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Accueil > Secteurs d’activités > Transports > Transport aérien > Position du RAC-F > « Cacophonie sur l’aérien ? »
« Cacophonie sur l’aérien ? »
date 14 septembre 2005
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Le Réseau Action Climat-France et ses associations membres,
Montreuil ,le 14.09.2005.

« Cacophonie sur l’aérien ? »

Les associations membres du Réseau Action Climat-France ont pris connaissance avec étonnement d’un Communiqué de Presse de la Commission Européenne intitulé « La CE encourage le développement des aéroports régionaux et de la mobilité en Europe » (1) .
Les associations du RAC-F s’étonnent des contradictions qui apparaissent à la lecture comparée de ce CP et du bilan de la consultation publique menée au printemps 2005 sur le rapport entre le transport aérien et le changement climatique (2).

En effet, ce texte témoigne du souhait de la Commission « d’inciter certaines compagnies à ouvrir de nouvelles liaisons », et par là-même, « de favoriser la mobilité en Europe ». Aujourd’hui, la Commission semble passer outre les constats qu’elle a elle-même tirés de sa consultation : plusieurs milliers de personnes privées, plusieurs centaines d’ONG, s’appuyant sur les rapports des experts et scientifiques du GIEC avaient alors exprimé le souhait que le secteur des transports aériens contribue activement et de manière urgente à la lutte contre l’effet de serre. Le constat, rapporté dans le bilan de la Commission, était qu’en 13 ans, les émissions de gaz à effet de serre de l’aviation avaient cru de 73 %. Les perspectives sont également inquiétantes. Selon l’Agence européenne de l’Environnement, l’impact du transport aérien sur le climat devrait doubler d’ici à 2030 (3). A l’issue de la consultation publique lancée par la Commission européenne, les ONG avaient alors déjà regretté que cette dernière se borne, en guise de mesures correctives, à envisager l’intégration des compagnies aériennes au sein du marché d’émissions de CO2, passant à la trappe tout système contraignant initialement proposé comme la taxation du kérosène ou la redevance kilomètre trajet. Et surtout, alors que nombre de participants à la consultation publique protestaient contre le développement artificiel du trafic, rien n’avait été dit sur un quelconque traitement du problème en amont, c’est-à-dire essayer de modérer cette croissance effrénée, dans laquelle les compagnies aériennes ont une lourde responsabilité.
Aujourd’hui, la Commission va plus loin encore, en souhaitant ostensiblement un essor de la mobilité dans les airs, alors que celle-ci devrait au contraire être maîtrisée, notamment en tenant compte prioritairement des dangers considérables du changement climatique. D’ailleurs, on peut légitimement s’interroger sur cette décision de la Commission qui vise à stimuler la création et le développement de low cost, alors même que de nombreux incidents ont mis en évidence les problèmes que posent ces compagnies.

La lecture comparée de ces deux documents conduit au final nos associations à s’interroger :
- La Commission a-t-elle délibérément choisi d’ignorer les nombreuses observations recueillies dans le cadre de sa consultation publique ? Le présent constat porte à croire que les consultations existent bien au sein de l’UE, mais que leurs conclusions sont rapidement mises de côté. Les citoyens apprécieront.
- La Commission peut-elle ignorer les avertissements graves des experts et des scientifiques concernant la menace climatique et l’un de ses contributeurs les plus significatifs, le transport aérien ? Dans ces conditions, privilégier la mobilité traduit un choix dangereux, dans lequel un développement artificiellement stimulé à grands coups de subventions l’emporte sur l’impératif de protection des populations menacées par le changement climatique.

Les associations du RAC-F contestent vigoureusement cette approche et demandent un ré-examen des procédures d’aide au transport aérien pour que soit privilégiée la prise en compte de l’urgence climatique. Elles interviendront en ce sens auprès de leurs responsables nationaux.

Contact presse :
- Elsa COSLADO (France Nature Environnement) :
elsa.coslado@fne.asso.fr, 01.38.62.49.25
- Morgane CREACH (Réseau Action Climat - France) :
morgane@rac-f.org, 01.48.58.00.20


NOTES :
1- IP/05/1097 du 6 Septembre
2- Bilan tiré par la Commission et résumé par le CP IP/05/1024 du 29 Juillet
3- « Transports et environnement en Europe », Agence européenne de l’Environnement, 3/2004.