logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Politiques et mesures > Politiques françaises > Élections 2017 > Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique : qui dit quoi ?
Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique : qui dit quoi ?
date 13 avril
texte+ texte- google twitter facebook

Notre analyse des propositions des candidats à l’élection présidentielle.

François Fillon

Valorisation des circuits “directs”, programmes de recherche et abrogation des normes ajoutées à la réglementation européenne


La partie agricole du programme prévoit :
- Une mesure permettant de valoriser les circuits “directs”.
- D’apposer sur l’emballage de tous les produits alimentaires la mention claire de leur provenance et de leur lieu de transformation (pays).
- De fonder la politique agricole commune (PAC) 2020 sur la gestion des risques et sur le soutien à l’investissement.
- De relancer des programmes de recherche sur les nouvelles biotechnologies et l’agriculture 3.0.
- D’abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées à la réglementation européenne.

Notre avis
Les circuits “directs” (assimilés aux circuits “courts”, comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comportent pas d’avantages d’un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité (ou locaux, comprenant la notion de proximité géographique). De même, la mesure concernant l’affichage sur l’emballage du pays d‘origine pourrait permettre une “préférence” française dans les achats mais n’est pas synonyme d’une diminution des impacts environnementaux des produits.
Soutenir une future PAC axée sur le soutien à l’investissement est dangereux, à la fois pour les agriculteurs, car entraînant une inflation de leur endettement, et pour l’environnement, car ces investissements sont souvent gourmands en énergie.
La relance de programmes de recherche sur les biotechnologies et l’agriculture 3.0. est une impasse. La recherche doit aujourd’hui être massivement orientée vers les pratiques agricoles écologiques et résilientes, dont les impacts sont positifs autant pour l’agriculteur, l’économie française que pour le consommateur.
L’abrogation des normes ajoutées à la réglementation européenne serait évidemment catastrophique pour la protection de l’environnement et du climat.
Le programme ne contient aucune mesure sur les modes de production et la qualité environnementale des produits, en particulier des mesures de soutien au développement des productions biologiques et de diminution des épandages d’engrais azotés de synthèse.
Le programme ne contient pas non plus de mesure permettant une évolution du régime alimentaire, en particulier des mesures concernant la restauration collective ou l’information sur la qualité nutritionnelle et environnementale des produits alimentaires.


Benoît Hamon

50 % de repas bio ou issus de circuits courts dans la restauration collective, aide à la structuration des filières


Dans son programme, le candidat propose :
- Qu’au moins 50 % de repas bio ou issus des circuits courts seront servis dans la restauration collective.
- L’instauration d’un taux de TVA réduit pour les produits bio
- Une aide à la structuration des filières de production biologique et équitable.

Notre avis
La proposition sur la restauration collective va dans le bon sens mais souffre d’une absence de précision car elle ne comporte pas d’échéance et devrait contenir un sous objectif chiffré spécifique pour les produits biologiques. De plus, la référence à des produits issus de circuits courts (comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comporte pas d’avantages d’un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité ou locaux (comprenant la notion de proximité géographique).
Les produits bio (tout comme tous les produits alimentaires) bénéficient déjà d’un taux réduit à 5,5 %. Un taux “super-réduit” de 2,1 %, bien qu’exceptionnel, pourrait être appliqué aux produits bio, mais cela devrait alors être précisé.
L’aide à la structuration des filières de production biologique et équitable est une mesure intéressante mais mériterait d’être précisée quant aux outils et montants financiers envisagés.
Un manque de précision existe par ailleurs quant aux mesures permettant d’accompagner une transition écologique massive du système agricole.


Marine Le Pen

Sortie de la politique agricole commune, simplification des normes, préférence nationale dans la commande publique


La partie agricole du programme comporte notamment :
- Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités).
- Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.
- Simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives
- Développer les circuits courts
- Interdire l’importation de produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement.
- Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

Notre avis
Dans le programme, le mot environnement n’apparaît que dans la mesure qui a trait aux restrictions d’importation conditionnées au respect des normes françaises. Pourtant, les normes françaises environnementales pour le secteur agricole sont encore faibles par rapport aux enjeux environnementaux et climatiques auxquels nous devons faire face.
Les circuits courts (circuits comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comportent pas d’avantages d’un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité (ou locaux, comprenant la notion de proximité géographique).
Le programme ne contient aucune mesure sur les modes de production et la qualité environnementale des produits, en particulier des mesures de soutien au développement des productions biologiques, de diminution des épandages d’engrais azotés de synthèse. Le seul endroit où sont évoqués les labels de qualité le sont dans une optique d’exportation, alors que des mesures devraient d’abord faciliter leur accessibilité au plus grand nombre en France.
Le programme ne contient pas non plus de mesure permettant une évolution du régime alimentaire, en particulier des mesures concernant la restauration collective ou l’information sur les produits alimentaires.


Emmanuel Macron

50 % de produits bio, écologiques ou issus de circuits courts dans la restauration collective et Plan de transition agricole de 5 milliards d’euros.


Le candidat propose :
- que d’ici 2022, 50 % des produits proposés par les cantines scolaires et les restaurants d’entreprise devront être bio, écologiques ou issus de circuits courts.
- Un Plan de Transition Agricole de 5 milliards d’euros sur cinq ans qui soutiendra tous les projets de montée en gamme des exploitations, d’adaptation aux normes environnementales et de bien-être animal.

Notre avis
L’objectif sur les cantines et les restaurants d’entreprise va dans le bon sens. Cependant, la mesure devrait concerner l’ensemble de la restauration collective (et non les seules cantines scolaires : restaurants collectifs des ministères, hôpitaux, maisons de retraites, etc.) et contenir un sous objectif chiffré spécifique pour les produits biologiques.
Le Plan de transition agricole va également dans le bon sens mais devrait aller bien au delà de la simple application des normes environnementales, qui est un minimum et contenir des éléments sur la réduction des produits chimiques (engrais et phytosanitaires), l’élevage de plein air, etc. Par ailleurs, le programme ne précise pas d’où proviendront les 5 milliards d’euros du plan de transition agricole annoncés.



Jean-Luc Mélenchon

Normes sur les intrants chimiques et les conditions d’élevage et 100 % de produits bio dans les structures publiques d’ici 2022


Le programme vise une évolution de l’ensemble du système agricole et alimentaire pour atteindre en particulier “la neutralité en matière d’émissions de gaz à effet de serre (en tenant compte des émissions importées)”. Cette vision comprend, notamment la promotion du système herbager et de l’agriculture écologique et biologique ainsi que l’information et la formation nutritionnelle des citoyens. Plus précisément, le programme comporte :
- Un soutien financier à cette transition,
- La mise en place de normes sur des apports maximums d’intrants chimiques (pesticides et engrais) et sur les conditions d’élevage (dont aires de pâturage).
- L’atteinte de 100 % de produits biologiques dans les structures publiques d’ici à 2022, et le soutien aux achats de produits biologiques pour la restauration collective.
la mise en place dans la restauration collective de menus moins carnés, une baisse de 50 % du gaspillage alimentaire sur 3 ans et la suppression des produits d’emballage.
- La mise en place sur les emballages d’un système d’information clair du contenu et de la qualité des aliments.

Notre avis
Le programme prévoit une transition globale du système agricole et alimentaire assez détaillée et ambitieuse quant aux objectifs et aux mesures à mettre en place, notamment vis-à-vis de l’enjeu climatique. Par ailleurs, le candidat est le seul à s’exprimer sur la nécessité de faire évoluer les régimes alimentaires vers une moindre consommation de viande.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d’ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

date Post Scriptum

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...