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ENTRETIEN Philippe Quirion - Réseau Action Climat
date 12 décembre 2006
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ENTRETIEN Philippe Quirion Réseau Action Climat

Propos recueillis par
Volodia Opritchnik
Lettre n°24 JUILLET-AoÛT 2006

Économiste spécialiste des questions d’environnement, Philippe Quirion
préside aussi aux destinées de la branche française du Réseau
Action Climat, l’une des rares ONG françaises ayant vraiment pignon
sur la rue climatique. Entretien.

- Dix ans après sa création, quel regard portez-vous sur le RAC-F ?

Philippe QUIRION : La branche française du Réseau Action Climat mondial a
été créée, comme toutes les autres, pour suivre et tenter de peser sur les
négociations internationales sur le changement climatique. Lorsque j’y suis
arrivé, en 1999, la période était presque euphorique. Même imparfait, le
protocole de Kyoto avait été signé et il s’agissait de le mettre en œuvre.
Nous avons vite déchanté.

- À cause de la présidence Bush ?

Philippe QUIRION : Oui, mais il y a eu aussi l’échec de la conférence de La
haye fin 2000. À partir de ce moment-là, la période est devenue négative.

- Il existe dans le monde environnementaliste de grandes associations qui
sem- blent capables de suivre les négociations climatiques. Quelle est la
spécificité du RAC ?

Philippe QUIRION : Ces négociations sont particulières. Elles sont d’une
grande technicité et l’on négocie souvent sur une dizaine de sujets à la
fois. D’où la nécessité pour nous d’avoir des spécialistes au sein de nos
adhérents.

- En France, combien êtes-vous ?

Philippe QUIRION : Trop peu. L’association emploie quatre experts à plein
temps. Et fait travailler en parallèle une trentaine de bénévoles qui sont,
eux aussi, de bons connaisseurs des dossiers que nous suivons. Nous
travaillons aussi avec nos associations membres, un peu plus d’une
quinzaine.

- La France semble finalement peu vous intéresser...

PhILIPPE QUIRION : C’était vrai dans les premières années, celles durant
lesquelles on négo- ciait sur le protocole et son application. Aujourd’hui
que tout cela est lancé, nous travaillons dans l’hexagone. En fait, cela a
commencé, en 1999, lors de l’élaboration du plan national de lutte contre
le changement climatique (PNLCC). Depuis, nous intervenons très
régulièrement sur le débat franco-français.

- Pour critiquer, j’imagine...

Philippe QUIRION : Bien sûr, mais pas seulement. Nous avons salué la
publication des ex- cellents rapports parlementaires Kosciusko-Le Déaut
(lire L’Usine à GES n°23) ou Deneux, comme il se devait. Nous regardons
aussi avec beaucoup d’intérêt le rapport de la mission de Boissieu. Cela
étant, nous sommes aussi un aiguillon, notamment lors de l’élaboration du
PNAQ français.

Un sujet difficile...

Philippe QUIRION : Oui, surtout que toutes les institutions impliquées ne
sont pas, volon- tairement ou non, les meilleurs défenseurs de l’intérêt
public.

- C’est-à-dire ?

Philippe QUIRION : Parce qu’elle a été à moitié démantelée et déchue de son
statut inter- ministériel, la Mies est devenue inaudible. La direction
générale des entreprises du ministère de l’Industrie s’aligne
systématiquement sur les positions du Médef. Ce qui n’est pas le cas,
reconnaissons-le, de la direction générale de l’énergie et des matières
premières du même ministère. A Bercy, on trouve parfois des alliés sur
certains sujets, notamment au sein de la direction générale du Trésor et de
la politique économique.

- Quid du ministère de l’Écologie ?

Les ministres passent et les conseillers restent.

Aujourd’hui, que le sujet climatique commence à être repris par quelques
rares politiques, allez-vous encore plus vous impliquer dans le débat
français ?

Philippe QUIRION : La proximité des élections présidentielle et législative
nous y invite. Au cours de ces prochains mois, nous entendons travailler d’
avantage sur la promotion de l’efficacité énergétique. Car nous pensons que
le système des certificats blancs sera très insuffisant. Lors de notre
dernière assemblée générale, il est ressorti qu’il y avait un vrai be- soin
de suivre aussi les politiques. Nous mettons en avant 10 mesures pour
lutter contre le changement climatique, que nous demandons aux candidats
aux présidentielles et législatives d’inscrire dans leur programme. Nous
allons aussi regarder de plus près ce que font les dépu- tés et les
sénateurs pour ou contre la lutte contre le changement climatique. Et le
résultat de notre surveillance sera bien sûr rendu public.

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