne a publié sa "Feuille de route énergie 2050".

Vous pouvez télécharger en cliquant sur l’image ci-dessous l’analyse du RAC-F de la "Feuille de route énergie 2050" :

PDF - 9.1 Mo
Analyse RAC-F Feuille de route énergie 2050_mars 2012



La "Feuille de route énergie 2050" décrit plusieurs trajectoires de décarbonisation de l’électricité en Europe, dites « technologiquement neutre », avec un objectif de réduction de -85% des émissions de CO2 en 2050.

Les énergies renouvelables représentent un axe fort de cette Feuille de route : dans un des scénarios, la part d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’électricité atteint 97%. La technologie de Captage et stockage du carbone (CSC), tout comme le nucléaire, sont également présentés comme des options de décarbonisation.

La « Feuille de route énergie 2050 » envoie un signal fort en faveur de plus d’harmonisation, de planification et de projets communs et appelle à plus de cohérence dans la gestion du réseau électrique européen, au-delà des frontières et des décisions unilatérales.

Néanmoins les mix énergétiques des 27 états membres ne sont pas spécifiés dans la Feuille de route afin de donner la possibilité à tous les Etats de se projeter selon les différentes trajectoires proposées - car même si les pourcentages varient énormément, toutes les technologies de production énergétique sont présentes dans tous les scénarios.

La Commission évite ainsi toute allusion à des mix énergétiques étatiques ou à un partage d’effort des réductions des émissions entre les Etats membres de l’UE en 2050. La publication représente plutôt un document d’orientation de fond qui prépare une discussion à venir.

Voici les points de critique du RAC-F par rapport à cette publication :

1) Bravo pour l’optimisme : la Commission base son raisonnement sur l’existence d’un accord climatique mondial. Les avantages qui résultent d’un tel parti-pris (prix des énergies fossiles assez bas et un investissement mondialisé dans des technologies de décarbonisation) sont loin d’être acquis dans la situation actuelle.

2) Le RAC regrette le manque de créativité de la Commission. Les hypothèses de la modélisation restent très traditionnelles (augmentation de la mobilité et dans certains scénarios un doublement de la production électrique pour l’électrification des secteurs). Il aurait été intéressant de modéliser un changement comportemental et il manque une description plus détaillée sur l’évolution de la demande des usages des différents secteurs.

3) La « Feuille de route 2050 » est un argumentaire en faveur de la « croissance verte ». Même avec un doublement de notre PIB, nous pouvons réduire nos émissions d’une manière significative. Il est regrettable qu’à aucun moment ce principe ne soit discuté, surtout compte tenu de la tendance à l’augmentation des émissions importées qui ne sont pas comptabilisées dans notre bilan européen.

4) Les énergies renouvelables jouent un rôle important dans les scénarios, notamment dans la production électrique : leur part se situe entre 41 et 60% de l’énergie finale et jusqu’à 97% de l’électricité consommée dans le scénario « ENR ». Le gaz reste par contre une variable non négligeable jusqu’en 2050. Si les prix des énergies fossiles augmentent (contrairement à ce que la « Feuille de route énergie » projette) cela pourrait faire basculer les coûts du système énergétique des scénarios avec le plus de gaz (notamment le choix de la technologie du CSC).

5) La Feuille de route conclut qu’il y a des surcoûts entrainés par le scénario avec la part des énergies renouvelables la plus élevée. Ces investissements, surtout à partir de 2030, sont dus à la construction de capacités et infrastructures électriques supplémentaires pour équilibrer la production variable des énergies renouvelables. Ces coûts sont au moins en partie payés par le consommateur ce qui fait augmenter le prix de l’électricité pour les ménages qui en dépendent fortement. Cette présentation est partiale car le coût du système énergétique cumulé sur la période observée est presque identique pour les différents scénarios. Il s’agit simplement d’une allocation différente des dépenses – entre des investissement (construction des réseaux) et des coûts variables (importations d’énergies fossiles).

6) Il y un absent parmi les scénarios de décarbonisation qui paraît pourtant indispensable : un scénario qui combinerait les économies d’énergie importante et un développement important des énergies renouvelables. Appliquer le deuxième sans le premier va à l’encontre des investissements car il est évidemment plus compliqué de produire la même quantité d’électricité avec des sources d’énergie de flux variables qu’avec des énergies fossiles de stock.

7) Le RAC est inquiet de voir qu’aucun scénario - pas même celui dont la caractéristique est « l’efficacité énergétique » - ne respecte ce même objectif pour 2020 (-20% de consommation énergétiques primaires par rapport au scénario tendanciel). Ce choix paraît difficilement défendable, surtout à l’heure de la discussion autour de la Directive efficacité énergétique.

8) Le RAC constate que la Feuille de route intègre l’anticipation d’une opposition locale et / ou nationale contre le nucléaire et l’utilisation de la technologie CSC qui se reflète dans deux scénarios. Par contre une opposition multiple contre le CSC, le nucléaire, l’utilisation des ressources non conventionnelles (dont l’usage est mentionné mais pas précisé) et les infrastructures n’est pas considéré. Cependant ces oppositions sont non négligeables et susceptibles de ralentir le processus de transformation de notre paysage énergétique. Sans beaucoup de tact, la Commission argumente que le temps presse, qu’il faut bien avancer et que l’énergie a toujours eu besoin de nouvelles infrastructures.

9) 400 contributions ont été envoyées à la Commission lors de la consultation publique , en amont de la publication de la Feuille de route énergie 2050. Quelques résultats sont présentés dans les documents qui accompagnent la communication principale mais à aucun moment il n’y a eu de description transparente sur la manière dont les contributions ont été utilisées et les différentes opinions pondérées.