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Accueil > Presse > Derniers Communiqués > Agrocarburants : Réunion cruciale des ministres de l’énergie à Bruxelles
Agrocarburants : Réunion cruciale des ministres de l’énergie à Bruxelles
date 11 décembre 2013
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Montreuil, le 11 décembre 2013 - Ce jeudi 12 décembre se tiendra à Bruxelles le conseil Energie lors duquel les ministres européens de l’énergie vont devoir enfin se prononcer sur la réforme de la politique européenne des agrocarburants. Le but initial de cette réforme était de réduire les impacts sociaux et environnementaux de la consommation européenne d’agrocarburants, et notamment les effets du changement d’affectation des sols indirect. Malheureusement, le texte proposé par la présidence lituanienne ne permettra pas de réduire les impacts négatifs liés aux agrocarburants de première génération et provoquera au contraire un accroissement des émissions de gaz à effet de serre, la destruction de réserves de biodiversité et l’aggravation de l’insécurité alimentaire mondiale.


Soumis depuis plusieurs mois à une très forte pression des lobbies agroindustriels, les Etats Membres ont très sérieusement affaibli la proposition de la Commission européenne. Pour Oxfam France, Greenpeace et le Réseau Action climat, le texte proposé au vote ce jeudi est une négation des priorités environnementales que s’est donnée l’Union européenne et du droit à l’alimentation des populations les plus vulnérables.

Le gouvernement français a joué un rôle particulièrement néfaste dans les négociations bruxelloises. Un large collectif d’organisations européennes [1] , composé entre autre de Greenpeace, Oxfam et ActionAid, a pointé du doigt la France comme étant un des principaux détracteur de la proposition de la Commission, en particulier sur le plafond d’agrocarburants de première génération à 7% et l’affaiblissement de la mesure concernant le « reporting » du CASI.

En théorie arbitrée par le Premier ministre, la position française semble au final avoir été surtout dictée par Xavier Beulin (Président de la FNSEA et surtout président de l’entreprise Sofiproteol, leader européen du biodiesel), au mépris de l’opinion des scientifiques et ONG. Lors de la Conférence Environnementale, le Premier Ministre avait en effet déclaré que "le gouvernement a décidé de demander à nos partenaires européens et au niveau international, une pause dans le développement des biocarburants de première génération." Or c’est exactement l’inverse qu’a défendu la France avec acharnement : une hausse de 50% du taux d’incorporation des agrocarburants d’ici 2020.

D’après les informations des ONG, le gouvernement français s’apprête à voter le texte en l’état lors du conseil énergie de demain, et donc à soutenir les points suivants :

- Un plafonnement à 7% d’incorporation d’agrocarburants de première génération dans les carburants traditionnels pour atteindre l’objectif de 10% d’énergies renouvelables dans les transports. Cela représente une forte hausse de la consommation d’agrocarburants néfastes pour l’environnement et la sécurité alimentaire, le niveau d’incorporation actuel au niveau européen étant inférieur à 5% [2] ;

- Une fourchette ridiculement large pour le « reporting » des émissions liées au changement d’affectation des sols indirect (CASI), et donc un soutien renouvelé aux agrocarburants plus polluants que les carburants fossiles ;

- Et enfin, la proposition de la Grande Bretagne du multi-comptage des agrocarburants "avancées" (de deuxième et troisième génération) pouvant participer à l’atteinte de l’objectif global de 20% d’incorporation d’énergies renouvelables de la directive européenne. Une telle mesure remet en cause l’intérêt même de cet objectif de 20% voté dans le cadre du Paquet Energie-Climat européen, et envoie un signal extrêmement négatif en amont des prochaines négociations climatiques internationales qui se tiendront en France en 2015.

La politique européenne pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les transports devrait avant tout être basée sur des politiques de transports collectifs, des mesures en matières d’aménagement du territoire, des innovations en matière d’efficacité énergétique et de production d’énergie réellement renouvelables et durables, non polluantes et ne menaçant pas la sécurité alimentaire mondiale.

Les ONG affirment qu’il est encore tout à fait temps, d‘ici demain, pour le ministre de l’écologie, de prendre position contre une telle politique favorisant des agrocarburants de première génération, fortement émetteurs de gaz à effet de serre et injustes socialement.

Contacts :
- Magali RUBINO, Oxfam, 06 30 46 66 04, 01 56 98 24 45, mrubino@oxfamfrance.org
- Cyrielle DENHARTIGH, Réseau Action Climat, 01 48 58 89 77, cyrielle@rac-f.org
- Jérôme Frignet, Greenpeace, 06 79 93 15 30, jerome.frignet@greenpeace.org

date Notes

[1Voir la communication complète de ce collectif, comportant également les positions de l’ensemble des pays : www.foeeurope.org/sites/default/fil...

[2Le taux d’incorporation d’agrocarburants atteint en moyenne au sein de l’Union européenne dans les carburants traditionnels est actuellement de 4,8%. La France défend la mise en place d’un plafond d’incorporation à 7%. D’après les estimations des ONG, ce sont 69 millions de personnes supplémentaires par an qui pourraient être convenablement nourries si le taux d’incorporation restait à son niveau actuel par rapport à un niveau à 7%.