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Dans l’Atlantique nord, le réchauffement climatique bouleverse déjà les écosystèmes
date 20 septembre 2004
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Dans l’Atlantique nord, le réchauffement climatique bouleverse déjà les écosystèmes

Dans le nord-est de l’Atlantique, des côtes scandinaves et islandaises aux côtes espagnoles, les pêcheurs pourraient voir leurs prises, dans les prochaines années, se réduire fortement. A mesure que les effets du réchauffement se feront sentir, les ressources halieutiques, déjà touchées depuis les années 1960, pourraient décroître.

L’une des causes de ce déclin annoncé tient à la surexploitation des océans, disent la majorité des écologistes. Sans doute, mais seulement pour partie. Il tient aussi aux variations des quantités disponibles de plancton, qui sont, elles, plus directement liées au réchauffement climatique qu’aux excès de la pêche industrielle. Deux chercheurs, un Britannique et un Sud-Africain, révèlent, dans l’édition du 10 septembre de la revue Nature, une forte corrélation entre la température de surface de l’océan et l’abondance de phytoplancton. Or ces petits organismes sont, dans les écosystèmes marins, à la base de la chaîne alimentaire, et les moindres variations de leur concentration peuvent avoir d’importantes répercussions sur l’équilibre écologique du milieu.

Pour étudier le lien entre température de surface et abondance de plancton, Anthony Richardson et David Shoeman ont utilisé le Continuous Plankton Recorder, la plus grande base de données mondiale disponible sur ces petits organismes. Tous les mois depuis plusieurs décennies, cet outil enregistre, secteur par secteur, des informations à partir d’échantillons prélevés dans la mer du Nord et dans l’Atlantique. Cette base de données unique, créée par la Sir Alister Hardy Foundation for Ocean Science (Sahfos), a permis aux chercheurs de travailler avec des données remontant à 1958. Plus de 115 000 échantillons de plancton ont ainsi pu être étudiés. Les évolutions constatées, sur une période de plus de quarante ans, ont été mises en relation avec les données de température de l’Office météorologique britannique.

Le constat est éloquent. Non seulement l’abondance des populations de plancton est affectée par le réchauffement climatique, mais leur structure l’est également. Certaines espèces migrent, en effet, vers les secteurs les plus froids, fuyant les zones sujettes à un plus fort réchauffement. La diversité du plancton est donc aussi affectée.

Le lien entre les quantités de ces petits organismes et les ressources halieutiques est-il si évident ? Une étude dirigée par Grégory Beaugrand, chercheur au laboratoire Ecosystèmes littoraux et côtiers (CNRS/université Lille-I), publiée en décembre 2003 par la revue Nature, a donné les premières indications en ce sens. Ces travaux, qui utilisaient également les données du Continuous Plankton Recorder, ont montré que la pêche industrielle n’expliquait pas, à elle seule, la baisse catastrophique des stocks de morue en mer du Nord, contrairement aux hypothèses jusqu’ici formulées par une grande part des spécialistes.

Cette recherche exploite un indice planctonique caractérisant à la fois la quantité et la composition du plancton disponible. Cet indice explique 50 % de la variabilité du "recrutement" de la morue en mer du Nord, disent M. Beaugrand et ses collègues, qui mettaient déjà en évidence, voilà près d’un an, une relation entre les variations de l’indice planctonique et les fluctuations de la température de surface.

Ces conclusions vont donc dans le sens de l’étude publiée par Nature. Ces deux publications indiquent que d’importants bouleversements sont à l’œuvre dans l’Atlantique et dans la mer du Nord. Ils ne feront que s’accentuer. Pour le néophyte, ils peuvent paraître d’autant plus étonnants qu’ils ne sont liés - à en croire les données fournies par MM. Richardson et Shoeman - qu’à d’infimes variations des températures de surface : 0,1° C à 0,4° C, en fonction des secteurs étudiés.

Or, rappellent les chercheurs, les projections du GIEC (Groupe intergouvernemental pour l’évolution du climat) tablent sur des prévisions autrement plus importantes. Voire inquiétantes. Selon les zones, les températures des eaux du nord-est de l’Atlantique devraient augmenter de 2° C à 4° C d’ici à 2100. Et toutes les eaux océaniques seront touchées par le réchauffement, argumentent les chercheurs, qui concluent leur étude en affirmant que les impacts qu’ils prévoient sur les écosystèmes marins "se feront également sentir, globalement, sur les écosystèmes terrestres". Dont l’homme fait partie, il n’est pas inutile de le rappeler.

Stéphane Foucart


Plancton et effet de serre ont partie liée

Des scientifiques n’hésitent plus à évoquer des actions de grande ampleur pour inverser la tendance au réchauffement climatique, favorisée par l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre. Plusieurs chercheurs pensent ainsi qu’il suffirait d’"ensemencer" les océans en dispersant des particules de fer censées multiplier par un facteur 20 l’activité planctonique. Une telle opération aurait pour effet de compenser la migration du phytoplancton vers les zones les moins chaudes et ainsi de pallier d’inévitables répercussions sur les écosystèmes. Le plancton, en se surdéveloppant, piégerait de surcroît de grandes quantités de CO2 dans les océans. Voilà qui pourrait, disent certains, réduire l’effet de serre. La grande majorité des écologues et des biologistes restent toutefois prudents et considèrent généralement de tels scénarios comme particulièrement hasardeux...

ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 19.09.04