logo
LES MEMBRES
greenpeace
wwf
lpo
oxfam} alofa tulavu
4d
gret
helio
hespul
cler
amis de la terre
agir pour l'environnement
fnaut
fub
solar generation
reseau sortir du nucleaire
cniid
wecf
associations locales

MAILING LISTE

La liste climat du RAC-F vous permet de recevoir et d’envoyer des informations sur les changements climatiques.
S'abonner Se désabonner
attention ça chauffe
can
illustration
Accueil > Se tenir informé > Actualités > 2015, année noire pour le climat, point de départ d’un vrai changement ?
2015, année noire pour le climat, point de départ d’un vrai changement ?
date 3 août
texte+ texte- google twitter facebook

Un rapport de l’agence américaine des océans et de l’atmosphère publié le 2 août fait un état des lieux du climat en 2015. Que ce soit pour les émissions de gaz à effet de serre, la hausse des températures ou la montée du niveau des mers, 2015 a été une année noire pour le climat.

Il est urgent d’agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre en mettant en place des politiques qui assurent que 80 % des ressources fossiles disponibles actuellement seront laissées dans le sous-sol afin d’éviter un emballement climatique.

Des conclusions qui sonnent comme un nouveau signal d’alarme

460 scientifiques de 62 pays ont contribué à ce rapport de 300 pages qui fait l’état des lieux du climat en 2015. Et les conclusions de ce rapport sont un nouveau signal d’alarme. L’année 2015 a battu des records de chaleur avec un cap franchi, celui de la hausse de 1° C des températures mondiales par rapport à l’ère pré-industrielle. Cette hausse a même atteint 2,8° C dans les eaux de l’Arctique, accélérant la fonte des glaciers. Les conséquences sont déjà visibles avec une hausse du niveau des mers de 7 cm depuis 1993 et une accélération ces dernières années avec une hausse moyenne de 3,3 mm/an. Par ailleurs, les phénomènes climatiques extrêmes ont été plus fréquents avec une surface mondiale presque doublée par rapport à 2014 des zones touchées par la sécheresse et une augmentation du nombre de cyclones tropicaux. Même si l’année 2015 a été marquée également par El Nino qui a accentué les effets des changements climatiques, la tendance reste à une aggravation.


Des conséquences dramatiques si nous restons sur cette trajectoire

Les rapports scientifiques se succèdent et convergent tous : Les conséquences de l’inaction seraient dramatiques pour l’humanité : une hausse de un mètre du niveau des mers à la fin du siècle qui impacterait 10 % de la population mondiale, une baisse de 2 % de la production de céréales chaque décennie, une baisse de l’accès à l’eau potable, une acidification des océans qui réduira les ressources disponibles pour la pêche. Autant que facteurs qui, pour le GIEC, conduiront à une hausse des conflits violents, accentués par le déplacement forcé de centaines de millions de personnes, pour la plupart dans des pays pauvres et n’ étant pas eux-mêmes à l’origine des émissions de gaz à effet de serre ayant créé ces changements climatiques.

Il est encore possible d’agir, mais la fenêtre de temps est réduite

L’Accord de Paris conclu à l’issue de la COP21 stipule que les États devront contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C. Pour y arriver la réduction des émissions de gaz à effet de serre doit être forte. Concrètement, il s’agit de laisser 80 % des réserves fossiles (pétrole, gaz, charbon) dans le sous-sol, ce qui implique des changements profonds de nos économies très dépendantes de ces sources d’énergies. L’alimentation joue également un rôle clé et la réduction de notre consommation de viande et de produits laitiers, en remplaçant les protéines animales par des protéines végétales, est un enjeu à la fois de santé publique et de préservation du climat. Ne pas agir au plus vite pourrait amener à des phénomènes comme la fonte du permafrost qui libérera du méthane, puissant gaz à effet de serre, accélérant d’autant les changements climatiques. Pour ne pas risquer l’emballement, les actions doivent être menées au plus vite et le cap fixé vers le 100 % énergies renouvelables.

La France exemplaire ?

La France, qui a accueilli la COP21, se targue de son exemplarité concernant la lutte contre les changements climatiques. Si des actions sont effectivement menées dans ce sens, d’autres décisions gouvernementales structurantes prennent une direction opposée, brouillant le message de l’État. Ainsi, pour les transports qui est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, la baisse des émissions de gaz à effet de serre passe par une réduction du transport routier et aérien. Or l’État vient de lancer un plan de relance autoroutier et soutient la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, autant d’infrastructures qui préfigurent les transports des décennies à venir et favorisent le développement du transport routier et aérien. De même pour réduire l’usage des énergies fossiles et intégrer les coûts causés par les changements climatiques, le prix du carbone doit être de plus en plus élevé. Si une composante carbone existe dans les taxes sur les consommations de carburant ou de fioul, sa progression n’est pas en adéquation avec la baisse du prix du pétrole : Malgré la hausse de la taxe, les prix à la pompe ont baissé, entraînant une hausse de la consommation de carburants, ce qui est à l’opposé de ce que nécessite la lutte contre les changements climatiques.

Ce que propose le Réseau Action Climat

La réduction de la consommation d’énergies fossiles passera par une hausse de leur prix et une accélération du développement des alternatives (énergies renouvelables, rénovation énergétique des bâtiments, solutions de mobilité moins polluantes...). Le Réseau Action Climat propose donc une hausse suffisante de la composante carbone (à 39 €/t CO2 dès 2017) pour avoir un effet, malgré les prix bas du pétrole. Les produits de cette taxe devront contribuer à financer des alternatives : appel à projet de l’État pour co-financer les projets des collectivités pour développer les transports en commun en site propre (TCSP), appel à projet inédit pour financer les actions ambitieuses des collectivités en matière de mobilités actives comme le vélo, lutte contre la précarité énergétique (aides à la rénovation des logements des ménages précaires, hausse du montant du chèque énergie, solutions de mobilité adaptées aux ménages aux revenus modestes). L’État doit également faire preuve de cohérence et ne plus soutenir de nouvelles infrastructures routières ou aéroportuaires. Au contraire, il doit mettre en place des mesures pour encourager l’usage du train pour les personnes et les marchandises.
Voir nos autres propositions ici.

Au niveau international, la France devra concrétiser les orientations actées avec l’Accord de Paris et avoir un rôle moteur pour amener les États à revoir leurs contributions nationales en 2018 (pour rappel, la somme des contributions volontaires des Etats nous amène à un réchauffement de l’ordre de 3° C, loin des objectifs de l’Accord). Il est également essentiel que les pays les plus riches, responsables historiques des changements climatiques, aident les pays en développement à faire face aux impacts croissants des dérèglements climatiques et à effectuer leur transition énergétique.

La transition déjà en marche dans les territoires

Si au niveau national, les blocages mis par les acteurs du vieux monde des énergies polluantes freinent les changements nécessaires et bénéfiques, les acteurs territoriaux ouvrent la voie. Alors que les études convergent pour montrer que la transition vers le 100 % énergies renouvelables sera positive pour les créations d’emplois et pour le budget des ménages, des collectivités, des coopératives de citoyens, des entreprises agissent dès à présent. Investissant dans les énergies renouvelables locales, lançant ou accompagnant des rénovations des logements, en particulier des ménages précaires, favorisant des mobilités plus douces et moins polluantes, ces acteurs locaux démontrent que les changements sont non seulement possibles mais qu’il apportent un meilleur bien-être, une baisse des problèmes de santé liés en particulier à la pollution de l’air et un développement économique et territorial tant attendu. Le chemin est ouvert pour que des villes s’engagent vers le 100 % énergies renouvelables nouant de nouveaux liens avec les territoires ruraux qui les entourent.