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Dernière ligne droite à Bali : aux ministres de jouer !
date 11 décembre 2007
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Communiqué de Presse
10 décembre 2007
Réseau Action Climat-France / Greenpeace

Dernière ligne droite à Bali : aux ministres de jouer !

Bali, Indonésie, le 10 décembre 2007 - Alors que commence la deuxième semaine de
discussions à Bali, Le Réseau Action Climat-France (Rac-F) et Greenpeace France demandent
aux gouvernements de passer à une vraie négociation pour adopter une feuille de route afin de
parvenir à un accord, avant fin 2009, sur la deuxième période d’engagements du protocole de
Kyoto. Même si la conférence se déroule sur une île paradisiaque, les ministres, attendus
mercredi, ne doivent arriver en touristes mais décidés à parvenir à un mandat de Bali ambitieux.

Certains pays riches traînent des pieds alors que d’autres avancent

Les États-Unis, le Canada, le Japon, l’Arabie Saoudite, et, dans une moindre mesure, l’Australie...
Les pays désireux de saborder le processus ne manquent pas. Aujourd’hui, des fuites ont révélé
que la délégation canadienne voulait obtenir des engagements contraignants de réduction des
émissions de gaz à effet de serre (GES) de la part de tous les pays. « Cette proposition est
inacceptable et constitue une tentative de faire exploser Bali en faisant porter la responsabilité des
changements climatiques aux pays pauvres à égalité avec les pays riches, affirme Morgane
Créach, chargée de mission International au Rac-F. Si la Chine et l’Inde doivent réduire leurs
émissions, il n’a jamais été question de les soumettre à des objectifs chiffrés absolus. »

En revanche, certains pays du G 77 tendent la main. Ainsi, la Chine a proposé que les pays en
développement s’engagent à adopter, dès 2012, « des politiques et des mesures de
développement durable » réduisant les émissions, mais à la condition que les pays industrialisés
leur fournissent une aide financière et technologique.
La balle est donc dans le camp des pays industrialisés, qui doivent réaffirmer les engagements pris
à Vienne, en août dernier. Le projet de décision proposé aujourd’hui par les co-présidents de la
COP va dans ce sens. S’il ne se réfère pas à l’objectif global de maintenir le réchauffement en
dessous de 2°C d’ici la fin du siècle, il rappelle :
- la nécessité pour les pays industrialisés de réduire de 25 à 40 % leur émissions d’ici à 2020 ;
- le besoin impérieux que les émissions atteignent leur maximum dans les 10 à 15 prochaines
années pour décliner ensuite.

« Attention, il ne s’agit que d’un projet qui va être discuté, voire passé à la moulinette par les pays
les plus récalcitrants, explique Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. Si la
fourchette de moins 25-40 % déjà adoptée à Vienne disparaît de la décision finale, Bali fera figure
de pas en arrière dans la lutte contre les changements climatiques. »

Déforestation : une chance historique à saisir

Sauf coup de théâtre de dernière minute, le mécanisme « REDD » (pour « réduction des émissions
issues à la déforestation et à la dégradation » des forêts) devrait sortir indemne des discussions
qui se terminent ce soir. L’idée, c’est de rétribuer les émissions de CO2 évitées grâce à une lutte
contre deux types de déboisements : la déforestation, qui ravage le Brésil ou l’Indonésie, ainsi que
la dégradation subie par les forêts africaines, notamment le bassin du Congo. Ainsi, on protège la
forêt et on évite d’émettre du carbone en finançant des projets de développement local durables et
respectueux de l’environnement. Restent deux points de vigilance :
- la réduction des émissions doit être comptabilisée à l’échelle nationale, et non projet par
projet ;
- la proposition indienne d’étendre le mécanisme REDD à la conservation des forêts ne doit pas
aboutir. Une politique de lutte contre la déforestation n’a pas à financer le maintien de forêts
qui ne sont pas menacées.

Le chantier de l’adaptation progresse

Un accord semble émerger permettant enfin au Fonds pour l’adaptation du protocole de
fonctionner. En clair, cela signifie que des financements pourraient rapidement être débloqués à
l’intention des pays les plus pauvres, pour les aider à faire face aux impacts des changements
climatiques. En revanche, reste à augmenter le volume de ces financements - comptabilisés en
millions - pour satisfaire des besoins chiffrés entre 10 à 40 milliards de dollars.

Contacts sur place, à Bali :
- Adélaïde Colin, chargée de communication, Greenpeace France : 081 338 965 317 *
- Morgane Créach, chargée de mission International, Rac-France : 081 338 979 630 *
- Pascal Husting, directeur général, Greenpeace France : 081 337 949 734 *
* Si vous appelez depuis un téléphone non indonésien, composez +6281 à la place de 081.