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Berlin rabroue le Canada pour son défaitisme
date 16 mai 2006
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Berlin rabroue le Canada pour son défaitisme

La Presse, le 15 mai 2006

Dans une rare incartade diplomatique, l’Allemagne a rabroué le Canada pour son
défaitisme, hier à Bonn. Le pays hôte de la conférence sur les changements
climatiques a mis en doute les prétentions du gouvernement Harper qui qualifie le
protocole de Kyoto d’« utopiste ».

Quelques heures après ce camouflet, les groupes écologistes du monde entier
mettaient à leur tour de la pression sur le Canada en l’invitant, comme l’ont fait
récemment leurs collègues canadiens, à quitter au plus vite la présidence des
négociations entourant ce traité international.

Ces attaques font suite aux allégations de la ministre canadienne de l’Environnement,
Rona Ambrose, selon qui Ottawa n’atteindra pas la cible du protocole de Kyoto dont il
est pourtant signataire. Les cibles, selon elle, sont « inatteignables » et « irréalistes ».

« Je ne crois pas que ce soit vrai (que le Canada défoncera son objectif), a pour sa part
déclaré le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel. Nous sommes en
2006, il reste encore six ans (avant la fin de la première période de Kyoto). »

Pour leur part, les groupes écologistes internationaux réunis sous l’égide du Réseau
Action Climat mondial ont demandé qu’Ottawa démissionne de la présidence des
pourparlers et laisse sa place à un des sept pays assurant la vice-présidence.

« Si vous êtes déterminée, en votre âme et conscience, à ce que le Canada ne respecte
pas ses engagements contenus au protocole de Kyoto, et que vous ne pouvez faire
preuve du leadership que nous attendons de la présidence, retirez-vous
honorablement. S’il vous plaît », implorent-ils dans ECO, la lettre quotidienne des ONG.

Les organismes ont rappelé à Mme Ambrose que les signataires de Kyoto ont quitté
Montréal en décembre dernier avec un mandat clair, celui de renforcer le traité et
d’élaborer une feuille de route pour faire face collectivement à la menace climatique.

On déplore ensuite que les conservateurs, en plus de tourner le dos à Kyoto, ont
abandonné le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada et ont
démantelé les programmes de lutte contre les changements climatiques.

« Cette nouvelle position, affirme-t-on, sera de nature à permettre une croissance des
émissions du Canada et du reste du monde. Ces idées nouvelles ressemblent à s’y
méprendre à ce que l’administration Bush nous répète depuis de nombreuses années. »

Par ailleurs, la Presse Canadienne a fait état d’un document de travail du ministre des
Affaires étrangères, Peter MacKay, qui énumère les conséquences d’un retrait du
Canada du protocole. Les fonctionnaires y affirment que le pays perdra sa crédibilité
sur le plan international et son influence dans les prochains processus de négociations
sur les changements climatiques s’il se désiste.

Sous le sceau « confidentiel », on écrit que le retrait de Kyoto « aura d’importantes
répercussions sur la politique étrangère, en raison de la dimension internationale du
protocole ».

« La crédibilité du Canada, ajoute-t-on, sera faible à l’occasion des négociations des
prochains engagements des pays industrialisés s’il a rejeté ses obligations
précédentes. Le Canada aura aussi de la difficulté à favoriser l’engagement futur des
pays en développement, comme la Chine et l’Inde, qui arguent que les pays
industrialisés doivent être les premiers à diminuer leurs émissions. »

Notons que pour l’instant, le gouvernement Harper n’a pas laissé entendre qu’il renierait
sa signature. Tout au plus a-t-on indiqué que le protocole n’était pas fait pour un pays
qui, comme le Canada, mise beaucoup sur l’exploitation de ses ressources naturelles.

Le document soumis au ministre MacKay précise enfin que certaines entreprises
pourraient s’opposer au retrait du protocole, qui leur permet de participer au système
international d’échange de « droits de polluer ».

Selon la Banque mondiale, le marché mondial des permis d’émissions de dioxyde de
carbone avait l’an dernier une valeur estimée à quelque 11 milliards de dollars US.

François Cardinal