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C’est la faute d’El Nino !
date 15 juillet 2010
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Le changement climatique et l’oscillation australe El Niño (E.N.S.O)



L’argument des sceptiques...

Trois chercheurs australiens ont montré que les forces naturelles constituent l’influence dominante sur le climat, dans une étude qui vient d’être publiée dans le renommé Journal of Geophysical Research. D’après cette étude, les variations de température observées au cours du vingtième siècle ne sont pas dues aux activités humaines, mais plutôt à l’impact des cycles El Niño et La Niña. Les données disponibles indiquent que les températures mondiales futures continueront à changer avant tout en réponse aux cycles ENSO, aux activités volcaniques et changement du soleil (Climate Depot).

Ce que dit la science...
ENSO (Oscillation australe El Nino) montre une forte corrélation avec les températures mondiales sur le court terme. Cependant, cette oscillation ne permet absolument pas d’expliquer le réchauffement climatique de ces dernières décennies.


L’étude qui suggère un lien entre le réchauffement mondial et ENSO est Influence of the Southern Oscillation on tropospheric temperature (McLean 2009). Que nous montre cette étude ? D’après un de ses auteurs, Bob Carter, « La forte relation entre ENSO et la température mondiale, comme décrite dans l’étude, laisse peu d’espace pour un réchauffement qui serait provoqué par des émissions anthropiques de dioxyde de carbone ». En d’autres termes, ils prétendent que la totalité du réchauffement de ces dernières décennies peut être expliqué par le phénomène El Nino.
Comment parviennent-ils à ces conclusions ? Ils commencent par comparer les mesures par satellite des températures troposphériques avec les l’intensité de l’oscillation El Nino/La Niña. L’image 1 montre une la moyenne lissée sur 12 mois des anomalies des températures troposphériques mondiales (GTTA, la line gris clair) et un indice qui quantifie l’ENSO (ligne noire, SOI : Southern Oscillation Index).

Graphique 1 : SOI (courbe noire) et MSU GTTA (courbe claire) sur 12 mois pour la période 1980 à 2006 avec indication des périodes volcaniques majeures (McLean 2009).

Le SOI ne montre pas de tendance à long terme (d’où le terme Oscillation) alors que les enregistrements de température montrent une tendance de long terme au réchauffement. En conséquence, la corrélation entre les deux indices (température et SOI) est très faible. Les auteurs de l’article vont donc se concentrer sur les variations à court terme. Pour cela, ils soustraient les valeurs de chacun des indices de sa valeur un an plus tard (ils comparent donc une année à la suivante). Bien évidemment, cela élimine l’effet des tendances à long terme. Le résultat de cette manipulation des mesures est montré sur l’image 2.

Graphique 2 : Derivé de SOI (courbe noire) et de MSU GTTA (courbe grise) pour la période 1981-2007 après avoir enlevé les périodes d’influence volcanique(McLean 2009).

Les deux courbes montrent maintenant une excellente corrélation. L’accord entre les deux indices est renforcé par le fait que les auteurs ont soigneusement retiré les périodes pendant lesquelles des éruptions volcaniques importantes ont eu un effet refroidissement important sans lien avec l’ENSO.
Les auteurs ont donc confirmé que ENSO a un impact majeur sur les variations de température de la Terre sur le court terme (un an). Par contre, ce serait une grave erreur d’en déduire que l’ENSO contrôle les variations de température sur le long terme (voire image 1), et c’est pourtant l’erreur qui est faite par les auteurs.
Cette analyse est confirmée par d’autres analyses. Un examen des données de température de 1880 à 2007 démontre que la variabilité interne, telle que l’ENSO, a un impact faible sur les tendances de long terme (Hoerling 2008). La tendance à long terme des températures de surface de la mer est contrôlée avant tout par le déséquilibre énergétique de la planète.
Plusieurs études ont tenté de corriger les mesures de température de la Terre de la variabilité ENSO. Pour cela, on détermine la relation moyenne entre SOI et température sur le court terme (à partir de mesures comme celles de l’image 2), et on retire de la température l’effet ENSO calculé à partir de l’indice SOI. Cela permet d’obtenir une courbe de température qui montre moins de variabilité et met mieux en l’évidence la tendance à long terme au réchauffement (image 3). En particulier, cette analyse confirme que le prétendu arrêt du réchauffement depuis 1998 est simplement dû à une variabilité particulière de l’ENSO. Les températures corrigées de l’ENSO montrent que le réchauffement a continué après 1998 (c’est de toute façon ce que montrent les mesures brutes si on intègre 2009 et 2010).


Graphique 3 :Données de températures de l’air à la surface desquels le signal ENSO a été enlevé. Corrections de HadCRUT par Thompson 2008, les corrections pour GISTEMP ont été faite par Real Climate.

Ces analyses de données ne font que confirmer la réalité physique de ce qui est en train de se passer sur le climat. Au cours des 4 dernières décennies, les océans ont accumulé de la chaleur partout sur la planète (Levitus 2008). L’oscillation australe El Nino est un phénomène interne où la chaleur est échangée entre l’atmosphère et l’océan et ne permet pas d’expliquer l’accroissement général de chaleur des océans. Cet accroissement est lié à un déséquilibre entre les énergies absorbées et restituées par l’océan. Il est responsable des tendances de long terme (Wong 2005).

Graphique 4 : Température mondiale des océans entre 1970 et 2008. La ligne bleu foncé est la chaleur contenue dans les 700 premiers mètres de l’océan. La ligne bleu clair montre la tendance linéaire (Levitus 2008).

L’analyse des données et les observations physiques montrent toutes que ENSO ne permet pas d’expliquer la tendance au réchauffement climatique de ces dernières décennies. Il y a donc une erreur évidente dans la conclusion de Bob Carter comme quoi « La forte relation entre ENSO et les températures mondiales laisse peu d’espace pour un réchauffement provoqué par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre ». Ce que montre en réalité son étude, c’est que une fois qu’on enlève toute tendance de réchauffement de long terme des données de température, cela laisse peu de place à un quelconque réchauffement.