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Accueil > Changements climatiques > Comprendre et réagir > Impacts et conséquences > Biodiversité > Biodiversité : quand le changement climatique érode le vivant
Biodiversité : quand le changement climatique érode le vivant
date 20 avril 2005
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Biodiversité : quand le changement climatique érode le vivant

Très affaiblie par l’expansion de l’espèce humaine, la « nature » aura
beaucoup de mal à résister aux conséquences du changement climatique.
Voici pourquoi.

Hirondelles se faisant chaque année plus rares sous nos latitudes ;
papillons« spécialistes » en déclin ; chute vertigineuse des
population de
batraciens ; massifs coralliens qui meurent à la suite d’une
perturbation
de la thermocline, stocks de morues qui ne se reconstituent plus
malgré
l’arrêt ou la diminution de la pêche, et j’en passe. Il ne s’écoule
plus
guère de semaines sans que les média ne se fassent l’écho de la
disparition
d’une espèce animale ou végétale. Et, malgré la prise de conscience,
le
rythme ne semble guère décélérer. A quoi attribuer ce déclin annoncé
de la
biodiversité ? À la place croissante prise par l’espèce humaine dans
la
biosphère ? A la disparition naturelle d’espèces arrivées en bout de
course
 ? Au changement climatique ? Sans doute un peu des trois. Une seule
chose
est certaine, c’est que l’érosion du vivant se poursuit à vitesse
accélérée.

Si l’on en croit les résultats des calculs récents des biologistes, on
peut
s’attendre, lorsque la situation est stable, à voir disparaître entre
200 et
400 espèces par siècle, pour une biodiversité animale comprise entre
10 et
20 millions d’espèces. Soit un taux de perte « normal » de 0,002 %.
Or,
nous sommes loin de ce compte. Selon les travaux réalisés par les
équipes
de Bradley Fraser Smith et de Paul Harrisson (université de Berkeley),
le
nombre d’extinctions réellement observées au cours du XXe siècle a été
entre 50 (pour les plantes) et 560 (pour les mammifères) fois
supérieur à
ce qui était attendu. « Les humains ont modifié les écosystèmes plus
rapidement et complètement au cours des 50 dernières années qu’à tout
autre
moment de leur histoire », confirme le Rapport de synthèse sur
l’évaluation
des écosystèmes pour le millénaire, publié par l’ONU, le 30 mars
dernier.

Quelles sont les espèces les plus menacées ?

Selon Martin Jenkins, l’un
des
auteurs du Living Planet Index, 15 % des vertébrés forestiers, 35 % des
vertébrés marins et 51% des vertébrés d’eau douce ont disparu de la
planète
depuis 1950. Les populations mondiales de batraciens ont, elles,
reculé de
80 % au cours du dernier demi siècle. Les oiseaux ne se cachent plus
toujours pour mourir. Un volatile sur 10, au Royaume-Uni et un sur 6,
en
France, ont disparu depuis la fin des années 1980. De leur côté, les
milieux fragiles ne cessent de reculer. En dix ans, la surface des
forêts
tropicale a diminué de 7% et celles des riches mangroves de 35 %.

Alors, bien sûr, l’homme n’est pas exempt de toute responsabilité. On
sait
que depuis le Néolithique, les paysans de tous horizons ont contribué
à
transformer la moitié des forêts et des prairies du globe en champs et
en
pâturages. Ce changement des biotopes a probablement contribué à
diminuer
de 20 %, en 10 000 ans, l’avifaune vivant dans ces zones. Des chiffres
à
comparer avec la baisse de 25 % des oiseaux vivant dans les zones
agricoles
françaises depuis... 15 ans.

Affaiblie par l’homme...

On le voit, la biosphère peine à supporter les atteintes de l’espèce
humaine. Fragilisée la « nature » est ainsi moins bien armée pour
résister
à certaines conséquences du changement climatique. Un seul exemple,
dans le
grand nord canadien et sibérien. Selon les dernières estimations du
groupe
intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) 40 à 57
% de
la superficie de la toundra pourrait disparaître. Ce qui serait un
coup dur
pour les dizaines de millions d’oies et de petits échassiers nichant,
chaque printemps, dans la toundra circumpolaire.

Plus globalement, Chris Thomas de l’université de Leeds, pronostique
qu’un
réchauffement de 0,8°C à 2,2°C d’ici à 2050 pourrait contribuer à la
disparition de 15 % à 37 % des espèces de papillons, de vertébrés et
de
plantes terrestres. A supposer que cette estimation soit plausible,
elle
sous-estime probablement l’ampleur des dégâts biologiques du
réchauffement
climatique. En effet, d’ici au milieu du XXIe siècle, la population
humaine
mondiale devrait passer de6 427 970 157 (au 1er avril 2005) à 9
milliards
d’individus. Une croissance qui nécessitera d’étendre d’au moins 20 %
les
surfaces agricoles mondiales. De préférence là où la place est la
moins
chère : c’est-à-dire dans la brousse et surtout dans les forêts
tropicales.
Des milieux fragiles mais dont l’extraordinaire richesse biologique
(notamment pour les forêts tropicales) n’est plus à démontrer....

La nature aura du mal à résister au changement climatique

Les milieux préservés ou ayant pu s’adapter n’en seront pas forcément
quittes pour autant. Poussées par la chaleur, la désertification en
marche,
la raréfaction des pluies ou attirées par des conditions meilleures,
les
espèces animales et végétales du sud risquent de conquérir les espaces
du
nord. Déjà des oiseaux migrateurs, comme la cigogne blanche, cessent
de
retourner en Afrique et hivernent en Espagne, en France, voire en
Allemagne. Depuis trente ans, le guêpier d’Europe, qui nichait
auparavant
sur les bords de la Méditerranée, remonte vers le nord. Il est
désormais
présent dans tout l’Hexagone. Originaire d’Afrique tropicale, l’ouette
d’Égypte s’est parfaitement adaptée au nouveau climat d’Europe
occidentale.
Sous l’effet de la transformation des prairies nord américaines en
brousses
sèches, le pécari à collier, l’opossum et le coati roux préfèrent
désormais
séjourner aux États-Unis plutôt qu’au Mexique. En Alaska, des
photographies
aériennes ont clairement montré la remontée vers le nord des arbres,
comme
les aulnes, les épinettes blanches ou les saules. Et ceci n’est qu’un
début.

Taux d’extinction d’espèces au XXe siècle :

Nom Nombre d’espèces décrites Extinctions attendues Extinctions observées
Plantes 270 000 5,4 270
Vertébrés 50 000 1 260
Mammifères 4 500 0,09 50
Oiseaux 9 500 0,19 40
Reptiles 6 300 0,13 8
Amphibiens 4 200 0,08 5
Poissons 24 000 0,5 150
Mollusques 70 000 1,4 140
Insectes 950 000 19 50
Crustacés 40 000 0,8 8

Source : Smith, Harrisson et Pearce.

Sophie d’Anhalt - L’Usine à GES n°10 mars 2005

Pour en savoir plus :
• Biodiversité et changements globaux, sous la direction de Robert
BARBAULT et de Bernard CHEVASSUS-AU-LOUIS, association pour la diffusion de la
pensée française, ministère des Affaires étrangères.
• Dictionnaire encyclopédique de l’écologie, François RAMADE,
Édiscience.
• Un nouveau climat, Philippe DUBOIS et Pierre LEFEVRE, Éditions de la
Martinière.