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180 pays réunis à Bali contre le réchauffement
date 3 décembre 2007
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180 pays réunis à Bali contre le réchauffement

L’objectif est de préparer le traité qui succédera au protocole de Kyoto en tentant d’associer les pays en développement, qui représentent 50 % des émissions de CO2.

L’heure a sonné de trouver un successeur au protocole de Kyoto, traité international qui encadre la lutte contre le changement climatique, pour éviter les pires scénarios catastrophes annoncés par les scientifiques. C’est pour y parvenir que les représentants de 180 pays se réunissent aujourd’hui pour deux semaines à Bali sous les auspices de l’ONU.

Point culminant de deux années de discussions, l’enjeu de cette négociation est de parvenir à une « feuille de route », le mode d’emploi du futur traité, la première période de Kyoto expirant en 2012. Certains l’appellent déjà - peut-être un peu hâtivement - protocole de Copenhague, car c’est là qu’il pourrait être signé fin 2009. Tout comme le « mandat de Berlin », défini en 1995, a permis de négocier Kyoto pendant deux ans, on parle donc du « mandat de Bali ». C’est la mission assignée aux ministres de l’Environnement attendus la semaine prochaine, dans le cadre du segment à haut niveau, qui sera inauguré le 12 décembre par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et auquel participera le ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, Jean-Louis Borloo.

L’enjeu est de parvenir à rallier l’ensemble de la communauté internationale aux efforts pour contenir le réchauffement à 2°C. À commencer par les États-Unis, qui ont cloué Kyoto au pilori en 2001. « L’autre Amérique sera avec le monde à Bali ! », lance Larry Schweiger, président de la National Wildlife Federation. D’autant qu’« une importante délégation alternative américaine sera présente à la conférence, et ce sont ses membres que tout le monde va vouloir rencontrer, pour savoir ce que préparent les États-Unis pour après les élections », confie un négociateur européen. « Jusqu’en novembre 2008, personne ne va sortir du bois », redoute Pierre Radanne, « sherpa » des pays africains francophones, à commencer par les indécis : Japon, Canada ou Russie. Mais la présence sur place du nouveau premier ministre australien, Kevin Rudd, élu grâce à une campagne sur le thème du climat et qui a annoncé son souhait de rallier Kyoto, que le pays n’a pas non plus ratifié, va contribuer à l’isolement de l’Administration Bush.

Rivaliser d’imagination

Autre défi de la réunion : associer les pays en développement, qui représentent 50% des émissions de CO2 actuelles, beaucoup plus demain, encore réticents à s’engager sur des objectifs chiffrés contraignants. La Chine semble plus prête à des concessions que l’Inde. Les pays du Nord vont donc devoir faire preuve de doigté et rivaliser d’imagination pour trouver des pistes de travail acceptables par les pays émergents. « Si on va voir les Chinois en leur disant “Nous nous engageons à faire - 20 %, et vous ?”, on va dans le mur », synthétise Jean-Charles Hourcade, du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).

L’adaptation des pays en développement aux impacts du changement climatique fera partie des autres priorités de ce rendez-vous. « C’est le thème montant de la négociation, au fur et à mesure qu’on réalise à quel point la réduction des gaz à effet de serre est difficile », commente Brice Lalonde, ambassadeur pour l’environnement. « Les contributions volontaires des pays industrialisés pour abonder les fonds d’adaptation ne dépassent pas 89 millions de dollars. Or les besoins se comptent en milliards », lance Morgane Créach, du Réseau Action Climat. La Banque mondiale les a estimés en avril entre 10 et 40 milliards de dollars par an d’ici à 2030.

Autre sujet à l’ordre du jour : la déforestation, responsable de 18% des émissions mondiales de CO2. Les pays en développement espèrent récupérer de l’argent au titre de leurs efforts. « Reste à définir lesquels, et surtout si ces flux financiers peuvent être intégrés au marché du carbone », explique Christian de Boissieu, de la Mission climat de la Caisse des dépôts (CDC). « À Bali, nous allons discuter sérieusement du prix que les pays riches doivent payer pour que les pays les plus pauvres puissent préserver leurs forêts, a lancé la semaine dernière le président brésilien, Lula. Personne ne convaincra un pauvre, de quelque pays que ce soit, de ne pas couper un arbre s’il n’a pas en échange le droit au travail, à la nourriture. »

Caroline De Malet
Le Figaro
3 décembre 2007