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A 380 : l’envolée du trafic aérien, véritable bombe pour le climat
date 11 octobre 2005
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A 380 : l’envolée du trafic aérien, véritable bombe pour le climat

L’envolée du trafic aérien, symbolisée par la présentation mardi de l’A380, plus gros avion de ligne du monde, constitue une véritable bombe pour le climat, selon l’expert français Jean-Marc Jancovici.
"C’est la face cachée de l’affaire", estime M. Jancovici, auteur de nombreux livres sur le changement climatique et d’un des meilleurs sites français sur le climat (manicore.com).

"Le plan commercial d’Airbus est basé sur l’hypothèse que le nombre de passagers va être multiplié par 3 dans les 20 ans qui viennent", remarque-t-il.

Cette envolée du trafic risque de gommer les efforts pour réduire la consommation de kérosène par avion, exactement comme la croissance du parc automobile a effacé les progrès des voitures en termes de pollution depuis 20 ans.

Les dirigeants d’Airbus vantent la sobriété de l’A 380 : moins de 3 litres de carburant aux 100 km par passager (à 900 km/h de moyenne) contre 3,4 litres pour le Boeing concurrent (747-400). Son principal argument commercial est d’offrir des coûts d’exploitation inférieurs d’au moins 15% par rapport aux Boeing concurrents.

"Si on gagne 15% par passager, au lieu d’avoir une multiplication par trois des nuisances climatiques de l’avion, on aura une multiplication par 2,55", remarque M. Jancovici. "Ce n’est évidemment pas la solution, quand il faudrait, selon les scientifiques, diviser par 4 nos émissions pour seulement stabiliser le climat".
"Plus nous nous félicitons de l’augmentation des moyens affectés au transport aérien aujourd’hui, moins nous pourrons venir nous plaindre du changement climatique plus tard", lance-t-il.

Les experts de l’ONU tablent sur une augmentation de température moyenne de 1,4 à 5,8 degrés d’ici la fin du siècle, du fait de l’augmentation dans l’atmosphère des concentrations de gaz à effet de serre.
L’avion, gros consommateur de pétrole, émet environ 2,5% du total du gaz carbonique (CO2, principal gaz à effet de serre) dû aux activités humaines.
En France, le transport aérien, y compris international, consomme à peu près 25% de ce que consomment les voitures. Et c’est l’usage qui augmente le plus vite ces dernières décennies.

Parce qu’il vole à haute altitude, un avion a un impact climatique qui vaut 1 à 5 fois celle d’un transport routier, souligne M. Jancovici.
L’avion est de loin le transport le plus polluant : un passager consomme 140 grammes de CO2 au km en avion, contre 100 grammes en voiture (sur la base d’1,8 passager par véhicule, en France), selon l’Institut français de l’environnement (IFEN). L’aller-retour Paris/New York représente un quart des émissions annuelles de CO2 d’un Français.
La vogue du tourisme lointain, l’essor des compagnies "low cost", l’achat de courts séjours sur internet sont autant de menaces pour le climat. Selon l’IFEN, une croissance de 5% par an du transport aérien se traduirait par une multiplication par 2,4 de ses émissions de CO2 dans 30 ans.

Pourtant, l’avion échappe presque totalement aux efforts de lutte contre le changement climatique, du fait de la difficulté d’"attribuer" un vol à un pays (lieu du décollage, de l’atterrissage). Et le kérosène ne fait l’objet d’aucune taxe, alors que c’est le carburant le plus polluant pour le climat.

AFP 18.01.2005