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Conférence de DOHA - Poser les jalons d’un accord mondial ambitieux en 2015
date 21 novembre 2012
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Lundi 26 novembre s’ouvre à Doha (Qatar) la 18ème conférence des Nations-unies sur les changements climatiques. Au terme d’une année particulièrement agitée pour le climat, ces négociations doivent notamment sécuriser le protocole de Kyoto, dont la fin de la première période est proche.



Cette année a vu les évènements extrêmes - au sud mais également au nord - se démultiplier. Tous les pays, sans exception, sont touchés par les impacts du changement climatique, et les conséquences ont de plus en plus d’effet domino sur la stabilité, la sécurité et la souveraineté alimentaire des Etats. La FAO prédit justement une crise alimentaire mondiale en 2013, liée en partie aux impacts du changement climatique au nord comme au sud. Le changement climatique désormais n’épargne plus personne.

Malgré cette réalité de plus en plus concrète du changement climatique, la communauté internationale ne semble pas acter l’urgence d’agir. Trop nombreux sont les pays qui ralentissent les négociations internationales, mais également européennes. Fin 2011, les accords de Durban ont définitivement fermé la fenêtre d’opportunité d’un accord mondial en 2012 et repoussé l’urgence et l’ambition à 2020, plaçant la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3 à 6°C, entraînant des coûts supplémentaires pour satisfaire les besoins d’adaptation et de transition économique qui se compteront en millions de milliards d’ici à 2050.

Les négociations de 2011 et 2012 ont souffert du mépris de certains pays qui ont décidé de sortir – en grande pompe – du Protocole de Kyoto (Russie, Canada). L’année 2012 a également été marquée par le silence de l’ensemble des pays développés sur la suite des financements climat après 2012 pour prendre la suite des financements précoces, donner de la prévisibilité aux pays bénéficiaires et (enfin !) abonder le Fonds Vert. En effet, la crise financière et économique a alimenté une crise de la solidarité internationale, avec un repli des élus sur la solidarité locale et nationale.

Les accords de Durban ont néanmoins ouvert la voie vers un accord mondial à adopter en 2015 et qui s’appliquerait à l’ensemble des Etats, avec un volet sur comment relever l’ambition avant 2020. C’est une mission importante qui est placée entre les mains d’un nouveau groupe de négociation : « la Plateforme de Durban ». En effet, la conférence de Durban a permis de lancer un nouveau cycle de négociations internationales, via la création de la plateforme de Durban, qui doit prendre la suite du Plan d’Action de Bali. En d’autres termes, tout reste à faire ! Les risques de blocage sont élevés : avec l’ouverture d’un nouveau cycle/paradigme de négociation, les discussions entre pays risquent fort de s’enliser à cause du changement des termes de la négociation. Les points très sensibles sont notamment la redéfinition implicite des mots « responsabilités communes mais différenciées et selon les capacités respectives des pays » qui jusqu’ici gouvernaient les négociations onusiennes sur le climat de manière tranchée : pays développés d’un côté, pays en développement de l’autre. En outre, la plateforme de Durban ne pourra réussir sa mission sans établir de dialogue sur les formes d’équité applicables dans le futur accord.

Les accords de Durban ouvrent une nouvelle séquence dans l’histoire des négociations en proposant une approche plus flexible de l’équité et appelant les futurs gros émetteurs à contribuer à l’effort contraignant d’atténuation. Ce faisant, les accords de Durban laissent beaucoup de place à l’interprétation. L’année 2012 a souffert de nombreuses tentatives des uns et des autres de revenir à l’agenda de Bali (Chine), ou au contraire, de passer directement au le prochain régime dès 2013 (Etats-Unis), alors que l’esprit de Durban était plutôt d’entrer dans une phase transitoire entre 2013 et l’entrée en vigueur du futur accord.


Enjeux et contexte de la négociation en 2013

Malgré ces risques presque inhérents à une négociation de cette ampleur, en 2013, la négociation devrait s’ouvrir dans un contexte politique et médiatique plus propice. Cela laisse espérer une relance de la dynamique internationale. En effet, face à la progression accélérée et indéniable du changement climatique, et la multiplication des rapports tirant la sonnette d’alarme sur la probabilité d’un réchauffement moyen bien au-delà de 2°C, le climato-scepticisme ne peut que faiblir. En outre, la réélection d’Obama en novembre, en plein ouragan « Sandy », a permis de relancer le débat sur les changements climatiques qui ont contribué à amplifier la catastrophe, et les Etats-Unis pourraient jouer un rôle moins destructif dans la négociation à partir de 2013. Enfin, il semblerait qu’en 2015, année de conclusion des négociations du futur accord, le sommet soit organisé par la France, pays moteur de l’Union Européenne. Ce contexte politique devrait faciliter une relève de l’ambition politique, climatique et diplomatique, sous impulsion française, dans les années précédant l’accord 2015.

2013 verra également la publication des premiers résultats du 5ème rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), qui contiendra très probablement des scénarios tendanciels de réchauffement encore plus dangereux que dans le précédent rapport. Cela contribuera sans doute à relancer le débat sur l’urgence de relever l’ambition des politiques climatiques actuelles et futures. 2013 sera donc une année chargée pour répondre à l’urgence climatique entre 2013 et 2020 et préparer l’action après 2020. Les actions prioritaires en 2013 sont :

- L’élaboration et la mise en œuvre de politiques sectorielles, nationales ou régionales plus ambitieuses pour dévier au maximum de la trajectoire de réchauffement actuelle (au-delà de 2°C) et faire en sorte que nos émissions commencent à décroître à partir de 2015.

- La négociation des fondations de l’accord post-2015. Pas question d’attendre 2015 pour adopter un accord parfait de dernière minute ! Les pays doivent privilégier une approche par étape, avec des décisions chaque année permettant de construire progressivement, mais sûrement, l’accord en 2015.

Cependant, les conditions d’un succès sont loin d’être réunies. La négociation exigera un travail diplomatique important pour créer les conditions de l’ambition, dont nous avons tant besoin, dès 2013. Il faudra impérativement :

- Ratifier et appliquer rapidement la deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto, avec les règles les plus ambitieuses possibles et protégeant l’intégrité environnementale de l’accord ;

- Affaiblir l’opposition républicaine et climato-sceptique aux Etats-Unis pour préparer le terrain à un retour constructif de ce pays dans la négociation onusienne ;

- Progresser dans la redéfinition de l’équité, pour éviter l’enlisement de la négociation ;

- Avancer rapidement sur le programme de travail sur l’ambition de court terme (avant 2020) et le rehaussement des objectifs quantifiés de réduction d’émissions des pays, afin de décroître nos émissions le plus rapidement possible ;

- Négocier la forme et le « business model » du Fonds Vert, pour qu’il réponde véritablement aux demandes des pays les plus pauvres et vulnérables ;

- Accélérer la mise en place ou l’affectation de nouvelles sources de financements publics : taxes sur le transport international, taxe sur les transactions financières, recettes issues de la mise aux enchères des quotas de CO2 ;

- Rallier la voix des PMA/groupe Afrique francophones pour peser contre les pays réfractaires et retardataires.