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Accueil > Politiques et mesures > Négociations internationales > Engagements de la Chine et des Etats Unis : grand pas pour les négociations, petit pas pour le climat
Engagements de la Chine et des Etats Unis : grand pas pour les négociations, petit pas pour le climat
date 12 novembre 2014
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Cette nuit, la Chine et les États-Unis ont annoncé les objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre qu’ils comptent inscrire dans leur contribution à l’accord de la conférence de Paris, fin 2015. Historique ou business-as-usual ?

Cette nuit, la Chine et les Etats-Unis ont annoncé les objectifs qu’ils comptent inscrire dans leur contribution à l’accord de Paris 2015. C’est un grand pas pour la négociation – il change la donne en obligeant d’autres grands émetteurs à annoncer rapidement la couleur de leurs engagements. Ca reste un trop petit pas pour le climat et ne répond pas à l’impératif de maîtriser le changement climatique sous la barre de 2°C.

Cette nuit, la Chine et les Etats-Unis ont annoncé les objectifs qu’ils comptent inscrire dans leur contribution à l’accord de Paris 2015.

  • Les Etats-Unis se sont engagés à un objectif de -26 à -28% de réduction d’émissions par rapport à 2005 (objectif actuel : -17%) pour 2025.
  • la Chine a annoncé un peak des émissions de CO2 en 2030 ou avant et un mix énergétique dont 20% sera « non-fossile » d’ici 2030.

    La bonne nouvelle, c’est que 3 acteurs clé de la négociation - les Etats-Unis, la Chine et l’UE il y a quelques semaines - qui ont annoncé leur contribution et posé cartes sur table plus d’un an avant la conférence de Paris. Suffisamment en avance pour pouvoir les évaluer ET les renforcer.

    Le fait que la Chine prenne position si tôt dans les négociations change la donne. Cela va inciter les autres gros émetteurs à suivre le mouvement. Il n’y a plus d’excuse : la posture des mauvais joueurs – Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Russie – n’est plus tenable. L’argumentaire « tant que la Chine ne fait rien, moi je ne fais rien » (qui caractérisent les postures de nombreuses classes politiques au Canada, Russie, Australie et le Congrès républicain aux Etats-Unis) ne fonctionne plus.

    Beaucoup d’observateurs et de pays ont qualifié l’accord de « historique » et il ne l’est certainement pas d’un point de vue climatique. Les climatologues ont été les premiers à le dire : les engagements de l’UE, les Etats-Unis et de la Chine restent largement insuffisants pour espérer maîtriser le réchauffement climatique en deça de 2°C.

    Heureusement, ils ont fixé un plancher mais le plafond est encore négociable. L’UE s’est engagée à réduire ses émissions d’AU MOINS 40%. Les Etats-Unis s’engagent sur une fourchette et à horizon 2025 plutôt que 2030. La Chine fera "peaker" ses émissions en 2030 ou AVANT). Ils ne ferment pas la porte à la possibilité de faire plus et renforcer leurs engagements d’ici la conférence de Paris et d’ici 2020, date à laquelle l’accord entrera en vigueur. La Chine notamment n’a pas encore fixé de cap sur sa consommation de charbon et c’est la prochaine étape d’ici Paris Climat 2015 : sa consommation de charbon doit commencer à décroître dès 2020. Le cas américain est un peu particulier : l’administration Obama a calculé son objectif de manière à éviter un passage obligé et un blocage certain du côté du Congrès américain. Ce qui le rend plus prévisible mais aussi encore plus faible. Il faudra donc renforcer cet objectif notamment en agissant sur d’autres ressorts d’action - cibler directement les entreprises énergétiques, agir au niveau des Etats sur l’efficacité énergétique, les normes des véhicules, etc.

    Ce qui est historique, c’est que la question du climat jusqu’ici traitée comme un objet uniquement politique vient de devenir économique. Si la Chine et les Etats-Unis se positionnent et se positionnent ensemble, c’est parce qu’il en va de leurs intérêts économiques, de leur compétitivité de demain, de la santé et du confort énergétique de leurs citoyens. Et ce changement de paradigme est important, notamment pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui freinent l’action climatique lau nom du coût économique qu’on ne peut pas se permettre en temps de crise.

Le plus gros du boulot reste à faire : traduire ces chiffres en transition économique et énergétique réelle. La société civile et les climatologues jugeront les contributions des Etats et leur capacité à maîtriser le réchauffement climatique sur les faits et sur ce qui se passe dans l’économie réelle. Et les faits sont loin de convaincre : les subventions publiques aux énergies fossiles sont 5 fois plus élevées que les subventions aux énergies renouvelables. Les pays du G20 dépensent chaque année 88 milliards de dollars = deux fois le montant nécessaire pour électrifier les 1.3 milliards de personnes qui n’y ont pas accès.

Les solutions sont connues, les citoyens ont répondu présent. Qu’attendent les politiques ?