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Comment le Dakar 2011, rallye de mauvaise foi, s’est repeint en vert
date 10 janvier 2011
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Tribune de Stéphen Kerckhove, Délégué général d’Agir pour l’environnement, avec Philippe Colomb, membre actif de Vélorution et Olivier Louchard, directeur du Réseau action climat France.

A l’heure de l’écologiquement correct et du verdissement trompeur de certaines activités polluantes, le rallye-raid Dakar s’astreint à cet exercice difficile : communiquer vert en roulant gris… Passage obligé, diront certains, afin de sauvegarder l’essentiel : l’esprit d’aventure alliant vitesse, technologie, puissance et endurance !


Depuis plus de trente ans, Le Dakar, ex Paris-Dakar, entretient l’illusion de son utilité sociale ou environnementale. Alors que les fondateurs du Dakar installaient des pompes à eau devant les caméras et micros conviés pour l’occasion, les organisateurs actuels font feu de tout bois pour vanter les mérites écologiques de ce rallye-raid. Cet exercice de style réclame une bonne dose de mauvaise foi.

C’est ainsi que les organisateurs du Dakar 2011 n’hésitent pas à annoncer un peu rapidement que toutes les émissions de CO2 dudit Dakar seront intégralement compensées. Le Dakar rejette l’équivalent d’un peu de plus de 42 800 tonnes de CO2, soit le déplacement annuel moyen en voiture de 20 000 Français.

En versant 100 000 euros à une structure œuvrant contre la déforestation, les organisateurs du Dakar s’achètent dans un même geste une conscience et le droit à polluer. Deux pour le prix d’un. Rien que de très normal en période de soldes.


Les 4×4 en ville, legs du « spectacle Dakar »

Ce geste fait un peu rapidement abstraction de l’exemple donné. L’équation « Dakar et environnement » est-elle pour autant un jeu à somme nulle ? Il est toujours malaisé de cerner l’impact d’un rallye sur un effet de mode.

Mais comment ne pas retisser le lien existant entre l’explosion du nombre de 4×4 ou autres grosses cylindrées circulant dans nos zones urbaines et ce grand spectacle vantant les mérites de ce type de véhicules ?

Avant d’être un terrain d’expérimentation qui permettrait de façonner et évaluer certaines applications technologiques en vue de leur généralisation dans la « vraie vie », Le Dakar est surtout un grand spectacle. Un grand spectacle que des dizaines de milliers de conducteurs tentent de mimer au quotidien au volant de leur dernière acquisition.

Étonnamment, et malgré les faux-semblants induits par ce verdissement écologique, personne ou presque ne relève le grand écart existant entre un Mondial de l’automobile vantant les mérites de la voiture de demain – électrique, hybride, à hydrogène stocké dans des piles à combustible… (que personne ne voit circuler dans nos rues) – et un Dakar où la puissance et la vitesse sont les maîtres mots.


Moins 2% des pilotes convertis au carburant propre.

Avec la mauvaise conscience du pollueur repenti, le directeur adjoint de cette course automobile tente de démontrer que cette stratégie n’est pas une simple argutie communicationnelle mais ferait au contraire partie du « génome » du Dakar. C’est ainsi que sept équipages inscrits au Dakar 2011 (7 sur 430) utiliseront des techniques dites économes en énergie.

Comme pour les publicités faussement écologiques, Le Dakar procède par métonymie en mélangeant la partie pour le tout. Moins de 2% des concurrents utilisent des carburants dits propres et c’est d’un coup d’un seul l’ensemble du Dakar qui s’en trouverait verdi.


Le vélomobile, seul véhicule écologique

Loin de l’idéologie dominante, il y a lieu de s’interroger sur l’utilité sociale et environnementale d’un tel rallye. Après avoir parcouru les routes africaines durant plusieurs décennies, les organisateurs du Dakar ont opté pour un marché solvable et plus lucratif, celui de l’Amérique du Sud. Or, la voiture de demain ne se dessine pas à Buenos Aires mais ici et dans nos têtes.

Le Dakar a une crise du monde automobile de retard. Il ne s’agit plus de promouvoir l’exploit sportif, la vitesse et la puissance comme modèle de l’automobile du futur mais a contrario, tenter de valoriser un type de véhicules adaptés à l’usage et aux contraintes écologiques.

A ce titre, nous attendons toutes et tous le vrai Dakar écologique, celui qui utiliserait le seul véhicule garanti sans émission de CO2 et adapté aux zones urbaines et déplacements de proximité… le vélomobile !