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Automobile : la climatisation réchauffe la planète
date 14 octobre 2002
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Le RAC France, qui lutte contre le réchauffement climatique, s’inquiète du traitement par les médias du salon de l’auto. Cet événement extrêmement populaire devrait, selon l’ONG, être l’occasion d’informer l’opinion publique sur l’augmentation inquiétante des émissions de gaz à effets de serre dues à la route. Au lieu de ça, nos confrères de la grande presse relaient les mensonges des constructeurs, qui sont aussi, c’est vrai, des annonceurs riches et fidèles...
À votre avis : est-ce parce que les Français craignent un réchauffement climatique brutal qu’ils sont de plus en plus nombreux à avoir "la clime" dans leur voiture ? Ou est-ce plutôt parce qu’ils peuvent bénéficier de cet accessoire pour un euro symbolique, quand il n’est pas monté en série ?

Dans nos contrées tempérées, tout le monde s’en passait parfaitement il y a encore dix ans. Les étés particulièrement chauds, certains en rêvaient, certes. Mais tous ceux qui l’utilisent aujourd’hui ont-ils conscience que la climatisation génère une pollution de gaz à effet de serre de deux ordres : en émissions de CO2, par alourdissement du véhicule et consommation d’énergie pour la production de froid ; et par émission de fluides frigorigènes ? Continueraient-ils à utiliser cet accessoire s’ils savaient qu’en sept ans, les émissions de HFC, ce gaz frigorifère qui fait partie des six gaz très dangereux dénoncés dans le protocole de Kyoto, et dont le pouvoir de réchauffement global au niveau planétaire est très supérieur au CO2, ont été multipliées par 50 ? Certainement pas ! Mais encore faut-il le savoir...

"Les constructeurs ne parlent que de s’améliorer au niveau de la pollution locale. Ils concentrent tous leurs efforts sur la réduction des émissions de monoxyde de carbone, ou de particules. Et c’est vrai, il y a de belles avancées technologiques à ce niveau. Mais globalement, au niveau de l’effet de serre, l’émission de CO2 progresse de manière inquiétante" nous a déclaré Olivier Louchard (notre vidéo), militant au RAC (Réseau Action Climat). Sur le site du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles, ce dernier a relevé ce chiffre : "la circulation routière n’émet que 10 % du gaz carbonique produit par l’homme". Un chiffre que les médias relaient de bon cœur, déplore Olivier. Car il est faux : "peut-être que les constructeurs s’intéressent uniquement au transport des personnes, ou qu’ils prennent en compte les émissions brutes", concède-t-il. Mais le CITEPA, un centre interprofessionnel auquel le gouvernement se réfère, indique que la part des émissions nettes de CO2 liées à la circulation routière (hommes et marchandises) est de 40 %. Alors, Messieurs les constructeurs, mettez-vous à la page : il faut remonter aux années 60 pour voir ce chiffre flirter avec les 10 % !

"Au niveau des véhicules neufs, les constructeurs d’automobiles estiment que la pollution est un problème quasiment réglé". Cette phrase, le RAC l’a relevé dans les éditions du 30 septembre et du 3 octobre du "quotidien du mondial". "L’article mentionne de nombreux polluants, mais évite soigneusement de parler de celui qui inquiète le plus aujourd’hui, le CO2, dont l’augmentation, chaque année, participe au dérèglement général du climat" déplore l’association dans un communiqué.

Les constructeurs ont passé avec l’Union Européenne un accord qui prévoit la réduction des émissions de 186 à 140 g/km entre 1995 et 2008 pour les véhicules neufs. Certes, l’Association des Constructeurs Européens d’Automobile (ACEA) a refusé la proposition faite par l’UE en 1998, c’est-à-dire un objectif de 120 g/km en 2005. Mais elle est, avec 164 g/km en 2001, "dans les temps" pour honorer l’accord finalement signé. Pour le RAC, "ces efforts sur les motorisations et les carburants vont être annihilés par différents facteurs : d’une part à cause de l’augmentation constante du parc automobile, des déplacements (+20% entre 90 et 2000 en passagers/km, +30% en tonnes/km) et le rallongement des distances. D’autre part du fait de l’augmentation de la puissance des véhicules, des équipements de confort et de sécurité et donc de la masse unitaire". Parmi, ces équipements de confort, la climatisation qui, selon le RAC, "crée une surconsommation annuelle totale de 22,5%, ce qui revient à dire qu’elle annule quasiment à elle seule l’objectif de l’accord ACEA".

Olivier Louchard déplore que les déclarations écologiques de nos politiques ne soient pas suivies des faits. Car si le président Chirac est passé pour le sauveur de la planète à Johannesburg, M. Raffarin a déjà lancé un audit qui pourrait remettre en cause, restriction budgétaire oblige, un certain nombre de grands projets : "la remise en cause du Canal Seine-Nord, ou de certaines lignes TGV est inquiétante. Il faut lutter contre le tout autoroute et développer le chemin de fer, le cabotage, les transports collectifs" affirme Olivier. Car, rappelle-t-il aux politiques, "il y a un programme national de lutte contre le changement climatique. D’ailleurs, dans le secteur automobile, la taxe-carbone existe, mais elle n’a jamais été mise en application par les deux gouvernements successifs". Cette taxe permettrait pourtant d’atteindre, selon le militant écolo, seulement le quart des objectifs sur les transports fixés à Kyoto. "Il faudra bien trouver un moyen de financer les coûts astronomiques générés par la route à elle seule, qu’ils soient économiques, sociaux, environnementaux, écologiques, sanitaires".

Cette année encore, près d’un million et demi de personnes auront visité le salon de l’auto. Si on taxait les entrées ?

http://www.rac-f.org/