logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Climat : dans l’air du temps
date 3 novembre 2006
texte+ texte- google twitter facebook

Climat : dans l’air du temps

Le dérèglement climatique fait irruption dans le débat politique et
sociétal français. Alors que s’ouvre à Nairobi, le 6 novembre, la
conférence annuelle des Nations unies consacrée à la question, les
présidentiables font assaut de convictions écologistes. De leur côté, les
associations françaises participent, pour la première fois, à la journée
internationale d’actions organisée en prélude, le 4 novembre.

Ca y est : la menace climatique semble avoir enfin franchi le rempart de l’
indifférence politique. À gauche comme à droite, à quelques mois de la
présidentielle, on lance des ballons d’essai, on parle de l’urgence à
passer à la vitesse supérieure en matière d’environnement, et
particulièrement à propos de la « mère » des préoccupations : le
dérèglement du climat.

Le 6 octobre, s’ouvrent à Nairobi (Kenya), et pour onze jours, les
conférences annuelles de suivi de la Convention sur les changements
climatiques des Nations unies et du protocole de Kyoto (voir encadré). À
cette occasion, la communauté militante internationale, comme elle le fait
depuis quelques années maintenant, appelle à une grande journée de
mobilisation, le samedi 4 novembre, qui verra des initiatives publiques
émerger dans des dizaines de pays. La France, après un test timide l’an
dernier, a décidé de rejoindre le mouvement.

« Nous sentons que les choses bougent », souligne Olivier Louchard,
coordinateur du Réseau action climat France (RAC-France), qui assure l’
animation de la mobilisation nationale.

L’environnement, et d’abord le dérèglement climatique, figurera-t-il en
tête des débats de la campagne présidentielle, l’an prochain ? Alors que le
silence régnait lors de la campagne 2002 - sauf de la part des
écologistes, bien entendu -, les candidats potentiels pour le scrutin de
2007 se sont pratiquement tous déclarés sur cette question au cours des
derniers mois. À droite, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, tâte
ouvertement le terrain depuis plus d’un an, réclamant « une rupture ». Fin
mai, le ministre de l’Intérieur recevait le très en vue Nicolas Hulot, afin
qu’il « mobilise » les préfets sur les questions environnementales.
Nicolas Sarkozy vient de se prononcer en faveur du « ferroutage »
(transport des camions par voie ferrée sur certains tronçons) et du
transport fluvial. En tant que Président du conseil général des
Hauts-de-Seine, il prend aussi des initiatives en faveur du développement
durable, telle cette récente formation à l’effet de serre et au
dérèglement climatique destinée aux permanents du Conseil et aux cadres
départementaux.

La question nourrirait-elle un nouveau front intérieur à l’UMP ? Toujours
est-il que le Premier ministre, Dominique de Villepin, a surpris son monde
début octobre, en annonçant lors de sa conférence de presse mensuelle, une
série de mesures pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
On n’en attendait pas avant début novembre, à l’occasion de la mise à
niveau du Plan climat français, qui date de juillet 2004.

À droite, le plus offensif de tous est cependant François Bayrou. Lors d’un
colloque organisé par son parti en avril dernier, le président de l’UDF a
présenté le changement climatique comme « la seule menace prévisible du
XXIe siècle ». Selon lui, elle nécessitera « d’avoir le courage de dire aux
Français qu’il faut modifier nos modes de vie », faute de quoi, l’humanité
se dirigera vers « la pire crise qu’elle ait rencontrée ». Fin août, le
futur candidat centriste s’est même engagé à faire du changement
climatique « une question clé de l’élection présidentielle ».

Chez les socialistes, si Dominique Strauss-Kahn commence à découvrir l’
importance du problème, son concurrent à l’investiture présidentielle
Laurent Fabius creuse le sillon environnemental depuis plusieurs années en
se présentant comme le héraut d’une « social-écologie ». Ségolène Royal,
aidée par un passage fugace au ministère de l’Environnement entre 1992 et
1993, réclame elle aussi des « choix de rupture » dans le domaine de l’
environnement. Elle fait miroiter les « opportunités extraordinaires » en
matière d’emploi qu’ouvrirait une France « locomotive de l’Europe » dans le
domaine de la lutte contre la pollution et l’effet de serre.

Couronnement, le 11 octobre dernier, à l’occasion de la projection privée
du documentaire Une vérité qui dérange, de l’ex-vice président étasunien Al
Gore, devant près de trois cents parlementaires et autres élus qui l’ont
ovationné. « Il faut que ce film soit à l’origine de la prise de conscience
de la gravité du réchauffement climatique », a estimé Jean-Louis Debré
(UMP), président de l’Assemblée nationale. Élisabeth Guigou (PS), résumant
un état d’esprit qui semble largement partagé, a estimé qu’il faudrait
désormais « un consensus politique, et que toutes les forces politiques
soient unies autour de ce dossier, car il s’agit d’une question morale ».

Les Verts boivent du petit lait devant cette surenchère... Et ont du souci
à se faire en prévision d’une évasion potentielle de suffrages : la lutte
contre le dérèglement climatique est depuis longtemps l’une de leurs
thématiques identitaires. Les signes d’ouverture - nouveauté - envoyés
depuis juin dernier par le parti vert aux principaux autres leaders
écologistes ont, certes, pour objectif de renforcer leur pôle politique
dans la campagne électorale, mais la question d’une « tête de liste »
commune n’est pas réglée. Dominique Voynet (Verts) se verrait bien
légitime, mais Corinne Lepage (Cap 21) ne l’entend pas ainsi. Et Nicolas
Hulot, personnalité montante de l’écologie et lobbyiste très combatif sur
la question climatique, devrait dévoiler ses intentions pour la
présidentielle la semaine prochaine.

Pour la première fois également, le monde associatif a élevé le niveau de
ses prétentions dans la perspective 2007. Les plus importantes associations
écologistes ont scellé, au printemps dernier, une Alliance (soixante-douze
organisations fin octobre) visant à défendre une plateforme de positions
communes, déclinées en une quinzaine de thématiques.

« Nous allons interpeller tous les candidats et noter leurs programmes »,
explique Sandrine Mathy, présidente du RAC-France et l’une des
porte-parole de l’Alliance. Un « Observatoire de la maison qui brûle » (1)
sera créé pour suivre le devenir des promesses et dénoncer les
manquements. Signe que le temps change, et que les partis flairent des
parts de « marché politique » à saisir, le RAC-France a été reçu, à sa
demande, par toutes les universités d’été - « sauf celle de l’UMP »,
précise Olivier Louchard (2) -, auxquelles « 10 mesures prioritaires » pour
lutter contre la menace climatique ont été présentées (3). Le réseau
attend, désormais, les prises de position officielles des partis.

Lire l’ensemble du dossier dans Politis n° 924

(1) Allusion au discours de Jacques Chirac lors du Sommet du développement
durable de Johannesburg, en 2002.

(2) Le Front national n’a pas été sollicité.

(3) Voir le site Internet : www.rac-f.org

Patrick Piro jeudi 2 novembre 2006 Politis
http://www.politis.fr/article1864.html