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Chaud devant ! Les enjeux de Buenos Aires
date 7 décembre 2004
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Chaud devant ! Les enjeux de Buenos Aires

Si aucune décision ferme ne devrait être prise, cette conférence a
lieu,
pour la première fois, dans un contexte très favorable : grâce à la
signature récente de la Russie, les Etats membres de la Convention
Climat
vont enfin pouvoir se réunir en sachant que le protocole de Kyoto va
être
appliqué, dès février 2005. Ils pourraient donc confirmer leurs
engagements
 : réduire de 5% les émissions de gaz à effet de serre des pays
industrialisés. Mais vont-ils être capables de les élargir à d’autres
pays
 ? Et sera-t-il question de l’après-Kyoto ?

Raphaëlle Gauthier, de Réseau Action Climat, espère qu’il sera question
de
l’après-2012 à Buenos Aires.

Kyoto, une première victoire. Pour la plupart des scientifiques et des
ONG,
il est très important que les Etats membres de l’ONU confirment les
engagements pris à Kyoto en 1997. Grâce à la signature de la Russie,
ce
protocole va en effet pouvoir être appliqué, même sans la
participation des
Etats-Unis. Le but est que les pays industrialisés concernés par ce
protocole réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en
moyenne, d’ici 2012. En l’appliquant, l’Union européenne espère éviter
un
réchauffement global de la planète de 2°C par rapport à 1750. "Cette
conférence est importante parce que c’est le 10e anniversaire de la
Convention-cadre sur le climat, c’est l’occasion de le fêter et de
faire le
bilan de son application incluant les Etats-Unis, l’Australie (qui ne
sont
pas dans le protocole de Kyoto) et les gros pays en voie de
développement",
explique Raphaëlle Gauthier, de l’ONG Réseau Action Climat, présente
cette
semaine à Buenos Aires en tant qu’observatrice.

Une occasion de convaincre les Américains ? Cette conférence sera donc
l’occasion pour les pays qui n’ont pas ratifié Kyoto, les Etats-Unis
notamment, "de voir que tout le monde se bouge et qu’ils sont de plus
en
plus marginalisés", ajoute Raphaëlle Gauthier. Car si le protocole de
Kyoto
est "ambitieux et indispensable" pour Edouard Toulouse, responsable
énergie
et climat au WWF, (World Wild Fund) " il manque malheureusement
toujours
les Etats-Unis, premier pollueur de la planète avec un quart des
émissions
de gaz à effet de serre. Nous les appelons donc à changer leur fusil
d’épaule". Surtout que les engagements de Kyoto sont encore "timides",
pour
Jean-Marc Jancovici, ingénieur et consultant, qui explique : "c’est
comme si
dans une salle de classe de 30 élèves, où il y en a 25 qui fument 4
cigarettes par jour et 5 qui en fument 30, on ne touchait pas aux 25
premiers qui en fument 4, mais on se contentait de pousser ceux qui en
fument 30 à n’en fumer plus que 28 !". L’urgence semble donc de
convaincre
d’autres pays de ratifier le protocole et de pousser ceux qui l’ont
déjà
ratifié à l’appliquer, comme la Chine et l’Inde, qui pour le moment ne
sont
soumises à aucune contrainte.

Des engagements pour "l’après-Kyoto" ? Une autre grande question est de
savoir si les Etats présents à Buenos Aires vont s’accorder pour
évoquer
leurs engagements pour la période qui suit l’année 2012. S’ils sont
plutôt
réticents à l’idée d’en parler de manière officielle, ce serait
pourtant
indispensable aux yeux de Jean Jouzel, directeur de recherche au
Laboratoire des sciences du climat. "Aujourd’hui, il y a 7 milliards
de
tonnes de carbone qui sont rejetés dans l’atmosphère, on pourrait
arriver à
20 ou 30 milliards à la fin du siècle or il faut redescendre à 2 ou 3
milliards pour stabiliser l’effet de serre", explique-t-il. Et
d’ajouter :
"les politiques n’ont pas bien conscience des contraintes que la
stabilisation de l’effet de serre impliquent, les objectifs de Kyoto
sont
modestes et en plus ils ne concernent que les pays développés." Il
faudrait, donc, selon lui, "accumuler les Kyoto" pour espérer aboutir
à un résultat...

http://www.radiofrance.fr/reportage...
type=dossier