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Analyse des résultats de la COP18 au Qatar
date 25 février 2013 documents joints 1 document joint
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Eléments d’analyse au retour du sommet des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s’est déroulé à Doha en décembre 2012

En 2012, la planète n’a cessé de nous montrer ce à quoi peut ressembler un changement dangereux du climat de notre planète : des sécheresses historiques dans la Corne de l’Afrique, aux Etats-Unis et au Mexique, des inondations catastrophiques au Brésil et en Chine, des canicules en Europe ou en Russie. Dès octobre 2012, la FAO prédisait une crise alimentaire mondiale en 2013. Les rapports publiés fin 2012 par la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et l’Agence internationale de l’énergie tiraient encore une fois la sonnette d’alarme : nous sommes actuellement sur une trajectoire de réchauffement entre 4 et 12°C d’ici à 2100. D’ailleurs, la science nous montre déjà que les changements climatiques ont des impacts négatifs sur nos populations et nos économies. Leurs effets sont déjà ressentis au sud et au nord.

Cependant, nos gouvernements continuent d’ignorer ces signaux alarmants et acceptent implicitement, par leur inaction, une trajectoire de réchauffement du climat de 3,5°C à 6°C en fin de siècle par rapport à la période préindustrielle. En d’autres termes, nos dirigeants acceptent aujourd’hui que les générations actuelles et futures subissent catastrophes climatiques sur catastrophes climatiques, un bouleversement total de leurs modes de vie, la disparition d’espèces et de civilisations entières, le déplacement de centaines de milliers de personnes, l’augmentation des maladies en zone tropicale, etc. L’action des gouvernements aujourd’hui n’est certainement pas à la hauteur de l’enjeu. Le changement climatique est l’un des plus grands défis de tous les temps et nous n’avons d’autre choix que d’y faire face.

Tous les rapports publiés avant Doha ont communiqué sur l’urgence d’agir, mais aussi sur les marges de manœuvre existantes, à la condition d’agir rapidement. En adoptant les Accords de Durban, fin 2011, les pays se sont engagés à négocier et à adopter un accord ambitieux, applicable à tous, équitable et « ayant force juridique » d’ici 2015 au plus tard. Cela a créé une nouvelle dynamique pour les gouvernements, et rouvert la possibilité d’un développement des pays plus sobre en émissions, d’investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, et d’une adaptation aux impacts inévitables du changement climatique. Cependant, cette fenêtre d’opportunité pourrait vite se refermer si les Etats ne s’accordent pas sur les premières étapes décisives pour réaliser cette vision.

C’est dans ce contexte que la communauté internationale devait poser dès Doha les premières pierres d’un rehaussement du niveau d’ambition avant 2020 afin de prévenir une catastrophe climatique. Alors que beaucoup présentaient Doha comme une « COP pour rien », cette fenêtre d’opportunité redonnait toute son importance à la conférence de Doha : la COP18 pouvait et devait exploiter toute notre marge de manœuvre pre-2020 pour financer et appliquer dès aujourd’hui des mesures pour changer de trajectoire d’émissions et protéger les plus vulnérables, en attendant un accord ambitieux et équitable pour 2020.

Mais si Doha a sauvé la face du processus de négociation, il n’a pas répondu aux attentes fortes de la société civile et des pays les plus vulnérables au changement climatique. Les négociations ont échoué à donner un signal fort sur plusieurs sujets pourtant critiques pour la viabilité et l’acceptabilité d’un accord en 2015 : les financements internationaux pour le climat, les règles communes de suivi et de comptabilisation des émissions des pays (notamment entre pays sous Kyoto et en dehors) et l’ambition des pays.