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Accueil > Secteurs d’activités > Agriculture > Agrocarburants > L’avis du RAC-F > Agrocarburants : échanges RAC-F et M. Nicolino
Agrocarburants : échanges RAC-F et M. Nicolino
date 16 octobre 2007
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Ci-dessous, un échange de mail entre le RAC-F et Fabrice Nicolino, suite aux critiques non-fondées que fait ce journaliste sur le RAC-F dans son livre "La faim, la bagnole, le blé et nous".

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Cher Monsieur,

Le Réseau Action Climat-France a été pour le moins surpris d’apprendre, tout d’abord par l’échange de mail avec Diane Vandaele, puis par la lecture de votre dernier ouvrage « La faim, la bagnole, le blé et nous », que vous classiez notre association dans la catégorie de « Ces écolos qui applaudissent ».
Ce courrier a donc pour but de vous exposer pourquoi nous réfutons cette catégorisation et pourquoi vos attaques et critiques nous semblent s’être trompées de cible.

Certes, les propos que vous reprenez à la page 144 sont exacts et proviennent bien d’un communiqué de presse du RAC-F datant de mai 2006 en réaction aux annonces du Premier ministre de l’époque. Par contre, le procédé que vous utilisez, consistant à sortir une phrase de son contexte, a pour conséquence de discréditer l’auteur en se focalisant sur quelques mots seulement, sans avoir de vision globale de son point de vue.
Vous critiquez le fait que le RAC-F demande des critères de certifications. L’établissement de critères est en effet une de nos demandes, mais elle n’est pas, et de loin, notre seule requête. Il semble que vous ayez été un peu rapide dans votre analyse. Ainsi :

Si vous nous aviez contacté et lu plus en profondeur nos publications, vous vous seriez rendu compte que notre note de position sur les agrocarburants prend en compte de nombreux facteurs et que le RAC-F a été une des premières et une des très rares associations à s’opposer au développement des agrocarburants, alors que ceux-ci bénéficiaient d’un fort support gouvernemental et médiatique et d’une image positive dans l’opinion publique.
Notre travail s’appuie énormément sur les travaux de l’association EDEN et Patrick Sadones, adhérent individuel du RAC-F, dont vous faites cas du travail quelques pages plus tôt dans votre livre, est notre expert agrocarburants. Il a d’ailleurs été l’un de vos relecteurs, sans avoir connaissance des critiques que vous faisiez de notre association.
Si vous aviez pris le temps de connaître les associations actives sur ce sujet, vous vous seriez aperçu que le RAC-F est membre du RAADIS (Réseau pour une agriculture et une alimentation durables inventives et solidaires), plate-forme qui rassemble des associations agricoles, environnementales et de solidarité internationale et que dans ce cadre nous avons publié conjointement une note sur le développement des agrocarburants au niveau mondial en se focalisant sur les impacts au Sud, sur la souveraineté alimentaires et sur les aspects sociaux.

Nous avons donc été très déçu de voir que le RAC-F - qui travaille depuis plus de deux ans sur ce sujet et qui n’a cessé publiquement de critiquer la politique gouvernementale en faveur des agrocarburants - est, en quelques lignes, décrédibilisé aux yeux de vos lecteurs militants.
Il aurait été plus juste et déontologiquement plus correct de nous contacter avant d’avancer l’hypothèse que le RAC-F « applaudit le développement des agrocarburants », ce qui est tout simplement faux.
Nous ne manquerons pas de communiquer sur ce fait.

En espérant que ce courrier ne vous semblera pas déplacé et que vous trouverez le temps d’approfondir vos connaissances sur notre réseau et sur nos positions, je vous prie d’agréer, cher Monsieur, mes sincères salutations.

Sandrine Mathy
Présidente du Réseau Action Climat-France


Chère madame,

Inutile de biaiser. Je savais que vous seriez en colère. Mais la première chose que je souhaite vous dire, vous qui semblez être une adepte de la déontologie, vous qui me reprochez audacieusement de sortir des phrases de leur contexte, c’est de respecter ce que j’ai écrit. De ne pas inventer, donc. J’imagine que ce n’est pas trop demander.

Avec une audace certaine, vous écrivez textuellement : "Il aurait été plus juste et déontologiquement plus correct de nous contacter avant d’avancer l’hypothèse que le RAC-F « applaudit le développement des agrocarburants », ce qui est tout simplement faux." Ce qui est totalement faux, madame Mathy, c’est votre affirmation. Vous mettez entre parenthèses, ce qui veut faire croire que vous l’avez extrait de mon livre, l’expression « applaudit le développement des agrocarburants ». Mais elle ne s’y trouve évidemment pas. Et quand j’écris évidemment, c’est parce que je n’ai jamais pensé une telle sottise. J’en arrive froidement à me demander si vous avez lu mon livre avant de faire cette lettre. Et sachez que j’aimerais être sûr de la réponse.

Pour le reste, je tâcherai de ne pas être méchant. Car je rends hommage dans mon livre à l’action du RAC par rapport à la crise climatique, donc à vous même. Et je ne le regrette pas. Mais cela signifie-t-il qu’il faudrait s’interdire toute critique ? Je ne le pense pas, figurez-vous. Et je maintiens, figurez-vous, la totalité de mes commentaires sur le RAC. Car vous avez été incapable de vous opposer si peu que ce soit à cette infamie appelée biocarburants.

Incapable. Il ne vous semble donc pas évident qu’on n’a pas le droit moral de faire rouler des bagnoles avec des plantes alimentaires ? Puis, concernant la question climatique, qui vous occupe en priorité, comment se fait-il que vous n’ayez pas alerté, à partir des études de Pimentel et Patzek ? Pourquoi diable n’avez-vous pas profité des analyses de Patrick Sadones, s’il est aussi proche de vous que vous l’écrivez ? Où est l’examen au chalumeau de la grande étude française de 2002, commandée par l’Ademe, mais pilotée par l’industrie et le lobby ?

Vous me reprochez de ne pas avoir assez regardé de près votre travail ? Je préfère en rire. Vous vous montrez dans votre lettre impuissante à montrer la moindre opposition réelle au gouvernement en place et à ceux qui l’ont précédé. Pour cause : vous ne remettez pas en question les biocarburants dans leur principe, mais les modalités de leur exploitation. Et c’est bien ce qui nous oppose radicalement.

Encore un point, qui me fait rire aussi, mais jaune cette fois. Vous parlez dans votre lettre de mes "lecteurs militants". C’est un procédé dépréciatif, que je croyais réservé à d’autres que vous. Madame Mathy, je n’ai évidemment rien contre vous personnellement. Ni contre le RAC d’ailleurs. Mais la cause qui m’obsède, cette crise écologique multiforme, justifie pleinement de passer au-dessus du confort moral et intellectuel des structures, quelles qu’elles soient. L’affaire des biocarburants ne fait que commencer. Elle est de nature criminelle, je pèse à nouveau le sens des mots. Et je ne peux souhaiter qu’une chose : que le RAC comprenne enfin de quoi il retourne. Alors, mais alors seulement, nous marcherons à nouveau du même pas.

Le 16 octobre 2007, journée mondiale de l’alimentation, Fabrice Nicolino