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Agrocarburants et changement d’affectation des sols ou comment noyer les questions de fond dans des débats d’experts…
date 5 avril 2012
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Agrocarburants et changement d’affectation des sols
ou comment noyer les questions de fonds dans des débats d’experts...


Le 06 avril 2012 - L’Ademe publie aujourd’hui son "Avis sur les biocarburants de 1ère génération" [1]. Il fait suite aux résultats de deux études françaises qui analysent les émissions de gaz à effet de serre dues au changement d’affectation des sols engendré par le développement des agrocarburants (et dont le RAC-F et FNE étaient membres). Une étude de l’INRA analyse les résultats de recherches internationales et une étude d’In Numeri, l’impact des agrocarburants produits en France.

Si des terres agricoles sont utilisées pour produire des agrocarburants, il faut trouver, ailleurs dans le monde, d’autres terres pour produire des aliments et potentiellement transformer des forêts, prairies ou tourbières en terres cultivées. L’étude de l’INRA est claire : l’impact de ce changement d’affectation des sols (CAS) sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) est indiscutable. Plus de la moitié des évaluations analysées concluent qu’en prenant en compte toutes les émissions engendrées par les agrocarburants (production, utilisation et CAS), elles sont supérieures à celles du carburant fossile de référence ! De même, plus de 66% des évaluations montrent que les émissions totales sont au dessus du seuil de réduction de 35% fixé par la Directive Energie renouvelable [2].
Dans son avis, l’Ademe avance quelques uns de ces résultats mais elle les relativise et continue à défendre ces carburants végétaux.

Pour Lionel Vilain, conseiller technique agriculture de France Nature Environnement : "L’objectif ultime est bien de réduire les émissions gaz à effet de serre en Europe. Il est aberrant d’incorporer des agrocarburants dans les transports alors que ceux-ci ne vont pas contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre ! Certes, les données sur les émissions dues au CAS sont délicates à évaluer mais le message délivré actuellement laisse entendre que l’intérêt des industriels prime sur les aspects environnementaux !"

Pour Diane Vandaele du Réseau Action Climat : "Il est clair aujourd’hui que la complexité du sujet sert à noyer les questions de fonds dans des débats d’experts et à repousser les décisions politiques. Maîtriser la demande reste LA priorité et à défaut d’obtenir rapidement un encadrement satisfaisant de la production d’agrocarburants, il faut remettre en cause l’objectif de 10% d’incorporation".

Comme mentionné dans l’Avis de l’Ademe, les conséquences néfastes du développement des agrocarburants à grande échelle touchent aussi la "souveraineté alimentaire" des populations du Sud en entrainant une forte volatilité des prix alimentaires et l’accaparement de terres.
Mais d’après Antoine Bouhey de Peuples Solidaires/ActionAid : "La question est tranchée pour beaucoup d’organisations internationales [3] qui ont demandé aux gouvernements d’arrêter leur soutien aux agrocarburants. La Commission européenne et la France doivent se prononcer sur cette question en prenant en compte les droits des communautés affectées plutôt que les intérêts des industriels européens".

Alors que la question des facteurs CAS a été retirée de l’ordre du jour du conseil Environnement du 9 mars dernier, les associations demandent toujours à la France de s’engager clairement au niveau européen pour que cette question trouve une issue lors du Conseil de juin. La communication qui est faite aujourd’hui ne laisse présager rien de bon pour le climat, les forêts et certaines populations de Sud...

Contacts :

- Diane Vandaele (RAC-F) : 01 48 58 89 77
- Lionel Vilain (FNE) : 06 12 85 87 71
- Antoine Bouhey (Peuples Solidaires/ActionAid) : 01 48 58 21 85

date Notes

[1www.ademe.fr - Etudes pilotées par l’ADEME, le MAAPRAT, le MEEDTL, l’INRA et France AgriMer. Le RAC et FNE étaient membres du comité technique d’orientation.

[2La Directive Energie Renouvelable de 2008 fixe un objectif de 10% d’énergie renouvelable dans les transports en 2020, objectif qui sera très majoritairement atteint via les agrocarburants de 1ère génération. Pour pouvoir être comptabilisé, l’agrocarburant considéré doit réduire d’au moins 35% les émissions de GES par rapport au carburant fossile en 2012 et d’au moins 50% en 2017.

[3Price Volatility in Food and Agricultural Markets : Policy Responses, juin 2011. Rapport FAO, FIDA, FMI, OCDE, CNUCED, PAM, Banque Mondiale, OMC, IFPRI et UNHLTF.