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Climat : Sarkozy doit revoir sa copie pour aider les pays en développement
date 12 juin 2008
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Communiqué de presse WWF et RAC-F
Bonn, le 12 juin 2008

Climat : Sarkozy doit revoir sa copie pour aider les pays en développement

Alors que les négociations sur le climat s’achèvent demain à Bonn, une question cruciale a
retenu l’attention des négociateurs : celle du financement de la lutte contre les changements
climatiques. A cet égard, le Président Sarkozy et la Chancelière Merkel ont conjointement
évoqué une piste d’action concrète pour aider les pays en développement. Mais elle reste trop
vague pour faire avancer les négociations.
L’Union européenne se veut être leader dans la lutte contre le changement climatique. Mais pour le
RAC-F et le WWF France, présents à Bonn, au-delà des principes, les propositions concrètes qui
permettront de dessiner le futur régime international sur le dérèglement climatique font défaut.
L’accord obtenu à Bali l’année dernière est très clair : les pays en développement sont prêts à agir
mais à condition de recevoir un soutien - notamment financier - approprié et pérenne pour réduire
leurs émissions et s’adapter aux impacts du changement climatique.

« Les besoins sont estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année quand les fonds
disponibles s’élèvent à quelques millions seulement », explique Morgane Créach du RAC-F « c’est
aux pays industrialisés d’y répondre. Pas seulement parce qu’ils sont à l’origine du dérèglement en
cours mais aussi parce qu’ils bénéficient d’une capacité supérieure pour répondre au défi des
changements climatiques ».

Quand la Chine, le Mexique, la Norvège ou encore la Suisse ont déjà formulé des propositions pour
trouver des sources de financement pérennes, l’Europe reste muette. La proposition de la Norvège a
notamment retenu l’attention des négociateurs : il s’agit de mettre aux enchères une partie des quotas
d’émissions attribués aux Etats industrialisés pour alimenter les fonds.

Lundi, le Président Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel ont annoncé leur
intention d’examiner cette voie, en affectant une « part » du revenu dégagé par la vente des quotas aux
industriels européens, qui devrait générer au minimum 40 milliards d’euros par an. Mais les deux
chefs d’Etat se sont empressés de rajouter que « les décisions sur les projets à soutenir doivent
appartenir aux Etats membres ».

Pour le RAC-F et le WWF France, cette annonce reste bien trop vague. Selon Damien Demailly du
WWF-France, « pour débloquer les négociations internationales, l’Europe doit annoncer qu’elle
utilisera au moins la moitié du revenu de la vente des quotas pour soutenir les pays en développement.
Cette somme doit abonder les fonds de l’ONU existants, et non pas être laissée au bon vouloir des
Etats membres : il ne s’agit pas d’un don mais d’un devoir. »

Le WWF France et le RAC-F appellent le Président de la République à amender dans ce sens sa
proposition, et à la porter haut et fort auprès de ses homologues européens à l’occasion de sa future
Présidence de l’Union européenne. Cela apporterait la première pierre à l’édifice d’un nouvel accord
international ambitieux sur le climat.

Contacts :
- Morgane Créach RAC-F (morgane@rac-f.org) : +33.6.89.78.44.93
- Damien Demailly WWF France (ddemailly@wwf.fr) +33.6. 11.42.15.51