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Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Archives > Politiques climatiques par pays > Etats-Unis > États-Unis : les émissions de CO2 vont augmenter de 11%
États-Unis : les émissions de CO2 vont augmenter de 11%
date 7 mars 2007
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États-Unis : les émissions de CO2 vont augmenter

Les rejets de gaz à effet de serre devraient y croître de 11 % au cours de la prochaine décennie.

C’EST UN NOUVEAU PAVÉ dans la mare. Alors que le Groupe
intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) a rendu
publiques à Paris, au début du mois, des prévisions climatiques
alarmantes pour le siècle à venir, les États-Unis ne sont pas prêts
d’inverser la tendance.

L’Administration Bush estime, dans un rapport rédigé pour l’ONU, que lesémissions américaines de gaz à effet de serre continueront de croître,
au cours de la décennie à venir, à un rythme comparable à celui de la
précédente. Le New York Times a publié samedi le contenu du rapport que
tout pays signataire de la Convention climat doit régulièrement
communiquer à l’organisme de l’ONU en charge des questions climatiques
(UNFCCC).

Selon ce rapport, la politique américaine devrait conduire à une
nouvelle hausse de 11 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2002
et 2012. Au cours de la précédente décennie, cette augmentation était de
11,6 %, selon l’Agence de la protection de l’environnement (EPA). Selon
les données publiées par l’UNFCCC, ces émissions auraient même dérapé de
13,3 % outre-Atlantique au cours de cette même période. Or les
États-Unis s’étaient engagés dans le protocole de Kyoto - qu’ils
refusent de ratifier - à réduire leurs émissions de 7 % entre 1990 et
2012. Les pays industrialisés ont dans le même temps fait mieux, en
contenant leurs rejets polluants de 5,9 % (contre un objectif de - 5,5
%). L’Europe en est pour sa part à - 1,4 %, pour un objectif de - 8 %.

Engagements contraignants

Sachant que les États-Unis sont le premier pollueur de la planète avec
5,7 milliards de tonnes de CO2 émises en 2003, soit 22,3 % des rejets
mondiaux (devant la Chine, avec 15,9 %), c’est une assez mauvaise
nouvelle. Pas étonnant donc que la publication d’un tel rapport ait un
an de retard. D’autant qu’au même moment, l’Union européenne annonce
vouloir réduire ses rejets polluants d’au moins 20 % d’ici à 2020 (nos
éditions du 21 février 2007). Et le secrétaire général de l’ONU Ban
Ki-Moon veut aborder la question dans le cadre du sommet du G8 en
Allemagne en juin. Autant dire que les prévisions américaines condamnent
l’objectif mondial de ne pas dépasser une hausse de 2 °C d’ici à 2100,
seuil jugé dangereux pour la planète par les scientifiques.

Le rapport américain fait d’ailleurs état de risques croissants pour le
pays. Ce dernier anticipe une menace permanente de sécheresse, exacerbée
en raison d’un taux d’évaporation de l’eau plus important, et des
pénuries d’eau au nord-ouest et au sud-ouest du pays.

L’Administration américaine, elle, ne semble pas inquiète outre mesure.
Elle se félicite même que les émissions de gaz à effet de serre du pays
croissent moins vite que l’économie, l’objectif affiché par George W.
Bush en 2002. « Ce rapport va montrer que les mesures proposées par le
président pour lutter contre le changement climatique et ses engagements
financiers sans précédent sont efficaces », affirme une porte-parole de
la Maison-Blanche sur les questions écologiques, Kristen Hellmer, citée
par le journal.

Les climatologues auxquels le quotidien new-yorkais donne la parole
jugent pourtant inacceptables ces projections. Quand Bush « a annoncé
son objectif de réduction volontaire de l’intensité des gaz à effet de
serre, il a dit qu’il serait réévalué au vu des développements
scientifiques », déclare ainsi David Conover, directeur du programme
technologique sur le changement climatique du gouvernement jusqu’il y a
un an. Les climatologues ne sont pas les seuls à plaider pour des
engagements contraignants. Plusieurs États du nord-ouest des États-Unis
se sont engagés à une réduction de leurs émissions de 10 % et la
Californie à ramener les siennes au niveau de 1990 d’ici à 2020.

CAROLINE DE MALET
Publié le 05 mars 2007 - http://www.lefigaro.fr