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Accueil > Réseau Action Climat > Nos activités > Le RAC-F dans la presse... > Articles 2005-2006 > 035.Kyoto est là... y a plus qu’à !
"Les Echos" RAPHAËLLE GAUTHIER, PHILIPPE QUIRION et CHRISTOPHE RYNIKIEWICZ
16 fevrier 2005
035.Kyoto est là... y a plus qu’à !
"Les Echos" RAPHAËLLE GAUTHIER, PHILIPPE QUIRION et CHRISTOPHE RYNIKIEWICZ
16 fevrier 2005
date 26 octobre 2005
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Kyoto est là... y a plus qu’à !
"Les Echos" RAPHAËLLE GAUTHIER, PHILIPPE QUIRION et CHRISTOPHE RYNIKIEWICZ
16 fevrier 2005

Aujourd’hui, le protocole de Kyoto entre en vigueur. C’est une bonne nouvelle ! Certains seront surpris de nous entendre célébrer un tel événement. N’avons-nous pas cherché constamment à limiter ses imperfections et son incapacité à nous mettre à l’abri de « toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique », comme le stipule la convention Climat de l’ONU ? Certes, l’objectif mondial de réduction fixé pour la première période d’engagement du protocole (2008-2012) est très insuffisant. Mais n’oublions pas que l’esprit même de ce traité est de renforcer progressivement l’effort, afin de nous mener sur la voie d’une économie mondiale sobre en carbone. Kyoto pose pour la première fois et explicitement le monde devant ses limites, avec des chiffres et un calendrier. Certains prétendent qu’à peine entré en vigueur il est déjà dépassé. C’est le contraire : Kyoto n’est pas mort, la nouvelle gouvernance climatique, même fragmentée, ne fait que commencer.

Afin de limiter l’ampleur des impacts des dérèglements climatiques, les scientifiques préconisent une réduction planétaire de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, soit une réduction de 75 % pour les pays industrialisés. Chiffre repris, il y a déjà deux ans par notre Premier ministre devant l’assemblée du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat : la France doit diviser « par quatre ou cinq » ses émissions d’ici à 2050. Cette nécessité d’agir collectivement, le protocole en pose le principe. Personne ne pourra se dérober face à ses responsabilités. Le principe des « responsabilités communes mais différenciées » énoncé par la convention Climat implique que nous, pays industrialisés, montrions l’exemple. Quant aux négociations visant à inclure les pays du Sud dans un futur régime « Kyoto », elles devront tenir compte de leurs priorités et caractéristiques nationales.

De notre côté il est nécessaire de dépasser les politiques environnementales sectorielles pour répondre à ce défi d’une manière globale et intégrée. La démarche de l’écologie industrielle, qui cherche à répondre aux besoins émergents des entreprises intégrant l’environnement dans leurs « process » et leurs stratégies produit, est ici un outil prometteur. Toutefois, cette nouvelle logique doit nécessairement être accompagnée d’un changement des modes de consommation vers une économie de fonctionnalités moins intensive en carbone et en matériau. Dans le domaine énergétique, l’approche « négawatt » basée sur le triptyque « sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables » montre déjà une voie possible de « décarbonisation » de notre société.

Contrairement au bon vin, les projets gouvernementaux en matière de lutte contre le changement climatique s’améliorent rarement en vieillissant : sans incitations réelles, la part du lion est prise par des déclarations de bonnes intentions, engagements non contraignants des entreprises et appels aux bonnes volontés. Les politiques publiques sont peu volontaristes, se limitant surtout à de tardives transpositions, souvent minimalistes, des directives européennes.

Le défi n’est pas seulement écologique, mais aussi économique et social. 2050, c’est loin comparé à l’espérance de vie d’un gouvernement... mais c’est peu face à l’inertie des innovations technologiques de rupture, du renouvellement des équipements industriels, de la rénovation urbaine sur des principes de bâtiments à énergie positive, de la refonte des politiques d’urbanisme et des infrastructures de transports en commun, etc. Dernièrement, le ministre de l’Ecologie plaidait en faveur de l’intégration de l’écologie dans l’action politique sur le long terme. Il s’agit donc bien d’inclure ces défis climatiques dans nos choix de société. On ne pourra faire l’impasse sur une adhésion de tous à ces objectifs. Les avantages induits par cette évolution en termes d’emploi, de cohésion sociale et de solidarité planétaire contribueront au leadership européen.

RAPHAËLLE GAUTHIER, PHILIPPE QUIRION et CHRISTOPHE RYNIKIEWICZ sont membres de Réseau action climat France.