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Accueil > Changements climatiques > Comprendre et réagir > Impacts et conséquences > Réfugiés climatiques > Et Tuvalu prépare l’évacuation des habitants...
Et Tuvalu prépare l’évacuation des habitants...
date 2 septembre 2002
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RÉFUGIÉS

Pendant que les délégués tergiversent, les atolls de Tuvalu, dans le Pacifique, risquent de disparaître peu à peu sous les eaux.

Asahi Shimbun (extraits), Tokyo

Groupe d’atolls éparpillés dans une mer d’un bleu profond, Tuvalu, dans le Pacifique Sud, est devenu célèbre il y a une dizaine d’années en tant que "premier pays au monde à disparaître dans l’océan". Ce pays - dont la superficie couvre seulement 26 km2 en incluant tous les îlots - se prépare depuis le début de l’année à évacuer l’ensemble de sa population. Publié au printemps 2001, le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoyait que "d’ici à la fin de 2100 le niveau des océans augmenterait au maximum de 88 cm", soit une évaluation supérieure de 33 cm au chiffre indiqué dans le rapport de 1995. L’altitude moyenne de Tuvalu est seulement de 1,50 m. Les informations de ce rapport corroboraient le sentiment des Tuvaluans, selon lesquels les dégâts s’aggravent d’année en année.

Les rues de la capitale sont pourvues d’un revêtement simple sans trace de quelconques dégâts. Mais, au moment des grandes marées d’été, elles sont inondées, l’eau de mer jaillissant de la surface du sol, phénomène qui a commencé il y a une dizaine d’années, nous explique-t-on. "Je veux continuer à vivre ici parce que c’est ici que je suis né. Mais, dans quelque temps, si un cyclone s’abat sur l’île, je n’aurai nulle part où me réfugier", raconte le gérant d’un magasin d’alimentation âgé de 43 ans. Le gouvernement a ainsi commencé à préparer l’évacuation des 11 000 habitants que compte le pays, en demandant à ses voisins, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, d’accueillir ces gens en qualité de "réfugiés environnementaux". Toutefois, arguant du fait que la submersion ne sera pas immédiate, Canberra a refusé son aide. Wellington a annoncé qu’il en accueillerait certains avec le statut de travailleurs immigrés, et non pas comme réfugiés faisant l’objet d’une protection.

Le 3 juillet dernier, l’archipel a réuni les représentants des différentes îles et des ministères dans l’unique hôtel de la capitale, Funafuti. Devant ces derniers, le représentant du gouvernement de Nouvelle-Zélande, terre d’accueil des futurs exilés, a expliqué : "Nous accepterons comme immigrés des gens de 18 à 45 ans sachant parler l’anglais et possédant un bagage professionnel. L’immigration commencera dès la fin de 2002, et nous choisirons chaque année 75 personnes par tirage au sort." Aussitôt, des voix se sont élevées de l’assemblée : "Ne pourrait-on augmenter les quotas ?" "Au lieu du tirage au sort, ne pourrions-nous pas procéder nous-mêmes au choix des émigrés ?"
Dans sa résidence officielle, construite en préfabriqué, le Premier ministre Koloa Talake (68 ans) plaide sa cause d’un ton calme. "Il est triste de devoir quitter notre pays, mais nous n’avons pas d’autres solutions. Malheureusement, dans le cadre de l’organisation actuelle, seuls les habitants chanceux pourront partir. Nous avons demandé aux pays industrialisés de prendre des mesures destinées à lutter contre le réchauffement de la planète. Les Etats-Unis et l’Australie n’ont même pas voulu ratifier le protocole de Kyoto. Ces nations prospèrent, leurs multinationales sont rivées à leurs intérêts. Nous, nous en payons les frais." Et d’ajouter : "Il reste peut-être à peine trente ans avant que Tuvalu ne soit submergé."

Yasuo Murata et Yasushi Ohkubo