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Des kilos de CO2 cachés dans nos assiettes
date 24 avril 2007
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Des kilos de CO2 cachés dans nos assiettes

Oubliant les saisons, les consommateurs achètent des fraises à Noël ou des
cèpes au printemps, qui auront parcouru des milliers de kilomètres avant
d’arriver sur leur table.

LES CONSOMMATEURS ont choisi : tout, tout de suite, tout le temps. Telle
est leur devise dans le domaine alimentaire comme pour le reste. Cela ne
choque plus personne de pouvoir manger n’importe quel fruit ou légume
quelle que soit la saison et en tout lieu. Seulement voilà, ces exigences
devenues règles de vie ordinaire, ont un coût écologique élevé : elles
entraînent des émissions toujours plus importantes de gaz à effet de serre.

Les quantités d’aliments consommées ne varient pas. Les Européens
n’engloutissent guère plus aujourd’hui qu’il y a trente ans. « Et sur la
même période, le poids des aliments transportés est peu ou prou resté de 70
kg par an et par habitant », explique Jean-Stéphane Devisse, spécialiste
des questions climatiques auprès de la WWF.

Ce qui a changé, c’est le type de produits, et les distances qu’ils
arpentent. Désormais, les aliments se promènent, s’échangent et font le
tour du monde avant d’arriver dans une assiette. On déguste des fraises et
des haricots verts à Noël, des cerises à la Toussaint, des cèpes en
avril... Les crevettes viennent de Madagascar, le bœuf est argentin, les
ananas sont du Ghana, comme bien d’autres fruits et légumes qui viennent
d’Afrique ou d’Amérique latine. On déguste du vin chilien, australien, etc.

La liste est infinie et les kilomètres parcourus explosent, tous transports
confondus. « En une trentaine d’années, le nombre de camions et la distance
parcourue en Europe ont été multipliés par quatre », poursuit l’expert.
Même croissance exponentielle pour les bateaux et les avions cargo. Selon
la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), le fret aérien va même
croître plus vite que le transport de passagers dans les années à venir.
« Le transport est devenu l’un des principaux impacts environnementaux de
la consommation alimentaire », précise Élisabeth Laville (1) fondatrice du
cabinet de consultants Utopie.

Pour autant, les camions, les bateaux ou les avions ne polluent pas dans
les mêmes proportions. Pour une tonne d’aliments transportée sur un
kilomètre, un bateau émet entre 15 et 30 grammes de CO2, un camion entre
200 et 450 grammes (plus si c’est un camion réfrigéré) et un avion entre
500 et 1 600 grammes. « Importé par avion du Ghana, un kilo d’ananas
équivaut à cinq kilos de rejets de CO2, contre 50 grammes s’il est importé
par bateau », explique encore Élisabeth Laville. De même, une étude suisse
montre que « des melons venant de la Guadeloupe par avion occasionnent une
demande en ressources énergétiques non renouvelables dix-sept fois plus
élevée que les melons importés du Brésil par bateau. » Et près de cinquante
fois plus que des melons de Cavaillon...

« Manger citoyen »

Les calculs ne s’arrêtent pas là. Indirectement, consommer de la viande
encourage les émissions de gaz à effet de serre. Et surtout le veau et le
bœuf, gros consommateurs d’aliments à base en céréales. « Deux cents
grammes de volaille émettent dix fois moins de gaz à effet de serre que la
même quantité de bœuf », assure une brochure de l’association Réseau
Action Climat-France. Pire, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise
de l’énergie (Ademe) souligne certaines aberrations du commerce : en 1999,
la France a exporté 3 515 millions de tonnes de lait. Cette année-là, elle
en importa aussi 1 641 millions !

Pour « manger citoyen », plaident les écologistes, il faut retrouver le
temps des saisons, le goût de la consommation des productions de sa région.
Et ce sans attendre que l’explosion des prix du transport nous y
contraigne. « C’est l’énergie pas chère qui permet de rendre le coût de la
logistique négligeable par rapport à celui du coût humain », rappelle
Jean-Marc Jancovici, consultant sur les questions énergétiques, qui pose
l’alternative : « Soit on rétablit progressivement le marché, soit on prend
le risque d’un choc violent dans quelques années. » Un choc qui
déstabilisera encore plus les pays en voie de développement, qui
approvisionnent les étals de nos marchés.

(1) Achetons responsable, E. Laville, M. Balmain, Seuil.

MARIELLE COURT, 18 avril 2007- Le figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20070...
dans_nos_assiettes.html