logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Secteurs d’activités > Agriculture > Agrocarburants > L’avis du RAC-F > Dérèglement climatique : les petites annonces de Villepin
Dérèglement climatique : les petites annonces de Villepin
date 4 octobre 2006
texte+ texte- google twitter facebook

Communiqué de presse RAC-F, WWF et Les Amis de la Terre

Dérèglement climatique : les petites annonces de Villepin

Montreuil, le 04 octobre 2006 - Ce matin, lors de sa conférence de presse mensuelle, le Premier Ministre a fait un discours très centré sur l’environnement avec en point d’orgue deux décisions concernant la lutte contre le dérèglement climatique : le livret de développement durable et le développement accéléré des « carburants propres ». Alors même que le processus d’actualisation du Plan Climat 2004 n’est pas encore terminé, M. De Villepin a donc décidé de se faire entendre sur les questions environnementales en fixant « un nouveau cap » et en détaillant un « pacte national sur l’environnement ».

Biocarburants : des pompes vertes pas si vertes que ça !
Comme annoncé par M. Thierry Breton le 26 septembre, le Premier Ministre a réaffirmé aujourd’hui l’accélération du développement des biocarburants et le lancement de pompes vertes, à bioéthanol, sur tout le territoire. Un rapport intitulé "Flexfuel 2010", remis au gouvernement par Alain Prost, prévoit l’installation de 500 « pompes vertes » sur le territoire français en 2007, au nom de l’indépendance énergétique de la France, le développement industriel et la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le Réseau Action Climat-France, quant à lui, réitère son opposition au projet du gouvernement aux vues des conclusions de l’étude qu’il a mené avec EDEN (1). En réalité, les filières éthanol telles qu’elles sont développées aujourd’hui en Europe par les industriels n’ont pas grand intérêt pour le climat, l’environnement ou l’indépendance énergétique de la France. Concernant les filières éthanol (blé, betterave), le gain énergétique est bien plus faible que ce qui est annoncé officiellement et donc les réductions d’émissions de gaz à effet de serre seront marginales. En consommant presque autant d’énergie fossile que l’éthanol n’en restitue, elles ne gagneront pas en compétitivité avec l’augmentation du prix du pétrole... De plus, il existe un risque pour que le développement des biocarburants se fasse sur le mode d’une d’agriculture intensive, ce qui aura des impacts sur l’eau, la biodiversité et les émissions de GES du secteur agricole (notamment à cause des engrais et pesticides).

Ces filières représentent donc principalement un nouveau débouché pour les céréales et les betteraves. Cependant, la défiscalisation dont elles bénéficient pompe lourdement le budget de l’Etat. En encourageant le développement de ces filières, celui-ci se prive des importantes recettes fiscales que lui procure la TIC (ex TIPP) et qui logiquement devraient servir au développement des alternatives à la route (rail, voies d’eau, transport combiné, etc.).

Pour le RAC-F, la priorité est de réduire l’impact considérable des transports sur le changement climatique. Cet objectif ne sera évidemment pas atteint si on se contente de remplacer 5 à 10% des carburants classiques par des biocarburants un peu moins polluants ! Il est plus que temps d’intensifier les politiques pour réduire la demande des transports routiers, de développer des véhicules beaucoup plus sobres, de modifier les comportements en développant et en favorisant les transports collectifs et de favoriser les modes de déplacement “doux” (marche, vélo,...). Les seuls biocarburants ne suffiront pas à enrayer la tendance à la hausse des émissions des gaz à effet de serre du secteur des transports (2).

Le RAC-F et ses associations membres ne cessent de le répéter : pour que la France respecte ses engagements en matière de lutte contre le dérèglement climatique, à savoir stabiliser ses rejets de gaz à effet de serre pour 2008-2012 et les diviser par 4 d’ici 2050, il est impératif de mettre en place des mesures fortes et efficaces notamment dans les secteurs des transports et du résidentiel tertiaire.
En matière de politique climatique, le RAC-F attend une actualisation du Plan climat beaucoup plus ambitieuse. Il invite aussi les candidats et partis politiques qui se lancent dans la bataille électorale 2007 de prendre la réelle mesure de l’urgence climatique et d’intégrer dans leur programme les mesures appropriées. Voir la publication du RAC-F : 10 mesures Climat à intégrer en priorité dans les programmes électoraux pour 2007( www.rac-f.org)

Contacts presse :
- Diane Vandaele (RAC-F) : 01 48 58 83 92
- Olivier Louchard (RAC-F) : 01 48 58 00 20 / 06.26.40.07.74
- Pour le livret développement durable, Sébastien Godinot (Amis de la Terre) : 06.68.98.83.41

Notes --------------------------------

(1) Note du RAC-F sur les biocarburants - Mai 2006 www.rac-f.org/article.php3 ?id_article=1064

(2) Au mieux et en faisant l’hypothèse optimiste d’une valorisation parfaite des coproduits par les filières de fabrication des biocarburants (ce qui n’est pas envisagé par le plan biocarburants actuel), les économies d’émissions de GES en 2010 seront comprises entre 7,5 et 8 millions de tonnes éqCO2. Ceci représente 1,4% des émissions autorisées pour la France en 2012 dans le cadre du protocole de Kyoto et 5,3% des émissions actuelles du secteur des transports.