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Des pubs qui sentent le gaz
date 4 novembre 2003
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Libération, par Laure NOUALHAT - Mardi 04 novembre 2003
 

Ceux qui avaient prévu une virée à Barcelone avec l’amour du moment peuvent ravaler leur billet. Voyager en avion, c’est mal. C’est en tout cas ce que martèlent seize associations de défense de l’environnement (Greenpeace, Réseau Action Climat (RAC), Casseurs de pub, Agir pour l’environnement...) qui lancent aujourd’hui une campagne contre les messages polluants de la pub (1).

Et dans la ville, il en fleurit plein les panneaux. Que ce soit pour les billets à bas prix des compagnies aériennes ou pour les 4 x 4 et les grosses cylindrées, les affiches distillent sans cesse des messages subliminaux pour consommer du déplacement. Seulement voilà, le déplacement pollue. Sauf le vélo. Mais pour l’aller-retour à Barcelone dans le week-end, vous repasserez.

Sur les annonces dénoncées par les associations écolos, on ne peut quand même pas mettre n’importe quoi. Les annonceurs se plient de bonne grâce à des règles qu’ils se fixent eux-mêmes (par le biais du Bureau de vérification de la pub). « Il existe beaucoup de contraintes sur le comportement automobile, signale un cadre de Publicis. On ne montre pas de voiture sur une plage (à moins de signaler qu’elle a été photographiée à l’étranger, ndlr), ni à pleine vitesse. » Les annonceurs doivent aussi éliminer les comportements polluants, « comme le gars qui vidange sur le trottoir ». Tant mieux.

Consommation.

Selon la législation européenne, les annonceurs doivent mentionner sur les affiches la consommation de carburant du véhicule, ainsi que son taux d’émission en CO2. « Si je vous dis que telle voiture émet 250 grammes de CO2 par kilomètre (gCO2/km), ça vous évoque quoi ? » interroge Olivier Louchard, du RAC. Rien du tout, mais après un rapide calcul, on sait qu’une voiture qui a roulé 10 000 km a craché 2,5 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Autant dire que son propriétaire a explosé son quota de CO2 de l’année (1,8 tonne de CO2 par an et par individu si on tient compte de ce que la biosphère peut recycler). Alors le vol Paris-Barcelone (312 kg de CO2 par personne), il faut en user avec parcimonie. Vouloir lutter contre le réchauffement climatique ne signifie pas forcément tirer un trait sur les week-ends en Europe : on peut toujours prendre un train pour Troyes, on fait de la bonne andouillette là-bas.

Défausse.

Vanessa Foquez s’occupe des campagnes Peugeot chez Euro-RSCG, elle a déjà communiqué sur les filtres à particules dont la marque dote sa flotte de Diesels. « Mon client aurait intérêt à communiquer davantage sur cet axe-là, reconnaît-elle, mais ce n’est pas une priorité. » Chez les constructeurs, on se défausse gentiment : « On travaille à réduire les consommations de carburant des voitures, donc, de fait, leurs émissions de gaz à effet de serre. » Dans l’automobile, un modèle énerve particulièrement les écologistes : le 4 x 4. Ces véhicules relâchent 3 à 4 fois plus de CO2 dans l’atmosphère qu’une voiture normale et consomment 40 % d’essence en plus en ville, selon l’Ademe (2). Pourtant, ils se vendent comme des petits pains polluants. Pour nous le prouver, les écolos ont pris leur calculette : après avoir roulé chacun 200 000 km, les 75 000 4 x 4 vendus en 2003 auront relâché plus de 5 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Ce n’est pas bien. Mais comme le dit la publicitaire d’Euro-RSCG : « Acheter un 4 x 4, c’est comme mettre une minijupe, c’est être à la mode. » Plus sérieusement, rares sont les acheteurs de voitures qui s’inquiètent du degré de pollution du modèle convoité. « Ils veulent une voiture, à partir de ce moment-là, ils acceptent la pollution qui va avec », précise-t-on chez Publicis.

« La première pollution de la pub est une pollution mentale, explique Vincent Chenet, des Casseurs de pub lyonnais, et c’est vrai que son contenu est absolument antiécologique. » Au travers de leur campagne, les associations souhaitent surtout dénoncer le mode de vie consumériste des Occidentaux. « La pub nous propose des produits qui ne sont pas forcément utiles. Une fois le besoin créé, le consommateur cherche à le satisfaire. »


(1) www.anti4x4.net

(2) L’Agence de développement et de maîtrise de l’énergie (Ademe) établit chaque année un petit guide sur les émissions de gaz à effet de serre de chaque modèle de voiture. En 2003, la voiture essence la moins émettrice de CO2 est la Smart, qui rejette entre 113 et 118 g de CO2 par kilomètre. Pour les diesels, les Volkswagen Lupo remportent la palme avec 81 à 88 gCO2/km.