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Après-Kyoto : pas de percée à la réunion informelle de Bonn
date 17 mai 2005
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Après-Kyoto : pas de percée à la réunion informelle de Bonn

La première réunion de l’ONU consacrée à l’avenir de la lutte contre le changement climatique après l’arrivée à échéance du protocole de Kyoto a confirmé l’hostilité des Etats-Unis à tout accord multilatéral sur le sujet et de l’Inde à tout engagement de maîtrise de gaz à effet de serre.
Organisée lundi et mardi à Bonn, dans l’ouest de l’Allemagne, et ouverte à la presse, elle a rassemblé des centaines de hauts fonctionnaires de 150 pays dans une atmosphère dépassionnée.

27 pays du Nord et du Sud ont exposé leur vulnérabilité au changement climatique et leur politique nationale. Presque tous n’ont évoqué l’avenir qu’en pointillé, se réservant pour la bataille de l’"Après-Kyoto" qui s’engagera en décembre à Montréal.

Le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février dernier, impose des réductions de gaz à effet de serre aux seuls pays industriels à l’échéance 2012. Après le retrait des Etats-Unis, qui émettent près du quart du CO2 mondial, et en l’absence des pays du Sud, il ne vise que 33% des émissions mondiales.

Même s’il avait conduit, comme prévu à l’origine, à une baisse d’émissions au Nord de 5,2% sur le niveau de 1990, il n’aurait eu qu’un effet infime (0,2 degré) sur le réchauffement planétaire que les scientifiques de l’ONU chiffrent entre 1,4 et 5,8 degrés pour 2100.

Un "après-Kyoto" est donc jugé indispensable. Le protocole lui-même prévoit l’ouverture de négociations en 2005 en vue d’un nouvel accord post-2012.

Le "séminaire", nom officiel de la réunion de Bonn destiné à en souligner le caractère informel, avait pour but de déminer le terrain.

Seuls trois pays, Afrique du Sud, Mexique et Norvège, ont poussé pour que la conférence de Montréal adopte un "mandat de négociation" et fixe ainsi les lignes générales d’un futur accord.

Les Etats-Unis n’ont évoqué l’avenir d’aucun mot, sinon pour rappeler les multiples programmes de recherches sur les énergies propres à court et long terme qu’ils ont lancés et sur lesquels ils comptent pour régler le problème de l’effet de serre.

L’Union européenne a avancé masquée. A travers six interventions soigneusement coordonnées, elle a présenté les politiques déjà mises en œuvre et ses positions sur les aspects scientifiques, économiques et technologiques du dossier, sans jamais évoquer directement l’avenir. "Il fallait éviter de provoquer les Etats-Unis et les grands pays émergents sans lesquels les réductions d’émissions nécessaires ne pourront jamais être atteintes", explique un chef de délégation de l’UE.

"Nous sommes dans la quadrature du cercle, les Américains ne veulent pas retourner à la table des négociations et la Chine, l’Inde et le Brésil ne s’engageront jamais à maîtriser leurs émissions dans un nouvel accord si les Etats-Unis ne sont pas impliqués", observe un de ses collègues. "De toutes façons, ajoute-t-il, l’UE n’a pas encore défini sa stratégie de négociation".

La Chine n’a dit ni oui ni non à des engagements futurs. Devenue l’atelier de l’industrie mondiale, elle aura d’énormes besoins énergétiques dans les 30 années à venir qui entraîneront inévitablement une hausse de ses émissions de CO2, a-t-elle expliqué. Le transfert des technologies propres par les pays industriels est la clé de la maîtrise des rejets, a-t-elle insisté.

Seule l’Inde a jeté un froid en attaquant en règle les pays riches qui "continuent d’augmenter leurs émissions" au lieu de les réduire et "violent" également leurs engagements en matière d’aide financière et de transfert de technologies "propres" au Sud. Manière de dire une nouvelle fois que tout engagement futur de maîtrise d’émissions entraverait son développement.

© 2005 AFP, le 17 mai 2005