logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
C’est la faute de la chaleur urbaine
date 17 mai 2010
texte+ texte- google twitter facebook

L’effet d’Îlot de Chaleur Urbain aggrave-t-il le réchauffement planétaire ?

L’argument des sceptiques...

Un article de Ross McKitrick, professeur d’économie à l’Université de Guelph, et de Patrick Michaels, professeur en sciences de l’environnement à L’université de Virginie, aboutit à la conclusion que le réchauffement climatique constaté sur la période 1980-2002 est pour moitié imputable aux effets d ’Îlot de Chaleur Urbain. (McKitrick & Michaels, 2007)

Ce que dit la science...

Bien que les zones urbaines soient sans conteste plus chaudes que les zones rurales avoisinantes, cela n’a que peu d’effet, voire aucun, sur la tendance au réchauffement global observée.

Lorsqu’ils compilent les enregistrements de température, les scientifiques du GISS (« Goddard Institute for Spatial Studies ») de la NASA (National Aeronautics and Space Administration ) tiennent compte de l’influence des Îlots de Chaleur Urbains (ICU). Ils comparent les tendances climatiques à long terme des zones urbaines à celles des zones rurales voisines. Ces procédures sont décrites en détail sur le site de la NASA (Hansen 2001).
Leurs études révèlent que dans la plupart des cas le réchauffement urbain est modeste et d’amplitude comparable à celle de l’erreur sur la mesure.
Ces résultats sont confirmés par un examen critique effectué par des confères du NCDC (le « National Climatic Data Center », Peterson 2003), qui ont mené une étude statistique sur les anomalies de température en zones rurales et urbaines et aboutissent à la conclusion que « contrairement à une opinion largement répandue, l’impact de l’urbanisation sur l’évolution annuelle des températures ne peut être statistiquement démontré ... Les zones industrielles d’une ville sont certes nettement plus chaudes que les territoires ruraux, mais les observations météorologiques sont le plus souvent effectuées dans les parties froides des villes et non dans les zones industrielles. »
Une autre étude plus récente (Parker 2006) représente graphiquement des températures enregistrées sur 50 ans, d’une part durant les nuits de temps calme, d’autre part durant les nuits de grand vent. Le chercheur conclut que « les températures ont augmenté autant par nuit calme que par nuit de grand vent, ce qui montre bien que le réchauffement global observé n’est pas imputable à la croissance urbaine ». En effet, si l’ICU avait un impact significatif sur le réchauffement observé, celui-ci serait plus marqué par nuit calme que par nuit ventée dû à l’absence de mélange des masses d’air.

Comparaison des tendances urbaines et rurales

L’article Urbanization effects in large-scale temperature records, with an emphasis on China (Jones et al 2008, GJR, Vol 113) affirme que les évolutions temporelles de température en ville et à la campagne ne sont pas très différentes. Les auteurs commencent par décrire cinq sites dans Londres et ses environs. Le graphique 1 représente les températures absolues et montre que l’ influence de l’ICU se limite à la valeur en elle-même de la température : les stations urbaines du London Weather Centre (marron) et du parc St James (bleu foncé) sont nettement plus chaudes que les autres et les températures les plus fraîches ont été enregistrées à Rothamsted (vert foncé), station de recherche située à la campagne. En revanche, le graphe montre clairement que l’ICU n’a aucun effet sur l’évolution temporelle de la température, qui présente le même comportement pour tous les sites observés.


Graphique 1 : Evolution des températures moyennes annuelles de cinq sites à Londres et dans ses environs. En marron et bleu foncé, les zones urbaines, en vert les zones rurales. Sur tous les graphes de cet article, les courbes en gras représentent les valeurs obtenues en appliquant un filtre Gaussien adaptatif (10 ans).


Une comparaison semblable a été établie entre deux endroits à Vienne. Là encore, les températures absolues sont plus élevées en milieu urbain mais les température des deux lieux présentent des évolutions temporelles quasi-identiques.

Graphique 2 : Evolution des températures moyennes annuelles de deux sites à Vienne : à Hohewarte dans le centre (en marron) et dans la localité rurale de Groß-Enzersdorf (en vert).

Comparaison du tissu rural et urbain en Chine

Les villes dont le développement est relativement stabilisé, présentent donc la même évolution en température que leur campagne environnante. Qu’en est-il des zones urbaines en développement ? La Chine, à l’inverse de l’Europe, a connu une croissance économique rapide ces trente dernières années, qui a fait exploser le tissu urbain. Si un réchauffement notable lié à l’urbanisation devait exister, il serait observable dans ces régions sur les dernières décennies. Le graphique 3 compare l’évolution des anomalies de température de différents jeux de données.

Graphique 3 : Anomalies de températures annuelles moyennes. Jones et all 2008 regroupe les données provenant de 42 stations rurales (pointillés verts) et de 42 stations urbaines (pointillés marrons). Li et al est un jeu de données homogénéisées issues de 42 sites ruraux (traits continus verts) et de 40 stations urbaines (traits continus marrons) . Li (trait bleu) représente les résultats d’un groupe non homogénéisé de 728 stations urbaines et rurales. CRUTEM3v (rouge) se base sur des données relevées sur terre uniquement (Brohan et al., 2006).
Cet échantillon a pour période de référence l’intervalle 1954-1983. (Voir le détail des régions considérées et des références dans Jones et all 2008)

La ressemblance frappante entre les six courbes nous confirme que l’évolution de la température est la même pour les données rurales et urbaines sur toutes les périodes de temps. Ainsi, même dans le cas de zones urbaines en développement l’effet d’Ilot de Chaleur Urbain n’a que peu d’impact sur la tendance au réchauffement.